revolution-coran

Désolé pour la longueur de l’article. Aussi cet article ne s’adressera qu’aux amoureux du coran qui ne sont pas par principe étonnés par l’idée que le Coran puisse toujours être un livre d’actualité.

18-54 وَلَقَدْ صَرَّفْنَا فِي هَذَا الْقُرْآنِ لِلنَّاسِ مِن كُلِّ مَثَلٍ وَكَانَ الْإِنسَانُ أَكْثَرَ شَيْءٍ جَدَلًا Et assurément, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d’exemples. L’homme cependant, est de tous les êtres le plus grand disputeur.
18-55 وَمَا مَنَعَ النَّاسَ أَن يُؤْمِنُوا إِذْ جَاءهُمُ الْهُدَى وَيَسْتَغْفِرُوا رَبَّهُمْ إِلَّا أَن تَأْتِيَهُمْ سُنَّةُ الْأَوَّلِينَ أَوْ يَأْتِيَهُمُ الْعَذَابُ قُبُلًا Qu’est-ce qui a donc empêché les gens de croire, lorsque la guidée leur est venue, et “de demander pardon ?” à leur Rabb, si ce n’est qu’ils [s’entêtent ?] à subir le sort des Anciens, ou se retrouver face au châtiment “amadouant”

Même si le titre peut étonner, il faut admettre qu’Allah est un grand révolutionnaire et qu’à chaque fois qu’il envoie un messager, c’est pour taper un grand coup de pied dans la mentalité établie. Rien de plus normal donc que le sujet en question soit abordé par Allah.

Identifier l’épisode coranique correspondant à un peuple qui croit détenir la bonne compréhension de la parole divine, sauvé sans trop de dégâts d’un dictateur et qui tombe dans une série de déconvenues et autres cafouillages n’est pas très difficile. Il s’agit évidement de la saga des “fils d’Israël” qui, une fois libérés, se seraient mis à adorer un stupide veau d’or.

Les lecteurs de Jinn Dukhani ont compris depuis bien longtemps qu’à côté de la lecture “traditionnelle” du coran, à bases de fables et autres ragots extra-coraniques, il y a une lecture plus sérieuse qui aboutit à une compréhension quasiment opposée. Cette lecture s’appuie sur le recoupement des versets entre eux grâce aux “tartilades” (arrangements de versets sur sujet ou terme donné et non pousser la chansonnette), sur les sens étymologiques d’une langue “arabe” (claire), et sur les preuves archéologiques et historiques excluant les sources émanant des prêtres. Peu importe alors comment la mythologie qui passe pour “science officielle” ait alors pu se constituer et se consolider au cours des siècles.

Comme nous l’avons vu dans les articles précédents, Fils d’Israël représente une expression coranique qui décrits les croyants qui sont élevés spirituellement non pas chez Dieu mais chez Israël. Et Israël est un terme qui représente la fausse prophétie, soit l’inévitable nuée de prêtres hallucinogènes qui apparait dans le sillage de chaque prophète, qui jouent aux Rabbs (éducateurs) en lieu et place de l’unique Rabb, Allah. Comme nous l’avons vu dans l’article consacré, le Riba (faire le Rabb) est le fameux cœur de métier des Ribbis de l’islam, à savoir cheikhs et autres imams. Absolument rien à voir avec la finance.

Par exemple, juste pour commencer cher lecteur, si vous croyez qu’il y a un veau d’or dans le coran, c’est que vous êtes victime d’une hallucination du peuple de L’Isra, transmise de rabbins en ribbis de l’islam. En effet, le mot “Or” n’apparait pas dans le coran alors que le fameux “veau” en question est cité à peu près une dizaine de fois.

Du Veau d’Or

Voilà comment le coran décrit cette histoire :

20-79 وَأَضَلَّ فِرْعَوْنُ قَوْمَهُ وَمَا هَدَى Firaoun (soit le petit chef) égara ainsi son peuple et ne le mît pas sur le droit chemin.
20-80 يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ قَدْ أَنجَيْنَاكُم مِّنْ عَدُوِّكُمْ وَوَاعَدْنَاكُمْ جَانِبَ الطُّورِ الْأَيْمَنَ وَنَزَّلْنَا عَلَيْكُمُ الْمَنَّ وَالسَّلْوَى Ô fils d’Israël, Nous vous avons déjà délivrés de votre ennemi, et Nous vous avons donné rendez-vous sur le flanc Ayman (droit ou le plus fidèle, au choix) du Toor (Mont ou construction théologique à étapes). Et Nous avons fait descendre sur vous le Mann (une manne, une chose continue ou la chose confiée, au choix), et la salwa (cailles ou vie plaisante, au choix).

Les fils d’Israël se retrouvèrent donc libres sans qu’ils n’aient trop à lutter et sans trop comprendre comment. Ils devaient forcément être tout contents d’être redevenus libres et devaient probablement voir la vie en rose.

20-81 كُلُوا مِن طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ وَلَا تَطْغَوْا فِيهِ فَيَحِلَّ عَلَيْكُمْ غَضَبِي وَمَن يَحْلِلْ عَلَيْهِ غَضَبِي فَقَدْ هَوَى «Nourrissez vous des bonnes choses que Nous vous avons attribuées et ne vous montrez pas ingrats, sinon Ma colère s’abattra sur vous : et celui sur qui Ma colère s’abat, va sûrement vers l’abîme.
20-82 وَإِنِّي لَغَفَّارٌ لِّمَن تَابَ وَآمَنَ وَعَمِلَ صَالِحًا ثُمَّ اهْتَدَى Et Je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin».

Rien à signaler à part une recommandation divine de ne pas trop faire les imbéciles.

20-83 وَمَا أَعْجَلَكَ عَن قَوْمِكَ يَا مُوسَى «Pourquoi Moïse t’es-tu hâté (Ajala) de quitter ton peuple ? »
20-84 قَالَ هُمْ أُولَاء عَلَى أَثَرِي وَعَجِلْتُ إِلَيْكَ رَبِّ لِتَرْضَى Ils sont là sur mes traces (athar), dit Moïse. Et je me suis hâté (Ajala encore) vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait.
20-85 قَالَ فَإِنَّا قَدْ فَتَنَّا قَوْمَكَ مِن بَعْدِكَ وَأَضَلَّهُمُ السَّامِرِيُّ Allah dit : «Nous avons mis ton peuple à l’épreuve (fitna) après ton départ. Et le Samiri les a égarés» .

Aie. Les problèmes commencent et les nuages de l’obscurantisme semblent s’accumuler sur le peuple qui se prend pour les chouchous d’Allah, dépositaires de l’unique et authentique vérité.

Notons l’apparition du mot Ajala, assez récurrent dans cette histoire de veau d’or, et qui signifie précipiter et se hâter. Ce qui est amusant dans l’histoire du veau d’or qui n’est pas en or, c’est que le mot veau, en arabe, dérive aussi de la racine Ajala. Ce petit clin d’œil du coran nous laisse suspecter que la compréhension “bovine” est peut être un peu trop précipitée. Le “Veau”, qui n’est déjà plus en or, pourrait ne pas être un veau du tout et donc désigner linguistiquement la chose faite dans la précipitation.
Funny, isn’t it ?

Notre autre remarque concerne le mot Samiri, le grand méchant de l’histoire. Ceux qui adorent halluciner des erreurs du coran, y voient un anachronisme coranique. Pour certains, le Samiri renvoie aux samaritains qui n’existaient pas à l’époque de Moise. Pour d’autres, Muhammad a plagié le livre d’Osée où il y a aussi une histoire de veau adoré en Samarie.
Mais votre Jinn, vu l’usage fréquent des surnoms dans le coran, consulte le dictionnaire:

السين والميم والراء أصلٌ واحدٌ يدلُّ على خلاف البياض في اللون والسَّمَر سواد الليل، ومن ذلك سمِّيت السُّمْرَة. فأمّا السَّامر فالقوم يَسْمُرُون المكان الذي يجتمعون فيه للسَّمَر

Soit quelque chose de sombre par opposition à la blancheur (Samra est une basanée foncée si vous voulez). Et le Samiri serait aussi celui qui veille dans la nuit. Ce sens est conforté par la “tartilade” de la racine s-m-r dans le coran :

23-66 قَدْ كَانَتْ آيَاتِي تُتْلَى عَلَيْكُمْ فَكُنتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ تَنكِصُونَ Mes versets vous étaient récités auparavant; mais vous vous [en] détourniez,
23-67 مُسْتَكْبِرِينَ بِهِ سَامِرًا تَهْجُرُونَ enflant d’orgueil, et vous les dénigriez au cours de vos veillées (Samiran)».

Samiri nous renvoie donc à une notion très proche de celle d’Israël, soit ceux qui veillent dans les ténèbres prêts à balader dans tous les sens ceux qui les suivent.

Dans 20-85, Allah s’attribue la paternité du test-épreuve que subissent donc les fils d’Israël avec notre Samiri. C’est très important à noter.
En effet, les hommes ont vite fait de promettre beaucoup de choses à Allah en contrepartie de sa grâce terrestre (la libération d’un méchant Feraoun) pour s’empresser de retourner rapidement à leurs travers et mauvaises habitudes dès qu’Allah réalise sa part de l’engagement. Mais Allah, qui connait bien ceux à qui il a affaire et qui en a vu des vertes et des pas mûres, montre un certain scepticisme quand aux promesses de ses serviteurs.
C’est donc à ce cher Chitan Rajim, roi de l’esbroufe avec ses méthodes de travail classiques surfant sur les égos et de la cupidité, qu’il revient de tester ce peuple fraichement libéré

4-120 يَعِدُهُمْ وَيُمَنِّيهِمْ وَمَا يَعِدُهُمُ الشَّيْطَانُ إِلاَّ غُرُورًا Il leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Et le Diable ne leur fait que des promesses de ghourour (égo, tromper en alléchant etc).

Voilà pour la théorie et reprenons notre histoire. Pendant que Moise, bonne pâte, retournait vers Allah, croyant naïvement avoir laissé de fidèles fidèles au “camp”, le Samiri sorti de sa cachette pour égarer les fidèles qui n’étaient pas si fidèles. Noter que le Samiri était forcément du voyage avec les “fils d’Israël” qui suivaient Moise et qu’il avait forcément été épargné par les flots (ceux de Feraoun), tout comme avait été épargné ce “bon vieux” Israël sur l’arche de Noé (17-3). Comme quoi, les “sahaba/compagnons” d’un prophète, ce n’est pas du “garanti”.

