Les instituts culturels français célèbrent « la Francophonie » tout au long du mois de mars. Cela a donné lieu au Forum de la Francophonie ainsi qu’un cycle de projections de films « francophones » à la Cinémathèque Tunisienne, soit des films non-français choisis et « adoubés » par la France comme « Francophones », selon le processus habituel de la politique de la « Francophonie »[1]. Cette célébration fait partie des préparatifs pour le sommet de la Francophonie qui se tiendra à Tunis à l’automne 2020. Ce sommet se tiendra dans un contexte de recul assez net de la francophonie en Tunisie, au profit d’autres langues étrangères, comme l’anglais. Dans un pays où le fait de parler le « français de France » a été un marqueur de classe puissant et où la question des langues est encore profondément chargée de problématiques identitaires, la « Francophonie » qu’Emmanuel Macron tente de dépoussiérer vient faire écho à une francophonie tunisienne en perte de vitesse.