Présentée à la Cité de la Culture le 31 mars, « Une modernité tunisienne » est la toute première exposition du Musée d’Art Moderne et Contemporain. Tout l’espace sent le neuf, et pourtant, c’est le vieux qui s’impose sous toutes ses formes. L’exposition avait déjà suscité quelques rires jaunes à son ouverture du fait de l’utilisation peu avisée d’une citation sur la modernité, attribuée au député européen d’extrême-droite Bruno Gollnisch, l’un des pontes les plus racistes du parti du Front National français. La citation a été retirée depuis, mais cette négligence est à l’image de toute l’exposition, qui a l’air d’avoir été préparée à la dernière minute. Son amateurisme saute aux yeux, ne serait-ce qu’à travers ses tableaux mal-conservés et les multiples erreurs d’inattention sur les panneaux. La galerie présente un assemblement hétéroclite de vitrines imprimées de textes anciens, de photos et d’objets d’archives. Cette série de thèmes vus et revus de l’histoire officielle de la Tunisie, racontée par le pouvoir sur lui-même, exacerbe jusqu’à l’épuisement le fétichisme moderniste. Si bien que le visiteur qui n’adhère pas à cette histoire, et qui pénètre les lieux sans grandes espérances, en sort tout de même accablé, épuisé par la platitude du propos.