20-86 فَرَجَعَ مُوسَى إِلَى قَوْمِهِ غَضْبَانَ أَسِفًا قَالَ يَا قَوْمِ أَلَمْ يَعِدْكُمْ رَبُّكُمْ وَعْدًا حَسَنًا أَفَطَالَ عَلَيْكُمُ الْعَهْدُ أَمْ أَرَدتُّمْ أَن يَحِلَّ عَلَيْكُمْ غَضَبٌ مِّن رَّبِّكُمْ فَأَخْلَفْتُم مَّوْعِدِي Moïse retourna donc vers son peuple, courroucé et chagriné; il dit : «Ô mon peuple, votre Seigneur ne vous a-t-Il pas déjà fait une belle promesse ? L’alliance a-t-elle donc été trop longue pour vous ? ou avez-vous désiré que la colère de votre Seigneur s’abatte sur vous, pour avoir trahi votre engagement envers moi ? »

Pas grand chose à signaler ici. Le train-train quotidien dans la trahison “empressée” de la quête fastidieuse de l’esprit sain pour courir se jeter avec aajala vers le grand n’importe quoi.

Voilà comment cela ce serait passé:

20-87 قَالُوا مَا أَخْلَفْنَا مَوْعِدَكَ بِمَلْكِنَا وَلَكِنَّا حُمِّلْنَا أَوْزَارًا مِّن زِينَةِ الْقَوْمِ فَقَذَفْنَاهَا فَكَذَلِكَ أَلْقَى السَّامِرِيُّ Traduction Israelo-Samirienne

Ils dirent : «Ce n’est pas de notre propre gré que nous avons manqué à notre engagement envers toi. Mais nous fûmes chargés de fardeaux d’ornements du peuple (de Pharaon); nous les avons donc jetés (sur le feu) tout comme le Samiri les a lancés.

20-88 فَأَخْرَجَ لَهُمْ عِجْلًا جَسَدًا لَهُ خُوَارٌ فَقَالُوا هَذَا إِلَهُكُمْ وَإِلَهُ مُوسَى فَنَسِيَ Traduction Israelo-Samirienne.

Puis il en a fait sortir pour eux un veau (ijl), un corps (jassad) à mugissement (khawar). Et ils ont dit : «C’est votre divinité (ilahou kom) et la divinité (ilahou) de Moïse; il a donc oublié» !

Notre traducteur, reconnaissons le, a eu le bon goût de mettre entre parenthèses les mots qu’il a du ajouter pour faire correspondre le récit à son hallucination Israélite. Voilà que nous nous retrouvons avec des pauvres réfugiés alourdis par des fardeaux en or et autres bijoux divers.

Plus sérieusement. Awzar en arabe, traduit par fardeaux par le traducteur Israelo-samiriens, signifie une charge qu’on porte sur instruction d’autrui. D’où le mot wazir, soit ministre, qui porte les charges de son souverain. S’il y a bijoux donc, on les portait pour le compte d’autrui (sic !). En outre, zinata el qaoum n’a rien à voir avec les bijoux du peuple mais désigne l’élite du peuple, ses meilleurs éléments, ce qu’un peuple porté sur la connaissance et le savoir est supporté mettre en avant et suivre. Ce que 20-87 essaye de nous expliquer, c’est que les sages/élite du pays ont essayé de fixer les “tâches” pour la collectivité que devaient assumer les membres du peuple libéré. Mais le peuple n’a rien voulu entendre et a plutôt préféré suivre ce que le Samiri a “balancé”.

20-88 nous indique alors que le Samiri leur sorti un IJL Jassadan avec du khawar. Ce n’est évidemment pas un veau en or qui mugit et fait meuuuuh mais quelque chose de constituée/élaborée/concrétisé (sens de jassad) dans la précipitation (sens de Ijl) avec beaucoup de vices (sens de khawar). Bref, le genre de truc que seuls les esprits pas sains du tout savent produire avec brio dans la fanfaronnade et sous les youyous Et bien sûr, ce n’est pas Aaron, comme l’affirme la bible, qui fabriqua le veau d’or :

1 – Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’assembla autour d’Aaron, et lui dit: Allons! fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d’Egypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. 2 – Aaron leur dit: Otez les anneaux d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi. 3 – Et tous ôtèrent les anneaux d’or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. 4 – Il les reçut de leurs mains, jeta l’or dans un moule, et fit un veau en fonte. Et ils dirent: Israël! voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte. 5 – Lorsqu’Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s’écria: Demain, il y aura fête en l’honneur de l’Eternel! 6 – Le lendemain, ils se levèrent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Le peuple s’assit pour manger et pour boire; puis ils se levèrent pour se divertir. Exode 32

Le coran innocente Aaron (noter qu’il n’y pas de Samiri dans la bible):

20-89 أَفَلَا يَرَوْنَ أَلَّا يَرْجِعُ إِلَيْهِمْ قَوْلًا وَلَا يَمْلِكُ لَهُمْ ضَرًّا وَلَا نَفْعًا Quoi ! Ne voyaient-ils pas qu’il [le IJL] ne leur rendait aucune parole et qu’il ne possédait aucun moyen de leur nuire ou de leur faire du bien ?
20-90 وَلَقَدْ قَالَ لَهُمْ هَارُونُ مِن قَبْلُ يَا قَوْمِ إِنَّمَا فُتِنتُم بِهِ وَإِنَّ رَبَّكُمُ الرَّحْمَنُ فَاتَّبِعُونِي وَأَطِيعُوا أَمْرِي Certes, Aaron leur avait bien auparavant : «Ô mon peuple, vous subissez un test/epreuve (fitna de Dieu, voir 20-85) et votre Rabb (éducateur) est le Rahmen.. Suivez-moi donc et obéissez à mon commandement».
20-91 قَالُوا لَن نَّبْرَحَ عَلَيْهِ عَاكِفِينَ حَتَّى يَرْجِعَ إِلَيْنَا مُوسَى Ils dirent : «Nous persisterons proscrits sur celà, jusqu’à ce que Moïse retourne vers nous».

Aaron était bien contre cette histoire de “veau” et visiblement, il faisait partie de Zinata el qawm qui avait donné des “Awzar” et autres “commandements” à faire. Mais, l’écrasante majorité toute consensuelle rallia le projet proposé par notre Samiri.

20-92 قَالَ يَا هَارُونُ مَا مَنَعَكَ إِذْ رَأَيْتَهُمْ ضَلُّوا Alors [Moïse] dit : «Qu’est-ce qui t’a empêché, Aaron, quand tu les as vus s’égarer.
20-93 أَلَّا تَتَّبِعَنِ أَفَعَصَيْتَ أَمْرِي de me suivre ? As-tu donc désobéi à mon commandement ? »
20-94 قَالَ يَا ابْنَ أُمَّ لَا تَأْخُذْ بِلِحْيَتِي وَلَا بِرَأْسِي إِنِّي خَشِيتُ أَن تَقُولَ فَرَّقْتَ بَيْنَ بَنِي إِسْرَائِيلَ وَلَمْ تَرْقُبْ قَوْلِي [Aaron] dit : «Ô fils de ma mère, ne me prends ni par la barbe ni par la tête. Je craignais que tu ne dises : «Tu as divisé les enfants d’Israël et tu n’as pas observé mes ordres».

Aaron a donc bien commis une faute mais certainement pas celle d’avoir contribué à fabriquer la “chose” constituée dans la précipitation avec beaucoup de vices. Aaron a fauté parce qu’il a tu la parole qu’il devait dire pour s’en remettre à la sacro sainte unité du peuple égaré sur des consensus totalement pourris.

Ce qui est amusant dans 20-94, c’est que Moise s’attaqua à la barbe de son frère dans sa colère. C’est la seule barbe dans le coran. C’est le prestigieux attribut pileux de respectabilité et de science dans la religion des poilus de la face. Et voilà que nous retrouvons Moise, Messager d’Allah dans le coran, au lieu de recourir au traditionnel coup de pied au cul, entrain de vouloir arracher cet emblème de savoir et de sagesse de la tête du fils de sa mère (ibn el omm, on y reviendra).

Le personnage de Aaron, en qui la “zinata” d’un certain pays libéré qui fait l’imbécile devrait se reconnaitre, mérite que l’on s’y attarde. Le coran dit de lui qu’il est Nabi (un informé) mais pas qu’il est Rassol (messager, envoyé avec une tâche précise). Le coran nous explique qu’Aaron est devenu “nabi” sur demande de Moise qui avait demandé un nabi wazir (20-25 à 20-34 et 25-35) , soit un Nabi vizir qui porte le fardeau avec lui. Moise avait fait cette demande car il jugeait Aaron plus éloquent que lui.

Jinn Dukhani ne peut s’empêcher de faire, à ce stade pileux de notre épopée, le parallèle avec l’expression Chou3araa qui, en arabe, peut aussi bien s’appliquer aux poètes (qui laissent libre cours à leur parole) qu’aux poilus (qui laissent libre cours à leurs poils).

26-224 وَالشُّعَرَاء يَتَّبِعُهُمُ الْغَاوُونَ Et quant aux poètes/poilus, ce sont les égarés qui les suivent.
26-225 أَلَمْ تَرَ أَنَّهُمْ فِي كُلِّ وَادٍ يَهِيمُونَ Ne vois-tu pas qu’ils divaguent dans chaque vallée,
26-226 وَأَنَّهُمْ يَقُولُونَ مَا لَا يَفْعَلُونَ et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ?
26-227 إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَذَكَرُوا اللَّهَ كَثِيرًا وَانتَصَرُوا مِن بَعْدِ مَا ظُلِمُوا وَسَيَعْلَمُ الَّذِينَ ظَلَمُوا أَيَّ مُنقَلَبٍ يَنقَلِبُونَ à part ceux qui croient et font de bonnes œuvres, qui invoquent souvent le nom d’Allah et qui sont victorieux après avoir été Dhoulimou (mis dans les ténèbres ou victimes d’injustice, au choix) Les injustes (ou obscurantistes, au choix) verront bientôt le “cœur” de ce vers quoi ils se retournent !

Jinn Dukhani adore le verset 26-225. En effet, force est de constater qu’il y a bien des beaux parleurs dans tous les partis, dans toutes les doctrines et dans toutes les directions. Beaucoup d’entre eux ne font qu’égarer leur semblables avec leurs idées “échevelées” et “hirsutes”.

Ceux qui ne sont pas exercés dans la quête d’un esprit sain sont ainsi sûrs de se faire balader quelque soit la direction qu’ils choisissent, même en croyant suivre les traces d’un messager d’Allah.

Des Samiris, il y en a partout, attendant leur heure de gloire. Inutile donc de zapper bêtement d’un Samiri à l’autre. Le vrai muslim, celui qui est à la recherche de l’esprit sain, est entrainé contre ces belles paroles et la joute verbale des poilus/poètes même s’il y a unanimité de la plèbe (voir aussi 63-4). Le bon chemin c’est le sabil d’Allah et c’est un truc qui vient d’en haut comme l’indique le terme sabil.

il est de plus très intéressant de noter que notre Moise était un sage qui n’avait pas une grande éloquence. Voilà un enseignement pour ceux qui confondent envolées lyriques avec sagesse et justesse de vision.

