Sans démentir nos prévisions, De la Guerre ne manquera peut-être pas à l’occasion de dérouter quelques uns. Au regard de l’état de santé du cinéma de Fadhel Jaziri, avec le goût de l’épate laissé par Thalathoun et Éclipses, l’idée de départ de ce troisième long-métrage n’est plutôt pas mal : sans la plier aux règles d’acier de l’adaptation, c’est une transposition de sa pièce Saheb Lahmar, qui trace une perspective oblique aux conflits d’aujourd’hui. Nettement moins dégrossi, ce film s’acquitte de sa conduite narrative en s’autorisant une suspension de l’espace-temps. Difficile pourtant, par-delà le programme si lisible du titre, de tolérer un point de vue aussi réactionnaire que la manière dont il télescope l’Histoire par-dessus la jambe. Aux abonnés absents, rien de tel qu’une guerre et des pets, et l’épopée de Fadhel Jaziri ne fait pas évoluer sa besogne d’un iota.