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La campagne Manich Msameh appelle à manifester de nouveau contre la loi sur la réconciliation économique et financière, discutée à partir d’aujourd’hui à la Commission de législation générale au parlement. Ce que les militants de Manich Msameh ont qualifié de « deuxième round », en référence à la campagne de septembre – octobre 2015, devrait commencer ce vendredi 15 juillet par une marche à partir de la place Mohamed Ali devant le siège de l’UGTT.

Lors d’une conférence de presse, tenue aujourd’hui, mercredi 13 juillet 2016, au siège du Syndicat des journalistes (SNJT), les militants de Manich Msameh rappellent que par le projet de loi sur la réconciliation économique et financière, le président de la République, Béji Caid Essebsi, « insiste à trahir les revendications et valeurs de la révolution ».

Wissem Seghair, annonce que cette semaine marquera une première étape de mobilisation contre le projet de loi. « Après la manifestation du vendredi, nous allons radicaliser le mouvement pour éradiquer toute tentative de protéger les corrompus du pays » promet-il. Lundi 11 juillet, Manich Msameh a envoyé une lettre aux 217 députés avec un argumentaire détaillé pour plaider le rejet du projet de loi. « Nous avons collecté tous les arguments juridiques, économiques et politiques qui montrent les défaillances de ce projet de loi. Nous avons lancé une pétition dans le parlement afin de bloquer le projet de loi. Et nous allons continuer l’action Wanted que nous avons commencé en mois de mai contre le retour des figures du régime déchu » explique Wissem Seghair.

Parmi les arguments les plus importants, Manich Msameh explique que le projet de loi sape tout le processus de la justice transitionnelle car il ne respecte pas les principes d’équité, de révélation de la vérité, du dédommagement et de sauvegarde de la mémoire nationale. Ce projet de loi est aussi contraire aux principes de la Constitution et aux conventions internationales que la Tunisie a signé. Sur le plan économique, Manich Msameh considère que le discours de la présidence de la République sur l’encouragement à l’investissement n’est qu’une promesse mensongère. En effet, en consacrant l’impunité des corrompus, ce projet de loi empoisonne l’atmosphère des affaires et ne stimule pas les investissements. De même, l’amnistie fiscale que promet le projet n’est autre chose qu’une invitation ouverte à l’évasion fiscale.

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Le 2ème round annoncé par Manich Msamah pourrait mobiliser un nombre plus important des acteurs de la société civile. Le vendredi 15 juillet, 24 associations nationales et sept organisations internationales organisent une conférence de presse, à Tunis, pour « exprimer ouvertement leur opposition catégorique au projet de loi sur la réconciliation économique ». Parmi ces associations, figurent le Forum tunisien des droits économiques et sociaux, l’association de défense des droits de l’Homme, l’Observatoire tunisien de l’indépendance de la justice et Bawssala. Parmi les ONG participantes, nous citons le Haut – Commissariat des droits de l’homme à l’ONU, Avocats sans frontières, Amnesty Internationale et le Centre international de la justice transitionnelle.

Hayfa Mansouri, militante de Manich Msameh affirme que « Si nous avons réussi, dans un premier round, à bloquer le projet de loi, aujourd’hui notre objectif est de le faire tomber, définitivement ». À la question de leur stratégie par rapport à la répression policière dont ils étaient victimes l’année dernière, les Manich Msameh affirment que leur « détermination ne sera qu’encore plus forte face aux barricades sécuritaires » pour respecter le droit à manifester.