Pour l’exhaustivité, le lecteur est appelé à trancher sur la recevabilité de l’autre élément de la défense de notre Aaron:

7-150 وَلَمَّا رَجَعَ مُوسَى إِلَى قَوْمِهِ غَضْبَانَ أَسِفًا قَالَ بِئْسَمَا خَلَفْتُمُونِي مِن بَعْدِيَ أَعَجِلْتُمْ أَمْرَ رَبِّكُمْ وَأَلْقَى الألْوَاحَ وَأَخَذَ بِرَأْسِ أَخِيهِ يَجُرُّهُ إِلَيْهِ قَالَ ابْنَ أُمَّ إِنَّ الْقَوْمَ اسْتَضْعَفُونِي وَكَادُواْ يَقْتُلُونَنِي فَلاَ تُشْمِتْ بِيَ الأعْدَاء وَلاَ تَجْعَلْنِي مَعَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ Et lorsque Moïse retourna à son peuple, fâché, attristé, il dit : «Vous avez très mal agi pendant mon absence ! Avez-vous voulu hâter (AAJALA encore) le commandement de votre Seigneur ? » Il jeta les tablettes et prit la tête de son frère, en la tirant à lui : «Ô fils de ma mère, (dit Aaron), le peuple m’a mis en situation de faiblesse, et peu s’en est fallu qu’ils ne me tuent. Ne fais donc pas que les ennemis se réjouissent à mes dépens, et ne me met pas dans le lot des gens Dhalimin (injustes ou obscurantistes».

Ins Dukhani craint aussi pour sa sécurité physique mais personne n’a encore tapé sur Ins Dukhani. Aaron n’a pas été frappé non plus.

Revenons aux leaders de l’après libération:

20-95 قَالَ فَمَا خَطْبُكَ يَا سَامِرِيُّ Alors [Moïse] dit : «Quel a été ton dessein ? Ô Samiri ? »
20-96 قَالَ بَصُرْتُ بِمَا لَمْ يَبْصُرُوا بِهِ فَقَبَضْتُ قَبْضَةً مِّنْ أَثَرِ الرَّسُولِ فَنَبَذْتُهَا وَكَذَلِكَ سَوَّلَتْ لِي نَفْسِي Il dit : «J’ai vu ce qu’ils n’ont pas vu : j’ai donc pris une “prise” de la trace (athar) du Messager ; puis, je l’ai lancée (nabadha). Voilà ce que mon âme m’a suggéré».

Notre fameux Samiri se justifia donc à Moise en disant qu’il prit des “éléments” de ce qu’avait laissé le “messager” et qu’il les “saupoudra” ou jeta. Nous nous devons à ce stade faire le rapprochement avec le verset 20-87 cité plus haut et qui indique que ce que jeta le Samiri était en opposition avec les awzar/tâches fixées par l’élite soit Zinata el Qaoum. Le terme athar (trace) dans 20-96 renvoie à athar cité dans 20-84 où Moise croyait que son peuple était sur ses “traces”. Il s’agit évidemment de traces spirituelles, que le Samiri avait perverties dès que le Messager de Dieu avait tourné le dos. On imagine alors facilement le Samiri inonder son peuple avec des “Moise a dit que”. Inutile de s’attarder puisque vous connaissez désormais la “technique”.

Pour la petite histoire, faisons une pause rigolade avec la science officielle, et plus précisément avec le très prestigieux et très poilant tafassir jalalayn, un incontournable pour la compréhension de la parole divine d’après nos fils d’Israël de l’islam et leurs gourous. L’exégèse lumineuse qu’on y trouve pour 20-96 explique qu’il s’agit d’une poignée de sable de l’endroit où le cheval de Jibril avait posé les sabots et qui avait le pouvoir magique de faire mugir le veau que les pauvres réfugiés avait fait avec leurs bijoux.

Mais où vont-ils chercher tout ça ? Pourquoi nos Aarons ne disent pas que les tafassirs sont des âneries ? Pourquoi donnent t-il l’impression d’agréer ces âneries comme science et pourquoi acceptent t-ils de garder leur peuple dans les ténèbres ?

Il apparait ainsi clairement, même si cela reste contestable, que notre Ijl n’a rien à voir avec les bovins. C’était donc probablement une sorte de guide préconisant une forme d’organisation sociétale et autres règles régissant la vie collective pendant l’absence de Moise et que le Samiri a pu imposer aux fils d’Israël en invoquant ce que Moise aurait dit. Et il est clair que les fameux “zinata el quaoum”, qui avaient donné les bonnes instructions, étaient en quelque sorte des laïcs (on rappelle que ce terme, à l’origine, désignait les croyants qui n’avaient aucune fonction religieuse) qui n’ont pas eu la bassesse d’imposer leur vues en les attribuant à Moise.

Le Samiri prit donc le pouvoir en embobinant les fils d’Israël avec la “sunna” et les hadiths de Moise et visiblement, il prit le dessus dans les débats sur Aaron, l’éloquent, empressé de battre en retraite avec la sagesse d’Allah face à la sottise consensuelle saupoudrée de hadiths.
Très probablement aussi, le Samiri avait su présenter son joli “veau d’or” comme étant capable d’épargner au peuple les fameuses tâches à faire (awzar). Un peuple qui céda aux tentations et aux promesses de la vie facile. Un peuple partisan du moindre effort qui se livre aux charlatans et professionnels de la promesse.

20-97 قَالَ فَاذْهَبْ فَإِنَّ لَكَ فِي الْحَيَاةِ أَن تَقُولَ لَا مِسَاسَ وَإِنَّ لَكَ مَوْعِدًا لَّنْ تُخْلَفَهُ وَانظُرْ إِلَى إِلَهِكَ الَّذِي ظَلْتَ عَلَيْهِ عَاكِفًا لَّنُحَرِّقَنَّهُ ثُمَّ لَنَنسِفَنَّهُ فِي الْيَمِّ نَسْفًا «Va-t-en, dit [Moïse]. Dans la vie, tu auras à dire: «Ne me touchez pas ! » Et il y aura pour toi un rendez-vous que tu ne pourras manquer. Regarde ta divinité(ILAH) que tu as suivie. Nous la brûlerons certes, et ensuite, nous disperserons [sa cendre] dans les flots.
20-98 إِنَّمَا إِلَهُكُمُ اللَّهُ الَّذِي لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ وَسِعَ كُلَّ شَيْءٍ عِلْمًا En vérité, votre Ilah c’est Allah en dehors de qui il n’y a point Ilah. De Sa science Il embrasse tout.
20-99 كَذَلِكَ نَقُصُّ عَلَيْكَ مِنْ أَنبَاء مَا قَدْ سَبَقَ وَقَدْ آتَيْنَاكَ مِن لَّدُنَّا ذِكْرًا C’est ainsi que Nous te racontons les récits de ce qui s’est passé. C’est bien un rappel de Notre part que Nous t’avons apporté.

Nous voilà donc à l’épilogue de l’épisode avec le Samiri où notre charlatan se fait bannir avec la petite malédiction en prime d’être rejeté partout (en rappel de l’expulsion de Satan dans la paternité spirituelle de chacun). Jinn Dukhani est obligé, au vu de 2-97, où le principal coupable se fait juste bannir, de s’opposer à la “stupidissimme” exégèse officielle de 2-54 d’inspiration israélite (voir Exode 32:26 à 32:38) qui accuse Moise d’avoir déclenché un énorme massacre fratricide à la suite de l’épisode du “veau d’or”.

2-54 وَإِذْ قَالَ مُوسَى لِقَوْمِهِ يَا قَوْمِ إِنَّكُمْ ظَلَمْتُمْ أَنفُسَكُمْ بِاتِّخَاذِكُمُ الْعِجْلَ فَتُوبُواْ إِلَى بَارِئِكُمْ فَاقْتُلُواْ أَنفُسَكُمْ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَّكُمْ عِندَ بَارِئِكُمْ فَتَابَ عَلَيْكُمْ إِنَّهُ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ Et lorsque Moïse dit à son peuple : «mon peuple, certes vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en prenant le “veau” (IJL). Revenez donc à votre Guérisseur (bari’i); puis, tuez Anfousikom : ce serait mieux pour vous, auprès de votre Guérisseur» (bari’i) ! … C’est ainsi qu’Il agréa votre repentir; car c’est Lui, certes, le Repentant et le Miséricordieux !

Le coran est presque obligé d’utiliser une expression qui permet de repérer de qu’elle diffamation encore de la torah envers Moise il s’agit. Allah est désigné par deux fois par le terme guérisseur (de l’âme évidemment, et il s’agit de tuer le mal du souffle (nafs) interne et de l’héritage biologique. La compréhension “tuez vous vous mêmes” (devenue tuez les coupables en science islamique, alors qu’on a vu que c’était carrément un consensus national) est totalement stupide dans un contexte évident de guérison bénéfique pour les concernés.

Le ilah dans 20-97, traduit par divinité, est en réalité une concaténation de ila (vers) et Houa (lui ou air). Cela représente vers quoi s’oriente l’esprit. Allah (Alla houa) pourrait ce comprendre comme le nul autre que lui. Et c’est bien vers une aspiration falsifiée de l’esprit sain que le Samiri a orienté les fils d’Israël. Une sorte d’hologramme satanique d’Allah (voir article sur le taghut).

Enfin, faire fondre (20-97) un veau d’or et disperser ses cendres dans les flots est une absurdité d’un point du vue scientifique (disperser de l’or en fusion ne fait pas sérieux) et d’un point de vue financier (c’est quand même de l’or). Même Moise ne ferait pas une bêtise pareille. C’est le texte régissant la nouvelle organisation qu’il fallait bruler et disséminer dans les flots avant d’entamer un nouveau départ.

Du veau de Jasmin

Aaron, dans la tradition juive, représente le “premier grand prêtre d’Israël”. C’est carrément Dieu qui lui aurait confié cette tâche à lui et à sa descendance (Exode 28:1 à 2; 29:4 à5) en allant jusqu’à spécifier les “vêtements d’apparat”. Mais le coran n’a jamais fait de Aaron un prêtre pour la bonne raison qu’il n’y a pas de prêtres, imams ou cheikhs en islam. Le riba est interdit rappelons le. Et la prêtrise est pure invention (57-27) de le prêtraille pour vivre aux dépens de la piétaille parasitée.

