Si la métaphore était moins dissonante, on pourrait présenter Awj comme un bilan clinique. Bien que les formules varient d’un âge à l’autre, les rétrospectives partagent avec les check-up la gestion du regard comme un capital santé. Awj, l’exposition de Nja Mahdaoui, ne déroge pas à cette règle. Organisant la mémoire visuelle d’une démarche sous-cutanée, qui aura mis le rouge au front un demi-siècle durant, de 1966 jusqu’en 2018, cette exposition ne suit pas l’évolution chronologique. S’étirant jusqu’à une poignée d’œuvres récentes, elle fait dialoguer des travaux de différentes périodes. Mis à part quelques pièces peu connues, notamment les photocollages qui n’ont eu droit qu’à une portion incongrue de l’exposition mais que l’on redécouvre avec curiosité, les must sont ici au rendez-vous. Si elle ne pèche pas par pléthore et accumulation, Awj pèche plutôt par emphase ; elle n’est pas sans mélange une fois passée la déférence un peu muséale de l’accrochage. Ce genre d’exposition apprenant peu ou beaucoup, cela importe peu puisque les jeux sont faits depuis longtemps. On en profitera pour dire quelques réserves, prises à la lettre.