Ils sont venus, ils sont tous là, disait la chanson, c’est en effet la constatation qui s’impose après l’assemblée générale extraordinaire tenue ce dimanche 03 avril 2016, dès 11h à l’appel du collectif médical ordino-syndical. Il y a avait les doyens-présidents des ordres représentant toute la corporation secteurs public et privé réunis, les secrétaires généraux des syndicats STML, UMSL, STMDLP, de plusieurs députés de l’ARP, de nombreux représentants des principales organisations et associations médicales… Un véritable triomphe selon tous les présents puisque pas moins de 1800 à 2000 médecins et médecins dentistes du secteur privé se sont donné rendez-vous, au palais des congrès de Tunis devenu exigüe pour la circonstance, pour dénoncer certaines dispositions de la loi de finance 2016.
En effet, et contrairement à ce qui est faussement véhiculé dans certaines publications, il ne s’agit nullement d’un appel à la désobéissance civile, car le collectif n’ a cessé d’appeler les médecins libéraux à la transparence et à l’accomplissement de leur devoir fiscal comme d’habitude, son opposition à la loi de finance 2016 est uniquement d’ordre procédural et éthique.

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En effet, le corps médical est outré que le ministère des finances ose considérer sa profession comme un simple “commerce au détail” comme stipulé expressément par la loi, et insiste sur l’inutilité, et l’immoralité de ces nouvelles dispositions. Pour les présents à cette AGE, ces mesures sont en effet inutiles, car elle n’apporteront en pratique rien de supplémentaire aux caisses de l’état. Tout au plus, donneront-elles plus de travail administratif aux médecins et leurs comptables (dont certains semblent ravis de l’opportunité) et ouvriront-elles la porte à tous les dépassements imaginables aux services du fisc qui seront particulièrement “alléchés” par l’armada répressive accompagnant ces nouvelles dispositions allant des peines d’emprisonnement à des amendes jusqu’à 50000 Dinars, comme précisé cyniquement dans le dernier circulaire du ministère des finances à ses services de contrôle.
Mais c’est surtout sur le plan moral et éthique où le bat blesse le plus. En effet, non content d’être le seul pays qui impose la TVA sur la maladie, et détaxe ou même subventionne les produits nocifs pour la santé, comme le sel et le sucre tous deux subventionnés malgré leur effet désastreux sur la santé, l’état tunisien, par cette loi de finance 2016, voudrait en sus, toucher l’exercice médical en ce qu’il a de plus sacré : le respect du secret médical, et la noblesse de son art, désormais assimilé au commerce au détail… même BEN ALI qui avait institué en 1994, la TVA honteuse sur la maladie n’ avait pas osé le faire !

Il est clair qu’il y a un problème avec cet article 22 de la loi de finance 2016 et son applicabilité concernant l’exercice médical libéral, il est temps que Mr le président du gouvernement s’implique et assume ses responsabilités en écoutant les protagonistes afin de désamorcer cette crise qui n’ a que trop duré, surtout que in fine, l’état n’aura rien à perdre financièrement parlant en révisant cet article qui répétons-le était inutile et improductif fiscalement parlant.