Il est intéressant aussi de s’arrêter sur la périphrase “fils de ma mère” (ibn et non walad soit fils et non enfant) au lieu de frère. Sur un plan dual, l’expression “fils de ma mère” renvoie à la “omma”, cette origine spirituelle commune qu’il y a entre Moise et Aaron et que Aaron a trahi par sa passivité. Le sens “fils d’une même communauté” est encore plus claire dans 7-150 qui reprend la même scène avec un certain euphémisme.

Aaron représente en quelque sorte ceux qui savent mais qui, au nom de la tradition, de l’identité, du consensus acceptent de taire la vérité et tolérer le mensonge contrairement à ce que Allah leur recommande. Ceux qui savent que le veau d’or n’est pas un veau et n’est même pas en or et qui finissent par reconnaître que c’est un veau en or qui mugit en plus. Comment peut on reprocher alors, aux fils d’Israël, de croire aux âneries lorsqu’ils voient leur élite les avaliser?
Le motif de la recherche du consensus est clairement honni par le coran et Jinn Dukhani avait dédié tout un article à cette autoroute supposée de la sagesse qui mènerait vers la vérité chez les musulmans et qui est habilitée même à légiférer au nom d’Allah. L’histoire des sciences montre qu’aucune découverte n’aurait eu lieu si les “savants” qui ont vraiment découvert quelque chose avaient suivi cette technique pour leur recherches scientifiques.

Au nom du consensus, les Aarons, même s’ils savent la vérité, peuvent accepter tout et n’importe quoi. Et lorsque la lumière accepte de s’éteindre, c’est le consensus des ténèbres qui s’impose. Celui qui accepte qu’un texte pourri régisse la société. Un texte qui ne s’imposait même pas.Un texte abscons pour le peuple de base. Un texte qui a couté très cher. Un texte écris par des Samiris surgis d’on ne sait où après la libération. Un texte bâclé, bourré de vices. Un texte dont l’initiative a été prise dans la précipitation. Un texte avalisé dans avec une autre précipitation dans un timing purement politicien et démagogue. Un texte que les Samiris ont présenté à leur peuple comme étant capable de résoudre tous les problèmes. Un texte qui les guiderait avec certitude sur le bon chemin avec même des articles éternellement non amendables, même si les prochaines générations le voudraient. Un texte qui déclare tout de go l’esprit sain (islam donc) par le sol pour tous et sans aucun effort spirituel. Un texte qui promet la santé pour tous, l’éducation pour tous, la dignité et la karama pour tous, la liberté pour tous, l’égalité en droits pour tous, le travail pour tous, l’eau pour tous, le climat pour tous etc. Un texte qui flatte l’égo de ceux qui l’ont écrit. Un texte qui promet beaucoup sans trop insister sur les awzars des citoyens. Un texte fêté en grandes pompes dans des cérémonies grandioses. Un texte pourri qu’un égo collectif nationaliste hallucine comme exceptionnel sous le regard amusé et compatissant des autres peuples. Un texte qui ne réalise rien de ce qu’il a promis. Un texte qui, au lieu d’être la solution aux problèmes est le problème aux solutions. Un texte que les quelques Aarons de jasmin non seulement ne contestent plus mais encensent au nom de l’unité nationale. Un texte que les Samiris fanfaronnant présentent encore comme une immense réalisation et une grande fierté nationale. Un texte que les gouvernés ne comprennent pas et qu’ils n’ont pas voté Un texte qui a réussi l’exploit miraculeux d’obtenir l’accord en majorité de ceux qui l’ont écrit en guise de bon de réception avec satisfécit sur soi-même. Un texte qui ne finit pas de dévoiler ses vices cachés au fur et à mesure de son application.
Un texte qu’il faudra quand même brûler et jeter dans les flots dès que l’esprit sain reviendra..

“la nuharriqannahu thumma lanansifannahu fee alyammi nasfan” dit 20-97.

Revenons maintenant sur la matière première de notre “veau d’or” qui fait aussi Meuuuuh:

7-148 وَاتَّخَذَ قَوْمُ مُوسَى مِن بَعْدِهِ مِنْ حُلِيِّهِمْ عِجْلاً جَسَدًا لَّهُ خُوَارٌ أَلَمْ يَرَوْاْ أَنَّهُ لاَ يُكَلِّمُهُمْ وَلاَ يَهْدِيهِمْ سَبِيلاً اتَّخَذُوهُ وَكَانُواْ ظَالِمِينَ Et le peuple de Moïse adopta après lui un IJL fait de leurs HOULIY : un Jassad avec Khawar. N’ont-ils pas vu qu’il ne leur parlait point et qu’il ne les guidait sur aucun chemin ? Ils l’adoptèrent, et ils étaient des Dhalimin (injustes ou obscurantistes, au choix) .

Que signifie HOULIY ? il y a là de quoi débattre longtemps linguistiquement avec plusieurs torsions de la langue possibles.
Jinn Dukhani est le premier à reconnaitre que ce terme peut désigner des bijoux. Le coran utilise un dérivé de la même racine (HILYATON) à 4 reprises (13-17;16-14;35-12;43-18) dans ce qui pourrait se comprendre comme bijoux vestimentaires dans au moins deux versets. Si on demande l’avis de google images, il nous renvoie de belles photos de pâtisseries et autres sucreries. En effet, la racine de cette expression renvoie à ce qui plait et à ce qui est doux. Et cela ne s’applique pas qu’aux bijoux.
Voir un veau fait avec des bijoux pourrait donc se défendre. Mais Jinn Dukhani et ses lecteurs sont habitués désormais aux doubles sens dans le coran de sorte qu’il leur est légitime d’y voir un torchon législatif fait de fantasmes alléchants (les fameuses douceurs et sucreries) qu’un peuple fraichement libéré s’auto promet dans la légèreté (Yihla dans l’œil comme on dit).
A renfort de cette thèse des douceurs, le verset 26-54 rappelle que ceux qui ont suivi Moise étaient peu nombreux de sorte que fabriquer tout un veau avec de vrais bijoux parait difficile même en supposant que les “fils d’Israël” aient accepté de donner leur or. Le Samiri, auquel le coran attribue clairement la paternité du “veau”, aurait probablement perdu beaucoup de son charisme s’il avait fait une proposition qui aurait dépouillé ses auditeurs de leurs richesses. De plus, Jinn Dukhani rappelle que Moise, juste après la séparation des flots, avait explicitement rejeté une demande explicite de son peuple de faire des statues à idolâtrer (7-138 et 7-139) . Il aurait été difficile au Samiri d’invoquer un “hadith” de Moise alors que celui venait juste de rejeter publiquement et sans équivoques un projet similaire.

Au lecteur de trancher donc.

Des vraies et des fausses révolutions

La révolution se dit thaoura en arabe. Et thaoura a même racine que thour (taureau). Quelque part, ce n’est presque qu’un euphémisme linguistique que de dire qu’une thaoura (révolution) engendre un ijl (veau). Il y a là une sorte de loi “naturelle”. Livré à lui même, le cycle thour-Ijl-thour n’a pas fini de tourner. D’ailleurs aajala veut dire aussi roue et cycle en arabe.
Il faut donc quelque chose de “non biologique” pour que le bétail des gouvernants cesse de donner autre chose que du bétail pour les gouvernants.

Heureusement pour ses lecteurs, Jinn Dukhani a encore beaucoup à dire sur l’épopée des fils d’Israël après leur libération de Firaoun. La lecture de Jinn Dukhani sera, vous vous en doutez, légèrement différente de celle des fils d’Israël, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans.

Si vous avez lu les articles précédents, vous saurez que Jinn Dukhani n’est pratiquement d’accord sur rien avec la science “officielle”. Tout d’abord, Feroun n’est pas un Pharaon, terme que les grecs ont donné aux Rois d’Egypte pour coller à la bible tout comme Misr est le nom donné à l’Egypte par Ibn el Aas pour coller au Coran. Feraoun signifie petit chef et était plutôt Yéménite. Firaoun n’était même pas ennemi d’Israël puisqu’il était fils d’Israël lui même (voir chouyoukhs 12). Il était même une sorte de souverain théocrate qui se reconnaissait de la filiation à Joseph, fils de Jacob (40-34).

“L’israélité” de Feraoun nous plonge alors directement non plus dans l’oppression d’un peuple par un autre peuple mais dans l’oppression d’une partie d’un peuple par une autre partie du même peuple (voir 28-4 ci dessous). Une banale dictature donc.

40-26 وَقَالَ فِرْعَوْنُ ذَرُونِي أَقْتُلْ مُوسَى وَلْيَدْعُ رَبَّهُ إِنِّي أَخَافُ أَن يُبَدِّلَ دِينَكُمْ أَوْ أَن يُظْهِرَ فِي الْأَرْضِ الْفَسَادَ Et “Pharaon” dit : «Laissez-moi tuer Moïse. Et qu’il invoque son Rabb ! Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre».

avec des méthodes de division propres aux dictateurs:

28-4 إِنَّ فِرْعَوْنَ عَلَا فِي الْأَرْضِ وَجَعَلَ أَهْلَهَا شِيَعًا يَسْتَضْعِفُ طَائِفَةً مِّنْهُمْ يُذَبِّحُ أَبْنَاءهُمْ وَيَسْتَحْيِي نِسَاءهُمْ إِنَّهُ كَانَ مِنَ الْمُفْسِدِينَ Pharaon avait une haute position sur la terre; il divisa ses habitants en clans asservissant une partie d’entre elles. Il égorgeait leurs fils et asservissait leur femmes. Il était vraiment parmi les fauteurs de désordre.

La question que l’on est droit de se poser alors est:
Dans qu’elle terre les Fils d’Israël se sont retrouvés une fois tous leurs problèmes résolus ? Qu’elle est donc cette fameuse terre promise ?

Le coran y répond:

26-52 وَأَوْحَيْنَا إِلَى مُوسَى أَنْ أَسْرِ بِعِبَادِي إِنَّكُم مُّتَّبَعُونَ Et Nous révélâmes à Moïse [ceci]: «Pars de nuit avec Mes serviteurs, car vous serez poursuivis».
26-53 فَأَرْسَلَ فِرْعَوْنُ فِي الْمَدَائِنِ حَاشِرِينَ Puis, Pharaon envoya des rassembleurs [dire] dans les villes :
26-54 إِنَّ هَؤُلَاء لَشِرْذِمَةٌ قَلِيلُونَ «Ce sont, en fait, une bande peu nombreuse,
26-55 وَإِنَّهُمْ لَنَا لَغَائِظُونَ mais ils nous irritent,
26-56 وَإِنَّا لَجَمِيعٌ حَاذِرُونَ tandis que nous sommes tous vigilants».
26-57 فَأَخْرَجْنَاهُم مِّن جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ Ainsi, Nous les fîmes donc sortir des jardins, des sources,
26-58 وَكُنُوزٍ وَمَقَامٍ كَرِيمٍ des trésors et d’un lieu de séjour agréable.
26-59 كَذَلِكَ وَأَوْرَثْنَاهَا بَنِي إِسْرَائِيلَ Il en fut ainsi ! Et Nous les donnâmes en héritage aux enfants d’Israël.

