S’il n’était pas un îlot d’étrangeté mettant à profit ses origines, Dachra serait un film tombé de nulle part. Disposant d’un terrain de jeu vierge, Abdelhamid Bouchnak ne fait pas grand mystère de ses intentions : il s’empare de l’imaginaire local pour en réinventer son potentiel d’angoisse. On craignait qu’il pèche par une certaine naïveté affectée. Mais non : c’est par son audace et sa maîtrise qu’il mérite l’attention. Ce qui fait de cette proposition filmique un oiseau rare sur la carte du cinéma tunisien. C’est si rare, il faut l’avouer, que le geste mérite plus que des youyous.