Wael, Hamza, Hamma et Mouhib ont étudié ensemble et ont quitté l’école à l’âge de 12 ans. Ils sont tous originaires de Hay El-Fath,un quartier anarchique bâti en 2011 à Djebel Jelloud. Désormais, ils en ont 17. « Je travaille dans la peinture. Ça me permet d’être indépendant, de subvenir à mes besoins. J’ai quitté le collège juste après Wael », lance Hamza. Taciturne, Wael ne veut pas s’exprimer. Regard fixé au sol et bras croisés, il écoute les confessions de ses camarades de quartier. Il ne veut pas dévoiler les vraies raisons qui l’ont amené à abandonner l’école. « C’est parce que tu aspires à une vie meilleure que celle- ci », clame un trentenaire qui vit dans le même quartier, en interpelant Wael. « Je suis diplômé en maintenance industrielle, mais je travaille dans un autre domaine, celui de la peinture. Je me trouve dans une situation précaire », poursuit-il. Peu de modèles à suivre ici. La menace de l’échec plane sur le quartier.