26-59 est très clair. C’est bien la terre de Firaoun dont les fils d’Israël ont hérité (le territoire final “hérité” s’étendrait de la droite à la gauche du sud de la péninsule arabique).

7-136 فَانتَقَمْنَا مِنْهُمْ فَأَغْرَقْنَاهُمْ فِي الْيَمِّ بِأَنَّهُمْ كَذَّبُواْ بِآيَاتِنَا وَكَانُواْ عَنْهَا غَافِلِينَ Alors Nous Nous sommes vengés d’eux; Nous les avons noyés dans les flots, parce qu’ils traitaient de mensonges Nos signes et n’y prêtaient aucune attention.
7-137 وَأَوْرَثْنَا الْقَوْمَ الَّذِينَ كَانُواْ يُسْتَضْعَفُونَ مَشَارِقَ الأَرْضِ وَمَغَارِبَهَا الَّتِي بَارَكْنَا فِيهَا وَتَمَّتْ كَلِمَتُ رَبِّكَ الْحُسْنَى عَلَى بَنِي إِسْرَآئِيلَ بِمَا صَبَرُواْ وَدَمَّرْنَا مَا كَانَ يَصْنَعُ فِرْعَوْنُ وَقَوْمُهُ وَمَا كَانُواْ يَعْرِشُونَ Et les gens qui étaient opprimés, Nous les avons fait hériter les contrées est et ouest de la terre où Nous avons fait descendre Notre grâce. Et la belle promesse de ton Rabb sur les fils d’Israël s’accomplit pour prix de leur endurance. Et Nous avons détruit ce que faisaient Firaoun et son peuple, ainsi que ce qu’ils développaient.

7-137, avec la référence à un héritage, indique clairement que c’est de la terre de Feraoun qui a été hérité.

26-54 indique aussi que ceux qui suivirent Moise n’était pas aussi nombreux que ça. 10-83 nous indique aussi qu’une faible partie du peuple suivit Moise par peur de Feraoun et de ses représailles. On est très loin des 600 000 familles de la mythologie juive. 26-52 nous indique aussi que le départ avait été décidé presque de dernière minute de sorte que nous pouvons considérer que c’était la fraction la plus fidèle à Moise qui l’avait suivi. Avec le fameux Samiri et ses semblables dans le lot, à la chasse de nouvelles opportunités.
Le faible nombre des ceux qui ont suivi Moise rend déjà impossible les fameuses guerres de conquête que la Bible nous décrit après les fameux 40 mois lunaires d’exil sur lesquels nus reviendrons (40 sana selon le coran et nous avons vu dans l’article sur les calendriers que sana signifie mois lunaire et non année).

Moise réintègre ainsi le panthéon des messagers d’Allah qui parlent à leur propre peuple et non au peuple étranger d’un Pharaon (mis à part le Messie, superstar de l’esprit sain, et éventuellement Jonas s’ils sont différents). Jinn Dukhani avait évoqué cela dans le précédent Chouyoukhs en insistant sur le sens profond de Arsil (même racine que rassool) dans la proclamation de Moise à Feraoun qui ne demandait que l’autorisation de prêcher (soit faire son travail de rassool messager) et non d’entreprendre un voyage avec les Fils d’Israël.

7-104 وَقَالَ مُوسَى يَا فِرْعَوْنُ إِنِّي رَسُولٌ مِّن رَّبِّ الْعَالَمِينَ Et Moïse dit : «Ô Pharaon, je suis un Messager (Rassol) de la part du RABB de l’Univers,
7-105 حَقِيقٌ عَلَى أَن لاَّ أَقُولَ عَلَى اللّهِ إِلاَّ الْحَقَّ قَدْ جِئْتُكُم بِبَيِّنَةٍ مِّن رَّبِّكُمْ فَأَرْسِلْ مَعِيَ بَنِي إِسْرَائِيلَ je ne dois dire sur Allah que la vérité. Je suis venu à vous avec une preuve de la part de votre Rabb. Arsil avec moi les fils d’Israël.»

Et Moise n’a jamais dit, dans le coran, qu’il se devait d’emmener les fils d’Israel dans une terre promise qui était on se sait où. La réponse de Feraoun (40-26) montre bien qu’il se souciait de la religion de son propre peuple et non de la religion de je ne sais quel autre pays:

Du rejet de l’Alliance et de la sanction divine

Allah a rapidement pardonné aux fils d’Israël ces histoires de “veau d’or”. Après tout, c’était de pauvres gens qui venaient de sortir des ténèbres, qui avaient besoin de tout un chantier de purification de l’esprit, dont l’endurance et la bonne volonté se devait d’être testée et qui ont été trompés par le silence de Aaron et ses camarades devant les âneries du Samiri et de ses camarades. Allah, conscient a même proposé un stage accéléré en “islam” à une sélection de 70 gars choisis par Moise (7-155 avec précision pour ceux qui consultent ce verset avec un oeil sur les tafassirs que rajafa est une secousse spirituelle qui n’a rien de tellurique sauf à supposer qu’Allah organise des tremblements de terre en comité restreint) .

Ce qui a suscité la colère d’Allah et les 40 sana d’exil c’est ça:

5-20 وَإِذْ قَالَ مُوسَى لِقَوْمِهِ يَا قَوْمِ اذْكُرُواْ نِعْمَةَ اللّهِ عَلَيْكُمْ إِذْ جَعَلَ فِيكُمْ أَنبِيَاء وَجَعَلَكُم مُّلُوكًا وَآتَاكُم مَّا لَمْ يُؤْتِ أَحَدًا مِّن الْعَالَمِينَ (Souvenez-vous) lorsque Moïse dit à son peuple : «mon peuple ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, lorsqu’Il a désigné parmi vous des Anbiyas (des sages informés). Et Il a fait de vous des possédants. Et Il vous a donné ce qu’Il n’avait donné à nul autre aux mondes.
5-21 يَا قَوْمِ ادْخُلُوا الأَرْضَ المُقَدَّسَةَ الَّتِي كَتَبَ اللّهُ لَكُمْ وَلاَ تَرْتَدُّوا عَلَى أَدْبَارِكُمْ فَتَنقَلِبُوا خَاسِرِينَ Oh peuple ! Entrez dans la terre choisie (ou sainte) qu’Allah vous prescrite. Et ne revenez point sur vos pas car vous retourneriez perdants.
5-22 قَالُوا يَا مُوسَى إِنَّ فِيهَا قَوْمًا جَبَّارِينَ وَإِنَّا لَن نَّدْخُلَهَا حَتَّىَ يَخْرُجُواْ مِنْهَا فَإِن يَخْرُجُواْ مِنْهَا فَإِنَّا دَاخِلُونَ Ils dirent : «Moïse, il y a là un peuple de gens puissants. Jamais nous n’y entrerons jusqu’à ce qu’ils en sortent. S’ils en sortent, alors nous y entrerons».
5-23 قَالَ رَجُلاَنِ مِنَ الَّذِينَ يَخَافُونَ أَنْعَمَ اللّهُ عَلَيْهِمَا ادْخُلُواْ عَلَيْهِمُ الْبَابَ فَإِذَا دَخَلْتُمُوهُ فَإِنَّكُمْ غَالِبُونَ وَعَلَى اللّهِ فَتَوَكَّلُواْ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ Deux hommes d’entre ceux qui craignaient Allah et qui étaient comblés par Lui de bienfaits dirent : «Entrez chez eux par la porte; puis quand vous y serez entrés, vous serez les dominants. Et c’est en Allah qu’il faut avoir confiance, si vous êtes fidèles».
5-24 قَالُواْ يَا مُوسَى إِنَّا لَن نَّدْخُلَهَا أَبَدًا مَّا دَامُواْ فِيهَا فَاذْهَبْ أَنتَ وَرَبُّكَ فَقَاتِلا إِنَّا هَاهُنَا قَاعِدُونَ Ils dirent : «Moïse ! Nous n’y entrerons jamais, aussi longtemps qu’ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes».
5-25 قَالَ رَبِّ إِنِّي لا أَمْلِكُ إِلاَّ نَفْسِي وَأَخِي فَافْرُقْ بَيْنَنَا وَبَيْنَ الْقَوْمِ الْفَاسِقِينَ Il dit : «Seigneur ! Je n’ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère : sépare-nous donc de ce peuple pervers».
5-26 قَالَ فَإِنَّهَا مُحَرَّمَةٌ عَلَيْهِمْ أَرْبَعِينَ سَنَةً يَتِيهُونَ فِي الأَرْضِ فَلاَ تَأْسَ عَلَى الْقَوْمِ الْفَاسِقِينَ Il (Allah) dit : «Eh bien, ce pays leur sera interdit pendant quarante sana, durant lesquels ils erreront sur la terre. Ne te tourmente donc pas pour ce peuple pervers».

La “science officielle” voit dans 5-23 une invitation à aller guerroyer contre une ville qui n’a rien fait aux fils d’Israël, sans même tenter l’appel à la parole divine. C’est totalement incompatible avec ce que Jinn Dukhani a compris de l’islam et de ce que racontent les messagers de Dieu. Totalement et irrémédiablement inconciliable même avec une compréhension stupide du Jihad. Surtout que les deux gars en question, dans ce verset, ne sont rien de moins que Yeshua Bin Nun et un certain Caleb Ben Yephunneh si on recoupe avec la bible. Soit rien de moins que Issa ibn Meriem et Yahia Ibn Zachariah selon l’exégèse de Jinn Dukhani. Ce n’est vraiment pas ceux qu’on pourrait suspecter de “va-t-en guerre”. Ce serait plutôt des champions du prêche et de la parole sage.

