En 2016 nous avons écrit :

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de quémander encore et toujours plus de subsides auprès d’un Etat en quasi-faillite, mais d’exiger que les budgets existants soient gérés plus sainement. Les deniers publics destinés à l’édition doivent faire l’objet d’un contrôle accru, il y a péril en la demeure.

 Quatre ans plus tard la situation a empiré.

Nous avons entre-temps décidé de quitter l’Union des éditeurs (UET), ancienne et unique association du secteur, suite à des dysfonctionnements majeurs incompatibles avec le développement du secteur du livre tunisien, et créé la Fédération tunisienne des éditeurs (FTE), qui regroupe plus de vingt éditeurs tunisiens, dont des éditeurs « historiques » (Cérès éditions, Sud édition, Déméter…), et des plus récents, notamment des jeunes éditeurs nés après la révolution (Pop Libris, Zeyneb Edition, etc.). Notre diversité reflète le potentiel de richesses que recèle le secteur éditorial tunisien.

La FTE a rencontré dès sa création une forte résistance auprès des acteurs installés. Le « système » a résisté, des obstacles se sont multipliés, que nous sommes loin d’avoir dépassés. La Direction générale du Livre rechigne à nous associer aux réunions et aux commissions. De même, au Ministère, le chef du Cabinet ne nous a jamais accordé le rendez-vous demandé afin de solliciter une aide au fonctionnement de notre association.

La FTE est une ressource à la disposition du nouveau gouvernement.

Vous trouverez ci-après un rapport édifiant sur la situation devenue inquiétante de l’aide publique au livre, un état des lieux de la gestion des subventions publiques à l’édition et au livre tunisien qui, depuis des décennies, ne servent plus l’édition, ni le lecteur. Nos métiers sont sophistiqués et fragiles. La FTE apporte aux décideurs la voix de professionnels sérieux et intègres.

Nous appelons monsieur le Président du Gouvernement à choisir soigneusement le (ou la) prochain(e) ministre de la Culture, il aura -au moins dans le domaine de l’édition- à remettre à plat les structures peu efficaces et les procédures obsolètes d’une administration potentielle mais livrée à elle-même et aux opportunistes, et à restaurer le contrôle, défaillant, de l’Etat en matière de gestion des deniers publics. Une tâche difficile qui demande autorité, fermeté et détermination, et pour laquelle la FTE est prête à apporter soutien et conseil. C’est de la politique nationale du Livre qu’il s’agit.

L’Etat mobilise des ressources suffisantes à créer un tissu éditorial de qualité, varié, multilingue, créatif et dynamique qui servira le pays. Mais ces ressources sont dévoyées, mal gérées et n’ont pas donné le résultat escompté. Il y a urgence en la matière.

Cliquez ici pour télécharger et lire “L’État tunisien et le soutien au livre : (Dys)fonctionnements de la Politique du livre en Tunisie