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Après avoir visionné plusieurs listes, le constat est amère.
Une vraie et réelle catastrophe chez l’ensemble des partis.
La femme et la jeunesse payent très cher les 60 ans de dictature et de marginalisation.
C’est pour quand l’émancipation?

La culture patriarcale a tué et a corrompu, a réduit les acquis et l’égalité dans nos sociétés arabes et musulmanes à des réalités politiques hypocrites.

Le projet politique national tunisien doit concentrer le plus plus de moyens à la lutte contre les différentes marginalisations (la jeunesse, la femme, les régions de l’intérieur et les grandes banlieues de la capitale).

La modernisation de la Tunisie passe indéniablement par cette volonté politique collective et au niveau national de finir avec les différents modes, formes, formules de marginalisation/exclusion aux différents niveaux, échelles, stades, générations, territoires, qu’ont produit la vision et la pratique politique Bourguiba/ben Ali, PSD/RCD tout au long de 60 ans de dictature, de spoliation, et d’absence d’un réel model de développement économique, social et historique.

A observer les têtes de listes électorales, je ne reconnais pas la Tunisie à laquelle j’appartiens et que je croyais être davantage évoluée. L’image que reflètent les têtes de listes « masculines dans l’ensemble », me font peur, me font honte.

Cette réalité que reflète la composition des listes électorales « la place de deux genres », conforte l’idée que les élections sont un enjeu de pouvoir en 1er lieu, et non le 1er pas vers la future société qu’on présente dans nos discours politiques préélectoraux. Nous sommes dans la comédie, nous sommes dans la tromperie, ou plutôt nous sommes fasse à une comédie/tromperie à grande échelle, et les acteurs sont nos hommes politiques, nos dirigeants, nos futures dirigeants… Une liste électorale est censée représentée/incorporée l’idéal au quel on aspire, après la révolution de la liberté et de la dignité, (la société du travail, la société du faire avancer le combat de l’égalité, la société d’ouvrir et de permettre la participation politique des anciens exclus/marginalisés, la jeunesse, la femme, les territoires du bas). « Pour cette dernière exclues « les territoires du bas » quartiers, mairies, …, on laisse à la future décentralisation s’occuper, c’est un autre combat, évidement bien lié aux représentations qu’on construit envers la jeunesse, la femme ».

Aujourd’hui la société tunisienne paye très cher plusieurs fractures, la fracture sociale, la fracture intergénérationnelle, la fracture territoriale,… la facture est lourde pour les futures générations.

La solution commence par changer les mentalités et les pratiques. Et cela doit se voir se remarquer et se ressentir, aussi, à travers la composition des listes électorales. Et c’est avec des telles « nouvelles pratiques » que les générations pourront se faire de nouveau confiances, que les genres ”homme/femme” pourront réfléchir ensemble à place égale, à considération égale, à la future société d’el karamat, de l’effort collectif conjugué, et de l’égalité.

Le progrès passe, un certain moment, où il faut que le politique « l’homme politique », met, brutalement, fin à des certaines représentations, à des certains préjugés, même au risque de ne pas avoir le meilleur tête de liste. C’est une question de choix et de conscience qu’on souhaite engager ou pas, et non pas une question de travail éducatif et culturel de 100 années à venir.

Un projet politique se juge essentiellement à travers son continu, et l’image qu’il donne, à travers celles et ceux qui le portent en tête, en tête de liste.

Avec la composition « masculine » de cette masse de listes déjà connue au public, je peux tranquillement me permettre de dire, et sereinement, que là où Bourguiba et Ben Ali, ont eu toujours faux, les politiques d’aujourd’hui (qu’ils soient les recyclés du rcd et de la famille destourienne, ou ceux de l’ancienne opposition à la dictature PSD/RCD) continuent à avoir toujours faux sur ce volet de la femme et de la jeunesse.

60 ans de dictature, ok, mais un certains moment il faut arrêter de le répéter.

60 ans de dictature, ça se ressent encore, dans les grandes inégalités territoriales, sociales,… dans le manque d’infrastructures… mais sur le plan des idées, de représentations, c’est une question de vouloir ou de non vouloir. Il ne faut pas attendre 60 ans, une nouvelle éducation, une nouvelle culture,… pour que les choses changent, c’est le plus grand mensonge, qu’on pourra annoncer au peuple, à la femme, à la jeunesse.

Pour reconstruire le lien entre le citoyen et la politique, il faut en premier revoir la place de la femme et de la jeunesse sur les batailles du premier plan, les batailles électorales. La place de la femme et de la jeunesse sur les listes, reflète suffisamment, l’image sur le type du contrat social que le parti et la coalition souhaitent défendre, proposer, et en cas de victoire, le travailler par la politique gouvernementale, l’action publique et les grands choix économiques et de société.

Le changement se voit, se fait, s’exerce, se pratique, s’articule, à travers et par la pratique politique quotidienne de chaque parti, et évidement lors des rendez-vous « destin » –les élections-. La composition des listes électorales est une pratique politique qui reflète (non pas la pauvreté d’un parti ou d’un mouvement en femme ou en jeunesse), mais surtout sa vision et sa mentalité.

Il est vrai, c’est aussi du rôle de la société civile de travailler sur ce volet d’émancipation de place de la jeunesse et de la femme dans la participation, en général, politique, associative… c’est dans les associations qu’on apprend à participer, et qu’on apprend à devenir créatif, d’idée,… (Les associations sont censées être la bonne école da la participation citoyenne), mais, et c’est amèrement que je le dis, notre société civile, est elle aussi à l’image de nos partis politiques.

Et le tout est à l’image de la société ! Qui produit elle-même, par les mécanismes qui sont, solidement, mais injustement, posés.

Par où, par qui arrive-t-il le changement, alors ?

Ceci n’est pas un procès contre Ennahdha, ni contre quiconque, loin de là. C’est une frustration, et elle a, fièrement et dignement, le nécessaire d’arguments, sur quoi pourra-t-elle, objectivement, se poser.

Ben Ali le despote HARAB.

Tarek MANDHOUJ.