En tartilant cette technique de guerre bizarre qu’est “l’entrée par la porte” dans les versets traitant du même épisode historique :

2-58 وَإِذْ قُلْنَا ادْخُلُواْ هَـذِهِ الْقَرْيَةَ فَكُلُواْ مِنْهَا حَيْثُ شِئْتُمْ رَغَداً وَادْخُلُواْ الْبَابَ سُجَّداً وَقُولُواْ حِطَّةٌ نَّغْفِرْ لَكُمْ خَطَايَاكُمْ وَسَنَزِيدُ الْمُحْسِنِينَ Et lorsque Nous dîmes : «Entrez dans cette ville, et mangez-y à l’envie où il vous plaira; et entrez par la porte en soujoud (obéissant et dites HITTATAN; Nous vous pardonnerons vos fautes si vous faites cela et donnerons davantage de récompense pour les bienfaisants.
4-154 وَرَفَعْنَا فَوْقَهُمُ الطُّورَ بِمِيثَاقِهِمْ وَقُلْنَا لَهُمُ ادْخُلُواْ الْبَابَ سُجَّدًا وَقُلْنَا لَهُمْ لاَ تَعْدُواْ فِي السَّبْتِ وَأَخَذْنَا مِنْهُم مِّيثَاقًا غَلِيظًا Nous avons élevé sur eux le Toor en alliance , Nous leur avons dit : «Entrez par la porte Sojjadan»; Nous leur avons dit : «N’agressez pas dans le sabt (sabbat ou paix, repos au choix); et Nous avons pris d’eux un engagement ferme.
7-161 وَإِذْ قِيلَ لَهُمُ اسْكُنُواْ هَـذِهِ الْقَرْيَةَ وَكُلُواْ مِنْهَا حَيْثُ شِئْتُمْ وَقُولُواْ حِطَّةٌ وَادْخُلُواْ الْبَابَ سُجَّدًا نَّغْفِرْ لَكُمْ خَطِيئَاتِكُمْ سَنَزِيدُ الْمُحْسِنِينَ Et lorsqu’il leur fut dit : «Habitez cette cité et mangez y à votre guise, mais dites HITTATAN et entrez par la porte SOJJADAN Nous vous pardonnerons vos fautes; et aux bienfaisants (d’entre vous,) Nous accorderons davantage».

nous déduisons qu’il est absurde de considérer 5-23 comme un appel au combat au sens guerrier du terme. Hittatan est un terme incompris qui est devenu dans la science officielle une “demande de rémission de pêchés”. Avec la compréhension “à genoux” de sojjadon, nous voilà dans des techniques de combat que l’on peut qualifier de plus en plus étranges.
En réalité, Hittatan signifie déposer quelque chose de haut en bas (HATTA) et pourrait donc décrire la façon dont les compagnons de Moise doivent transmettre/déposer ce qu’ils ont reçu dans la ville indiquée. Soit la ville héritée de Firaoun qui est désormais, forcément, par une déduction de niveau enfantin, entre les mains de ce qui reste des notables de Firaoun et qu’on a vite fait d’oublier.

Azlem Firaoun, pour reprendre une expression qui pourrait parler à certains lecteurs, sont forcément les héritiers temporaires de Firaoun. Ils sont cités plusieurs fois dans le coran comme étant par exemple ceux qui opprimaient les fils d’Israël et soutenaient leur souverain(2-46,7-127,7-141,10-83, 11-97,14-6,28-38), ceux qui rejettent les paroles de Moise (3-11,7-103,7-109, 8-52,8-54,10-75,23-46,26-11,28-8) et ceux que Allah a détruit en fin de compte (7-130,7-137,40-45,40-46). La “clique” de Firaoun est ainsi citée maintes fois comme collaborant activement à l’oppression et la dictature et il n’est pas raisonnable de supposer que toute cette clique avait suivi de bonne heure ceux qui ont été ensevelis sous les flots.

Ainsi, nous avons le choix entre deux exégèses. La première est celle de la science officielle qui nous dit que les fils d’Israël ont été condamnés à l’exil des 40 sana parce que le petit nombre de réfugiés à refusé de combattre et faire la razzia par ordre d’Allah sur une ville qui ne leur a rien fait sans même tenter l’appel vers Allah. La seconde, celle que vous propose votre Jinn hérétique, est d’attribuer la colère divine au refus des fils d’Israël qui ont reçu la vérité après un “stage” purificateur d’aller l’exposer à leur propre peuple en retournant chez eux. Confirmons cela avec un autre verset :

10-87 وَأَوْحَيْنَا إِلَى مُوسَى وَأَخِيهِ أَن تَبَوَّءَا لِقَوْمِكُمَا بِمِصْرَ بُيُوتًا وَاجْعَلُواْ بُيُوتَكُمْ قِبْلَةً وَأَقِيمُواْ الصَّلاَةَ وَبَشِّرِ الْمُؤْمِنِينَ Et Nous révélâmes à Moïse et à son frère : «Prenez (tabwwaou pointe même vers revenir) dans MISR (la citadelle) des maisons et faîtes de vos maisons une qibla (un lieu où on va) et faites y la Salat (connexion à Dieu) et annoncez la bonne nouvelle aux croyants».

C’est ça la conquête de Misr, ordonnée par 10-87, que ceux qui avaient suivi Moise ont refusé de faire.
Et MISR comme nous le dit le coran, c’est la ville de:

43-51 وَنَادَى فِرْعَوْنُ فِي قَوْمِهِ قَالَ يَا قَوْمِ أَلَيْسَ لِي مُلْكُ مِصْرَ وَهَذِهِ الْأَنْهَارُ تَجْرِي مِن تَحْتِي أَفَلَا تُبْصِرُونَ Et Firaoun fit une proclamation à son peuple et dit : «Ô mon peuple ! n’ai je pas la royauté de MISR ainsi que ces rivières qui coulent à mes pieds ? N’observez-vous donc pas ?

CQFD. Aucun peuple étranger à massacrer dans l’histoire.

Telle est donc la raison de la colère divine. La fraction des fils d’Israel qui ont reçu la science, malgré leur diverses bêtises, ont refusé la véritable révolution, celle des esprits et ont laissé leur ville à ce qui restait de la clique de Feraoun, soit leurs anciens maîtres. Le refus de l’alliance avec Dieu, celle de dire la vérité reçue, d’enseigner ce qu’il a vraiment dit à son propre peuple que l’on sait égaré et livré à la coalition des notables de Firaoun et de ses prêtres (pas du tout aussi le genre à combattre de bon matin aussi. Les prêtres ont une longue tradition de coalition avec l’oligarchie au pouvoir. Presque systématique. Même quand l’oligarchie au pouvoir change. Ils sont les premiers à offrir leur services (sauf bien sûr quand, comme dans le communisme très hostile à la religion, l’oligarchie les prend directement en grippe).

Des mauvais objectifs dans les révolutions

Analysons d’abord ce verset.

2-61 وَإِذْ قُلْتُمْ يَا مُوسَى لَن نَّصْبِرَ عَلَىَ طَعَامٍ وَاحِدٍ فَادْعُ لَنَا رَبَّكَ يُخْرِجْ لَنَا مِمَّا تُنبِتُ الأَرْضُ مِن بَقْلِهَا وَقِثَّآئِهَا وَفُومِهَا وَعَدَسِهَا وَبَصَلِهَا قَالَ أَتَسْتَبْدِلُونَ الَّذِي هُوَ أَدْنَى بِالَّذِي هُوَ خَيْرٌ اهْبِطُواْ مِصْراً فَإِنَّ لَكُم مَّا سَأَلْتُمْ وَضُرِبَتْ عَلَيْهِمُ الذِّلَّةُ وَالْمَسْكَنَةُ وَبَآؤُوْاْ بِغَضَبٍ مِّنَ اللَّهِ ذَلِكَ بِأَنَّهُمْ كَانُواْ يَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَيَقْتُلُونَ النَّبِيِّينَ بِغَيْرِ الْحَقِّ ذَلِكَ بِمَا عَصَواْ وَّكَانُواْ يَعْتَدُونَ Et quand vous dîtes : «Moïse, nous ne pouvons plus tolérer une seule nourriture. Prie donc ton Rabb pour qu’Il nous fasse sortir de la terre ce qu’elle fait pousser, de ses légumes, ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons ! » – Il vous répondit : «Vous voulez échanger le Adna (même racine que Donia, soit le présent et le proche) à la place du khair (même racine que Akhira, soir l’autre monde bien meilleur) ? Descendez vers MISR et vous y aurez ce que vous voulez». L’avilissement et la misère s’abattirent sur eux; ils encoururent la colère d’Allah. Cela est parce qu’ils masquaient les révélations d’Allah, et qu’ils tuaient (yaqtouloune) les anbiyas par ce qui n’est pas vrai. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient.

Tout d’abord, nous devons recadrer l’expression “tuer les prophètes”. Ce n’est pas de meurtres qu’il s’agit. Qatala en arabe signifie affaiblir jusqu’à éventuellement faire mourir. Le Qital (le combat) n’a pas pour objectif de tuer l’ennemi mais de le battre. Le combat est victorieux dès que l’ennemi se rend et se déclare trop faible pour combattre encore et non dès que tout l’ennemi est entièrement mort. Le sens “tuer” avec mort gêne beaucoup certains coranistes qui y voient une contradiction avec la promesse d’Allah de protéger ses fidèles. Il n’y a pas un seul cas de prophète assassiné dans tout le coran (contrairement à la bible où les “prophètes” se font souvent assassiner). Les coranistes extrémistes ont remarqué que l’expression yaqtouloun (soit tuer les prophètes) dans le coran est toujours conjugué au présent et semble désigner une action continue dans le temps (voir par exemple 2-91). Leur conclusion est que les “mécréants” tentent constamment d’assassiner les prophètes mais n’y arrivent jamais.
Mais Jinn Dukhani va même plus loin. Même si la sécurité physique des anbiyas (informés) peut être mise à mal par des moments, le meurtre dont il s’agit serait plutôt spirituel. Les Koffars (ceux qui couvrent la vérité et non les mécréants) affaiblissent la vérité transmise par les prophètes par le mensonge jusqu’à la tuer. Ainsi, nous pouvons dire aujourd’hui que les juifs tuent encore Moise, que les chrétiens tuent encore Jésus et bien sûr que les musulmans tuent encore Muhammad. Et Jinn Dukhani prend à témoin la formule “bi ghair el haqq” de 2-61 que les traductions “officielles” traduisent par “sans droit” alors qu’une traduction plus basique serait “avec ce qui n’est pas vrai”. Comme si on pouvait tuer les prophètes avec droit! C’est avec le mensonge qu’on tue les informés par Allah. On tue ce qu’ils transmettent. La suite de verset indique que ce “meurtre” se fait par la désobéissance et la transgression et conforte la thèse de l’assassinat spirituel.

En un sens, le deuxième “alibi” d’Aaron est aussi pourri que le premier. Invoquer sa sécurité physique pour ne pas respecter sa part de l’alliance alors qu’on n’a même pas été frappé c’est un peu dire à Allah qu’on ne respecte pas son alliance par crainte qu’il ne respecte pas ses engagements dans l’alliance (58-21,40-51,14-47,10-103).

