Du fait de l’incompétence sécuritaire et des abus de pouvoir de perpétrés par certaines municipalités, la banlieue nord de Tunis voit plusieurs de ses accès barricadés, fermés, et interdits de passage au commun des citoyens. La route menant au palais de Carthage, l’un des plus prestigieux symboles de l’État tunisien depuis l’indépendance, se retrouve notamment bloquée. Est-ce par excès de sécurité ou par incompétence que l’État en est réduit à ne trouver que cette solution de facilité consistant à barricader les accès au palais présidentiel ?

Partant de cet état d’esprit, cédant à l’incompétence et usant de ces solutions de facilité, demain, pour une simple menace touchant le premier ministère ou le Parlement, on se verra interdire l’accès à la Kasbah ou au Bardo. Et ainsi de suite tant que l’État tunisien, incapable de faire face aux menaces terroristes, ne trouvera pas meilleur solution que de fermer, barricader et interdire les accès. Pourquoi faire l’effort d’imposer la notoriété de l’état par un savoir-faire sécuritaire quand il y a plus facile ? C’est in message de faiblesse et d’incapacité que l’on transmet aux terroristes, leur octroyant un certain gain de cause, et c’est bien dommage.

Quant à l’obstination de certaines municipalités d’interdire le droit de passage à certains endroits publics, cela constitue carrément une atteinte claire et net au droit de circuler des citoyens. Droit garanti par notre Constitution qui vraisemblablement ne s’applique pas à la municipalité de Sidi Bou Saïd puisque, d’après la déclaration de l’un des gardiens interdisant l’accès à la zone côtière, le droit de passage est payant, Je parle bien du droit de passage, et non de stationnement qui est régi par une autre règlementation. Les automobilistes qui ne font que passer ou les personnes visitant les riverains habitant cette zone sont donc obligés de payer leur passage sans pour autant y stationner. Une véritable aberration qui demeure impunie par les autorités compétentes.

Puissent ces quelques lignes trouver l’écoute nécessaire de certains responsables afin de redonner à l’État sa notoriété et au citoyen son droit de circuler librement dans son propre pays.