Durant les 23 ans du règne de l’ex-président de la République, Zineabidine Ben Ali, le culte du chiffre « 7 » était omniprésent dans l’espace public et le paysage urbain tunisiens comme en témoigne la façade du siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA).

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Le chiffre 7 dans la façade du bâtiment de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) (Credit Photo: Emna Khémiri).

D’autre part, entre les billets de banque, les timbres postaux, la chaîne de télévision publique « Tunisie 7 » (ex-TV7), le Tunisien était tous les jours au contact de ce symbole de la propagande novembriste.

Après le 14 janvier 2011, les nouveaux gouvernants et décideurs du pays ont vu dans la disparition de cette symbolique une nécessité.

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Une plaque municipale commémorant la date du « 7 novembre 1987 » jetée dans une poubelle.

C’est le cas par exemple avec les nouveaux dirigeants de L’Établissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne (ERTT) qui ont fini par rebaptiser la première chaine du service public « Al Watania 1 ».

Idem avec nos commues locales où l’inscription « 14 janvier 2011 » a substitué celle du « 7 novembre 1987 » dans les plaques municipales des avenues et des places de nos villes.

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Le chiffre 7 dans les billets de banque tunisiens (Credit Photo: Emna Khémiri).

Même la Banque centrale tunisienne, et ce malgré la crise économique et financière du pays, a adhéré à cette chasse aux vestiges de l’ancien régime à travers le replacement de tous les billets de banque estompés de ce chiffre: une opération fortement onéreuse, selon plusieurs experts économiques, mais jugée comme un mal nécessaire par nos décideurs! 
Pendant ce temps là, le chiffre « 7 » demeure d’actualité dans l’indicatif des numéros des lignes fixes et des fax de notre opérateur téléphonique national « Tunisie Telecom ». 
Rappelons que l’ancien régime avait remplacé l’indicatif « 0 » par un « 7 » pour poursuivre son ridicule propagandiste.

Aux dernières nouvelles, selon un expert de la téléphonie interrogé sur cet étrange oubli, un retour vers le zéro du Khawarezmi coûterait très cher, ce qui explique ce statuquo.

Drôle d’explication dans un pays où on se permet le luxe de changer des liasses de billets de banque pour gommer le chiffre « 7 » avec un coup budgétaire chiffré à des millions de dinars, mais qui trouve des difficultés pour virer ce « Sept » imposé de nos indicatifs numériques!

Bienvenue au pays des paradoxes numérologiques!