Ce qui est intéressant dans 2-61 c’est que la motivation de “nos fils d’Israël” pour revenir à MISR est purement alimentaire. Quelque soient ce qu’ils mangeaient là où ils étaient, c’est les légumes du marché qui leur manquaient. Ils étaient dans la quête de l’ail et de l’oignon.
La Torah (Nombres 11), va même à affirmer que les fils d’Israël regrettèrent la bonne vieille époque de la bonne vieille dictature de ce bon Firaoun (eh oui!). Le coraniste extrémiste, qui sait que mann (probablement ce qui est confié dans l’Iman) et salwa (vie plaisante) n’ont rien à voir avec du coriandre en coton et des cailles, remarquera qu’Allah ne mentionne ni la viande ni les fruits dans l’énumération de 2-61. Vraisemblablement, nos Fils d’Israël vivaient de cueillette et de chasse qui étaient abondantes là où ils étaient. Mais, visiblement, ce n’est que les ingrédients de la vieille “chakchouka” (ratatouille) de la bonne vieille tradition identitaire qui leurs manquaient. L’allégorie avec le refus de changer un ancien régime alimentaire spirituel (le adna) par un qui est meilleur (khair) est évidente dans 2-61 (voir 4-2 par exemple pour justifier la traduction par “à la place de” par Jinn Dukhani).

Allah n’est pas dupe. Allah sait que la plupart des aspirations soit disant révolutionnaires sont des aspirations purement alimentaires. Les humains promettent de changer si Allah les libère de leur joug et dès qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, les aspirations redeviennent à la fois alimentaires et “contre le changement vers ce qui est mieux”. Ceux qui suivaient Moise ne voulaient pas faire la révolution que leur demandait Allah et attendaient que Allah aille combattre tout seul, avec son prophète (le coran le leur fait dire explicitement dans 5-24). Ils étaient dans une révolution des mauvaises raisons, sans aucun projet pour la société.

L’histoire confirme cette fâcheuse tendance des révolutions à juste décapiter l’oligarchie au pouvoir, parfois pour en mettre une autre et le plus souvent pour garder la même “bête à sept têtes” que l’on croit battre en décapitant simplement. Et les révolutions qui n’ont qu’une aspiration alimentaire mêlée de conservatisme se transforment souvent en pétard mouillé sans véritable changement pour la population.

Non. Allah n’est pas dupe.

8-53 ذَلِكَ بِأَنَّ اللّهَ لَمْ يَكُ مُغَيِّرًا نِّعْمَةً أَنْعَمَهَا عَلَى قَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُواْ مَا بِأَنفُسِهِمْ وَأَنَّ اللّهَ سَمِيعٌ عَلِيمٌ C’est qu’en effet Allah ne modifie pas un bienfait dont Il a gratifié un peuple avant que celui-ci change ce qui est en lui-même. Et Allah est, “Ecoutant” et “Savant”.

Sans vouloir trop décevoir ceux qui prient Allah, Jinn Dukhani voit très mal Allah envoyer un Messie rien que pour le pognon, les affaires et le business. Ce n’est franchement pas dans les habitudes célestes. Les Fils d’Israël ont toujours voulu un royaume d’Israël et un “Roi d’Israël” qui leur apporte puissance et prospérité tout en fermant sa gueule sur tout ce qui est révolution spirituelle. Mais Allah, pour parodier ces surdoués de la parabole que sont les évangélistes, pourrait exige de tuer “le Roi des Juifs” avant l’envoi du “Fils du père”.

Une bonne révolution est donc une révolution ou “ceux qui savent” respectent leur alliance avec l’esprit sain d’Allah.

Et l’alliance avec Dieu, ce n’est pas ça :

Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, et ta postérité après toi : que tous vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l’alliance entre moi et vous.
Quand ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération.
Genèse, XVII : 10:1235.

Jinn Dukhani ne peut s’empêcher d’ouvrir une petite parenthèse rigolote en ayant une petite pensée pour tous ces artisans circonciseurs consciencieux dans l’arrière garde des armées de conquête de l’islam. C’est qu’il en a fallu sceller des alliances à coup de bistouri. Sans compter les alliances scelles par le prophète en personne, les 4 grands califes, les compagnons et les grands généraux de l’époque et dont on ne parle pas assez à mon avis. Jinn Dukhani voit très mal Muhammad recommander ce genre de “sceau” à ses anbiyas (33-40). Les lecteurs comprendront facilement qu’il est difficile d’obtenir rapidement des conversion de masses avec des arguments aussi vivement tranchants dans le plus vif des vifs.

Revenons à l’alliance véritable. L’alliance avec Dieu c’est ça :

3-81 وَإِذْ أَخَذَ اللّهُ مِيثَاقَ النَّبِيِّيْنَ لَمَا آتَيْتُكُم مِّن كِتَابٍ وَحِكْمَةٍ ثُمَّ جَاءكُمْ رَسُولٌ مُّصَدِّقٌ لِّمَا مَعَكُمْ لَتُؤْمِنُنَّ بِهِ وَلَتَنصُرُنَّهُ قَالَ أَأَقْرَرْتُمْ وَأَخَذْتُمْ عَلَى ذَلِكُمْ إِصْرِي قَالُواْ أَقْرَرْنَا قَالَ فَاشْهَدُواْ وَأَنَاْ مَعَكُم مِّنَ الشَّاهِدِينَ Et lorsqu’Allah prit cet engagement (mithaq) des informés (anbiyas) : «Chaque fois que Je vous apporte un Livre et de la Sagesse, et qu’ensuite un messager (rassool) vous viendra confirmer ce qui est avec vous, vous devez lui être fidèle, et le supporter» Il leur dit : «Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition ? » – «Nous consentons», dirent-ils. «Soyez-en donc témoins, dit Allah. Et Me voici, avec vous, parmi les témoins .

3-81 a posé un certain nombre de problèmes d’anachronismes savoureux et insolubles à ceux qui confondent le statut de nabi (informé) et Rassool (messager d’Allah chargé de quelque chose). 3-81 explique que l’alliance entre Allah et ceux qui reçoivent le savoir est que ces derniers s’engagent à supporter et assister les éventuels messagers qu’Allah pourrait envoyer. Les autres ne sont pas foutus de distinguer un Samiri d’un Aaron. C’est la trahison de cette alliance, par la fraction du peuple qui a reçu le savoir, qui plonge leurs peuples dans les ténèbres sans même qu’Allah n’ait à faire quoique ce soit.

Tel est donc l’énorme faute des fils d’Israël aux portes de Misr. Rien de moins que la rupture de l’alliance avec Dieu. Dire ce que l’on tient pour vrai. Nos fils d’Israël avaient même le Messie, le plus grand de tous les temps avec eux, un jeune bien fringuant. Le Messie avait compris que le peuple de Misr était prêt pour la révolution de l’esprit. “On y va les gars” qu’il leur a dit dans 5-23. Mais ceux qui avaient reçu la science ont encore choisi de trahir l’alliance car ce n’était que les concombres, l’ail, les oignions et les lentilles qu’ils voulaient. Et c’est alors qu’Allah a décidé qu’un autre stage de “formation”, un peu plus long, un peu plus pénible, était nécessaire à l’acquisition de la sagesse. Allah est très patient.

Le grand enseignement de cet débandade face à la porte de Misr est que ce n’est pas qu’une affaire de Messie et d’homme providence. Nos Fils d’Israël ont eu dans leur rangs Moise, Aaron, Meriem, le fameux Yeshua et son binôme “Caleb” et malgré cela, le peuple d’Israël n’était pas encore prêt à être “sauvé”.

Les 12 Tribus d’Israël (à sauter en cas de lecture aajala)

A en croire le livre de Josué dans l’ancien testament, après 40 ans d’exil, Yeshua Bin NUN, désigné successeur de Moise par Yahveh et Moise, mena un certain nombre de campagnes militaires particulièrement génocidaires incluant bébés et animaux mécréants et installa les fils d’Israël dans l’actuelle Palestine en affectant à chacune des 12 tribus un territoire.

Nous retrouvons le chiffre 12 dans les évangiles comme étant le nombre des apôtres que Jésus envoya, pacifiquement cette fois, répandre la parole de Jésus. Le terme coranique pour les apôtres est hawariyouns (masculin des fameuses houris qui font saliver les islamistes) et qui a un sens de blancheur contrastant avec le noir. C’est la sagesse de ceux qui savent distinguer les ténèbres de la lumière.
Nous retrouvons évidemment le chiffre 12 chez les Zoroastres avec les 12 “apôtres de Mithra” et chez les chiites avec les 12 imams.

Le coran semble parler des 12 “tribus”:

5-12 وَلَقَدْ أَخَذَ اللّهُ مِيثَاقَ بَنِي إِسْرَآئِيلَ وَبَعَثْنَا مِنهُمُ اثْنَيْ عَشَرَ نَقِيبًا وَقَالَ اللّهُ إِنِّي مَعَكُمْ لَئِنْ أَقَمْتُمُ الصَّلاَةَ وَآتَيْتُمُ الزَّكَاةَ وَآمَنتُم بِرُسُلِي وَعَزَّرْتُمُوهُمْ وَأَقْرَضْتُمُ اللّهَ قَرْضًا حَسَنًا لَّأُكَفِّرَنَّ عَنكُمْ سَيِّئَاتِكُمْ وَلأُدْخِلَنَّكُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ فَمَن كَفَرَ بَعْدَ ذَلِكَ مِنكُمْ فَقَدْ ضَلَّ سَوَاء السَّبِيلِ Et Allah certes prit l’engagement des fils d’Israël. Nous nommâmes douze naquib (chefs) parmi eux eux. Et Allah dit : «Je suis avec vous, pourvu que vous accomplissiez la Salat, acquittiez la Zakat, croyiez en Mes messagers, les aidiez et fassiez à Allah un bon prêt. Alors, certes, J’effacerai vos méfaits, et vous ferai entrer aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux. Et quiconque parmi vous, après cela, mécroît, s’égare certes du Sabil» !

La mission de missionnaire est ainsi clairement attribué aux chefs sélectionnés semblant ainsi rejoindre ainsi la thèse évangéliste de 12 apôtres et non de 12 tribus. Le terme Asbat est aussi utilisé par le Coran pour ces 12 tribus ou apôtres. La racine sbt de Asbat (proche de la racine bsT et basaTa), est bizarrement très lié aux cheveux dans les dictionnaires et s’oppose au sens recourbé ou crépu (ja3ada). Cela nous renvoie vers un traitement qui rend lisse comme on lisse les cheveux crépus en les coiffant. Jinn Dukhani comprend donc Asbat, vu le contexte, comme ceux qui ont été éduqués. Il y a là peut être une opposition particulièrement amusante entre la chevelure lisse avec laquelle Jésus est généralement représenté et la barbe hirsute des poilus de la face. Du poil dompté et même pas au même endroit donc.

