Alors que le pays fait face à une deuxième vague de propagation du Covid-19, le FTDES vient de publier un cahier dédié aux catégories sociales marginalisées pendant la première vague de contamination débutée en mars dernier. Intitulé « Dans la gestion du Covid-19, les politiques de l’Etat et les catégories les plus lésées », l’étude revient sur les différents aspects de la gestion de la crise sanitaire en se focalisant sur les couches de la population les plus fragilisées par l’épidémie.

Il s’agit des ouvrières agricoles, des femmes de ménage dans les hôpitaux, des ouvriers de chantiers et des travailleurs dans les cafés, les restaurants et les bars. Leur point commun : un travail précaire ou informel. Ils sont au plus bas de l’échelle sociale et se sont trouvés démunis pour affronter le coronavirus.

« Le confinement général décrété en mars visait toute la population. Sauf que pour y faire face, tout le monde n’a pas les mêmes moyens de résistance et de résilience», a déclaré le coordinateur de l’étude du FTDES, Sofiane Jaballah, à Nawaat. Et de poursuivre : « La gestion étatique de la crise sanitaire a été injuste. C’est le prolongement de 60 ans d’injustice institutionnalisée comme le démontre la défaillance des infrastructures sanitaires ou encore les aides financières minimales octroyées ». Le coordinateur de l’étude souligne que la prédominance de l’approche sanitaire dans la gestion de la première vague du Covid-19 a contribué à aggraver la paupérisation de certaines catégories socio-professionnelles.

Dans les hôpitaux, le sacrifice méconnu des femmes de ménage

Le ménage dans les établissements hospitaliers est une tâche principalement féminine, constate l’auteure de l’étude, Amel Hazel. Partant du postulat que dans les hôpitaux, les femmes de ménage sont plus exposées au virus à cause de la manipulation quotidienne des déchets médicaux, l’auteure de l’étude s’est penchée sur le quotidien de ses travailleuses en prenant comme exemple l’hôpital régional de Houmet El Souk à Djerba.