Il n’y a pas de bruit à éteindre autour de Graines de pensée. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous nous trouvons là aux antipodes des expositions qui en mettent plein la vue. Les travaux que présente Farah Khelil méritent une attention particulière, tant sa démarche est d’une fécondité réflexive peu remarquée. Bien qu’il soit difficile de l’inscrire dans un champ référentiel précis, ce travail draine le spectre de l’expérimentation et la carte du concept. Entres les deux, l’artiste fait tenir quelques maillons d’une pensée plastique à l’œuvre. Il ne faut pas au spectateur des lunettes à verre cannelé : ces installations sont constituées autant de documents, objets, rebuts et éléments végétaux, que de diapositives ainsi que d’un format inédit de papier peint. On pourrait attendre de cette démarche une certaine cacophonie ; or il n’en est rien. Sans faire trop de potin, Farah Khelil place le spectateur non seulement face aux paradoxes de l’image, mais aussi devant une belle interrogation : comment soustraire la représentation à ses effets ?