Dans la catégorie des expositions diplopiques qui disent une chose et montrent une autre, States of Exception appartient à cette sous-catégorie où le point de vue curatorial écrase les œuvres à géométrie variable. L’exposition, qui déplie un éventail de toiles et de dessins, dans un parcours dépourvu de coordonnées, se place sur les rails croisés de la petite et de la grande histoire pour suivre le cahier des charges d’un discours se voulant réflexif mais qui n’est rien de moins que consensuel. On nous objectera peut-être que c’est le propre d’une peinture qui se veut critique de ne pas trop restreindre le champ des opérations pour ne pas tomber dans un pur et vain exercice de style. Il faut pourtant, pour éprouver sa teneur, accepter d’abord de prendre quelques détours. Après, regard détourné, on pourra prendre sa mesure et s’interroger sur sa prétendue pertinence.