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Presque six mois se sont écoulés depuis la fuite de Ben Ali, et rien n’a encore changé. Encore les pratiques du pouvoirs restent opaques, encore la voix du peuple est réprimée et étouffée, encore nous subissons des décisions qui nous relèguent au stade infantile, à la minorité.

Notre parole, notre voix a pourtant résonné pendant près d’un mois et son échos résonne encore à travers le monde.

Allons nous nous laissez museler à nouveau ? Allons nous nous laisser réduire au silence par la peur qui nous a tuée à petit feu pendant toutes ces années ? Allons nous refaire la même erreur qu’ont fait nos parents et les leurs avant eux ?

Non ! Nous ne nous tairons jamais plus ! Jamais plus notre parole ne sera étouffée sans que nous ne nous levions pour demander des comptes !

Rappelons une fois encore que le peuple a parlé.

Sa demande était simple et claire, limpide : dorénavant la pratique du pouvoir doit être transparente, que ceux qui ont la responsabilité de gérer les affaires de l’État le fasse humblement, en serviteur du peuple et non en maître !

À ce jour, rien n’a été fait en ce sens et la pratique du pouvoir n’a pas changé.

Par notre action, nous exigeons que la lumière soit faite sur plusieurs faits qui montrent que le gouvernement provisoire n’a pas compris ce qui était exigé de lui :

Parce que notre révolution a été faite afin que la sécurité soit la même pour tous et non pas pour les plus riches : Nous exigeons qu’une enquête soit immédiatement ouverte afin de tirer au clair les évènements tragiques qui ont eu lieu à Metlaoui, et qui a vu la mort d’un grand nombre de nos concitoyens. Nous insistons particulièrement sur l’exigence d’ouvrir le dossier pour tirer au clair l’absence des forces de sécurité qui ont pour rôle et mission de protéger les citoyens et qui se sont illustrés le cas présent par leur échec notable.

Parce que notre révolution a été la remise en cause de l’incompétence politique et de la tolérance à l’égard de la nullité : Nous exigeons que les responsables du report des élections soient désignés clairement, que leur manquement à leur devoir soit mis en lumière et qu’ils soient écartés du processus électoral en cours et remplacés par des personnes réellement compétentes ! Nous exigeons des garanties qu’il n’y aura plus de retard pour ces élections.

(La décence aurait voulu que devant leur échec ils se retirent d’eux-mêmes)

Parce que notre révolution était une révolution contre la tyrannie économique des mauvais

choix : Nous exigeons que les détails précis des demandes et accords que le premier ministre transitoire est allé négocier au G8 à Deauville soient tous publiés sur la place publique, afin que tous sachent quels sont les engagements précis que la Tunisie va devoir suivre. Cela est un minimum de gouvernance transparente.

Pour tout cela, rendez vous samedi 11 juin 2011 Place des Droits l’Homme, Avenue Mohamed V.