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Campagne électorale oblige, nombre d’entre nous passons, plusieurs fois par jour, devant des affiches vantant nos candidats aux présidentielles à venir. Inévitablement, certaines d’entre elles attirent notre attention, d’autres beaucoup moins.

S’agissant des premières élections présidentielles « libres », ce mode de communication politique semble avoir plus d’effets qu’il n’y parait. En effet, dans l’immédiat post-dictatorial, chaque candidat cherche à prouver sa légitimité. Indépendamment des discours, meetings et autres plateaux télés, c’est le matraquage de l’inconscient du citoyen qui est l’objet de cette campagne subliminale. La communication par l’image est devenue un facteur clé de l’influence de l’opinion public. Ramenés par certains à une forme de propagande institutionnelle, ce marketing politique utilise les préceptes publicitaires pour l’affect des citoyens. Jouant plus sur les émotions que sur les programmes politiques, l’usage des affiches électorales, par les candidats, répond, insidieusement, à cette idée de Talleyrand :

En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai. Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

C’est de cette illusion que procède la campagne visuelle des candidats, qui répond à trois besoins : façonner son image et son programme en fonction de l’électorat et se démarquer des autres candidats.

Cependant, force est de constater que les affiches de notre campagne présidentielle, sont axées, pour la plupart, sur un seul de ces élément. Entre ceux qui mettent en avant leurs images, et ceux qui titillent l’électorat, à travers des thèmes « porteurs » ou « bankables », deux visions s’opposent. De fait, et de façon générale, nos candidats semblent occulter l’impact de telles affiches, pouvant, parfois, à elles seules influencer les résultats d’un scrutin. L’exemple le plus marquant fut celui de François Mitterrand, lors des élections de 1981, qui a travers son affiche et son slogan de campagne a réussit à combiner les 3 facteurs, déterminant l’orientation de l’opinion publique, lors d’un scrutin qui lui était à priori fortement défavorable.

Afin de mieux cerner la portée et l’impact des affiches électorales, nous avons rencontré M. Mohammed Ziyed Hadfi, associé principal à Tunis-Leaderschool, première école de formation des leaders et de développement de leurs capacités naturelles, donc de communication, et conseiller auprès de chefs d’entreprises, politiciens et sportifs. Il nous explique, durant cet entretien, comment se construit une affiche et quels en sont ses enjeux avant de nous livrer ses impressions sur les différentes affiches des 22 candidats, encore en lice, dans cette course vers le palais de Carthage.