Ces 12 ASBAT sont évoquées dans des termes élogieux par le coran qui les intègre, de façon très étrange, carrément dans la liste des prophètes (2-136;2-140;3-84;4-163). Et comme Allah fait rarement dans la bénédiction collégiale ou tribale, la thèse tribale pour Asbat est définitivement à exclure d’autant plus que 12 tribus dans une même ville (MISR) est absurde et antinomique avec le terme tribu. De plus, le coran utilise un autre terme, plus clair et plus connu, pour désigner une tribu (voir qabila/qabail dans 49-13).

Nous voilà donc avec une solution amusante au grand mystère des tribus juives disparues. Elles n’ont donc probablement jamais existé.
Pour la petite histoire, celles qu’on n’a pas perdues se seraient retrouvées, après Salomon, en partie dans un royaume très furtif sur le plan archéologique qui porte le nom d’Israël et qui aurait eu pour capitale une certaine “Samarie” tandis que l’autre partie se retrouva dans le royaume de Juda, nom de l’un des fils biologiques que la Bible attribue à Jacob devenu Israël et nom aussi de l’apôtre de Jésus qui a trahi (sacrés évangélistes!).

La Torah affirme que Moise, puni par Yahveh, fut interdit de terre promise pour une histoire stupide où Yahveh lui aurait demandé de crier sur un rocher alors que Moise l’aurait frappé avec son bâton (Nombres 20:8). Pourtant, Yahveh avait auparavant demandé à Moise de taper sur un rocher avec le bâton et non de crier pour faire sortir l’eau (Exode 17:6).

Néanmoins le coran met Moise à l’origine de la constitution des 12 Asbats (sans aucune référence tribale aux 12 fils supposés de Yacob mis à part Joseph dans 40-34) tout en innocentant Moise de ces histoires de taper au lieu de crier.

7-160 وَقَطَّعْنَاهُمُ اثْنَتَيْ عَشْرَةَ أَسْبَاطًا أُمَمًا وَأَوْحَيْنَا إِلَى مُوسَى إِذِ اسْتَسْقَاهُ قَوْمُهُ أَنِ اضْرِب بِّعَصَاكَ الْحَجَرَ فَانبَجَسَتْ مِنْهُ اثْنَتَا عَشْرَةَ عَيْنًا قَدْ عَلِمَ كُلُّ أُنَاسٍ مَّشْرَبَهُمْ وَظَلَّلْنَا عَلَيْهِمُ الْغَمَامَ وَأَنزَلْنَا عَلَيْهِمُ الْمَنَّ وَالسَّلْوَى كُلُواْ مِن طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ وَمَا ظَلَمُونَا وَلَـكِن كَانُواْ أَنفُسَهُمْ يَظْلِمُونَ Nous les répartîmes en douze ASBAT, en OMMAS,. Et Nous révélâmes à Moïse, lorsque son peuple lui demanda à boire : «Frappe la pierre avec ton “baton” (3assa)» Et voilà qu’en jaillirent douze sources. Chaque personne su alors où s’altérer et nous déviâmes d’eux les “nuages”, et fîmes descendre sur eux le manna et le salwa : «Mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées.» Et ce n’est pas à Nous qu’ils ont fait du tort (ou mis dans les ténèbres au choix), mais c’est à eux même qu’ils faisaient du (tord ou se mettre dans les ténèbres, aux choix).

Fait troublant, le coran parle de 12 sources, une pour chaque Asbat, alors que la bible, dans les deux épisodes, ne parle que d’une seule source où tous les “Fils d’Israel” pouvaient boire. Mais comme une seule source paraît plus raisonnable pour ces histoires d’eau, rendant la bible plus pragmatique que le coran, Jinn Dukhani se voit dans l’obligation de recourir au joker allégorique. Dans Chouyoukhs 12, Jinn Dukhani a évoqué le fameux bâton de Moise qui n’en était pas un et qui, en arabe, avait le même sens que désobéir. 7-160 peut donc se comprendre allégoriquement comme la constitution de 12 groupes de missionnaires pour étancher la soif des contrées où ils seront envoyés. Le bâton représentant la désobéissance et le supposés rocher la tradition bornée et stupide sur laquelle il fallait taper pour extraire nos Asbat.

7-160 confirme que la répartition en 12 Asbats a été faite par Allah et n’a donc pas d’origine tribale, génétique ou ancestrale. Pour Jinn Dukhani, il s’agit donc de douze petits groupes de missionnaires avec un leader qui ont décidé de nouer l’alliance avec Dieu au delà de leur peuple, chez d’autres ommas (noter le terme dans 7-160 qui renvoie à plus grand qu’une simple tribu), en mode exportation de la révolution de l’esprit, et justifie donc leur classification avec les anbiyas, voire les messagers “indirects” d’Allah.

Du Messie dans la révolution

Le coran ne parle pas de la fin de Moise, d’Aaron et de Meriem, punis tutti quanti par Yahveh dans la bible lors de la contrerévolution d’Israel.. Une famille bénie pourtant par Allah (3-33). Jinn Dukhani sait qu’ils n’ont pas été punis et n’écarte pas l’hypothèse qu’ils entrèrent eux aussi à Misr. Toujours est t-il que le leadership semble avoir été transmis à Yeshua, peut être même du vivant de Moise puisque le coran précise que TOUS les fils d’Israël acceptèrent le Messie avant sa mort (4-159) et que les “fils d’Israël” posèrent de sérieux problèmes au Messie (5-110, 3-52) sans pour autant le tuer (4-157).

Place aux Jeunes pourrait-on donc conclure. Ceux qui n’ont pas de problèmes de barbe intérieure trop développée.

Et de cette transmission de flambeau de Moise à Yeshua, que ce soit en raison de la mort de provoquée de Moise ou par ordre d’Allah ou par volonté de Moise, il y a évidemment un grand enseignement à tirer. Moise est le prophète de la torah (tawrat) et nous avons vu que tawr, en arabe, signifie le messager agréé aussi bien par l’expéditeur que le destinataire. Moise est le messager des compromissions. De façon amusante par exemple, 3-93 nous rappelle qu’Allah a bien voulu laisser dans la torah les interdits alimentaires qu’Israël s’est inventé.. “Porc et crustacées pas manger” dit Israel. “Ce n’est pas méchant, gardez ça” dit la torah!

Mais ces histoires de consensus entre lumière et ténèbres ne mènent pas bien loin même si ça semble souder tout le monde. Et c’est ainsi qu’après le veau d’or, après la tawrat, il y a eu l’Injeel, rompant définitivement avec le passé avec un tout nouveau leadership et ses hawariyouns qui contrastent clairement entre l’esprit sain et les ténèbres. Et c’est là que l’injeel porte bien son nom car en arabe, najl représente le nouveau né. Ce fut la véritable révolution et la véritable renaissance, celle que les livres d’Israël se sont efforcés d’effacer de leur histoire, transformant l’épopée de la défaite d’Israël en épopée de la victoire d’Israël.

Conclusion

Jinn Dukhani, dans cet article, s’est efforcé de ne pas mentionner le pays que vous savez et de ne pas trop forcer sur l’analogie. Il laissera de « jihad » à ses lecteurs.

S’il y a une chose dont Jinn Dukhani est parfaitement sûr, c’est qu’Allah supporte toujours ceux qui lui sont fidèles et qu’il y a toujours un espoir pour un peuple entrain de désespérer tant qu’Allah n’a pas encore décidé qu’il n’y a rien à en tirer.
Quand la sanction tombe (phénomène naturels ou autres) , Allah, comme dans les histoires de Noé, de Lot, de Salih, Hud et autres prophètes, se débrouille pour faire échapper ses fidèles à la sanction. Alliance oblige, Allah ne laisse tomber ni ses vrais fidèles ni ses messagers.

17-15 مَّنِ اهْتَدَى فَإِنَّمَا يَهْتَدي لِنَفْسِهِ وَمَن ضَلَّ فَإِنَّمَا يَضِلُّ عَلَيْهَا وَلاَ تَزِرُ وَازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرَى وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولاً Quiconque prend le droit chemin ne le prend que pour lui-même; et quiconque s’égare, ne s’égare qu’à son propre détriment. Et nul ne portera la charge d’autrui. Et Nous n’avons jamais sévi avant d’envoyer un Messager.
17-16 وَإِذَا أَرَدْنَا أَن نُّهْلِكَ قَرْيَةً أَمَرْنَا مُتْرَفِيهَا فَفَسَقُواْ فِيهَا فَحَقَّ عَلَيْهَا الْقَوْلُ فَدَمَّرْنَاهَا تَدْمِيرًا Et quand Nous voulons sévir contre une cité, Nous donnons le pouvoir à ses “dilapideurs” qui dépassent les bornes et la Parole prononcée contre elle se réalise, et nous la détruisons entièrement.

La révolution de l’esprit sain est bien plus difficile à faire que les révoltes alimentaires. Que ce soit avec les Samiri ou les notables de firaoun, Israël est toujours là à veiller dans les ténèbres, prêt à reprendre la main si la révolution n’est qu’alimentaire. Et de ce qui plait aux peuples, Israël saura faire les veaux d’or qui donnent les faux espoirs. 17-16 souligne que la décadence d’un peuple résulte d’une prise de pouvoir par les dilapideurs.

Le prophète Muhammad, tout comme Moise, a du aussi patienter, avec des fidèles frôlant le désespoir (2-214), avant d’expurger de ses fidèles les Samiri et autres révolutionnaires alimentaires:

9-43 عَفَا اللّهُ عَنكَ لِمَ أَذِنتَ لَهُمْ حَتَّى يَتَبَيَّنَ لَكَ الَّذِينَ صَدَقُواْ وَتَعْلَمَ الْكَاذِبِينَ Allah te pardonne pour ce que tu les a laissé faire afin que tu puisses distinguer ceux qui disaient vrai et reconnaître les menteurs ?

A croire que c’est une étape nécessaire dans les révolutions non alimentaires. La sagesse d’un peuple (islam), tout comme celle d’un individu, est donc aussi probablement un processus de purification conscient sans “aajala” et non un déclic obtenu par une simple proclamation bâclée, que ce soit sous forme de shahada ou d’une simple ligne dans une “constitution”.

Mais un peuple qui apprend, même dans une certaine douleur, à se connaitre, à se rendre compte que faire allégeance à un passé proche ou lointain n’est pas la clé du succès, qui apprend ce que valent ces “oulémas”, qui comprend que Feraoun n’était que la face immergée de l’iceberg de la corruption et de la dictature et qui apprend à reconnaitre en son sein les samiris opportunistes qui étaient aussi opprimés est un peuple qui apprend beaucoup même s’il ne le sait pas. C’est un peuple qui devient mûr pour écouter ceux qui, éventuellement, le cas échéant, voudraient respecter une certaine alliance.