Le pouvoir de la Fable est tout aussi grand que celui du Capital. Bien plus, c’est la Fable qui assure la légitimité du Capital. L’habit ne fait peut-être pas le moine, mais la Fable couvre le Capital d’un habit de sainteté… et de la même étoffe lui taille un tissu de mythes dont il fera son filet de sécurité quand il aura trop joué. Trop joué avec le feu. Trop joué avec la vie des gens. Trop joué comme un enfant trop gâté.

Samir Majoul a bien été gâté. Non par la nature! Père Bourdieu est bien là qui nous surveille! Mais gâté par l’hérédité d’une famille déjà membre de l’UTICA lors de la création de l’Etat sous cette forme qu’on connaît et d’un oncle déjà membre du premier conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie. Gâté par un Etat qui se soumet à ses désirs dès qu’il hausse le ton à la télé. Mais surtout, gâté par un univers médiatique qui lui ouvre ses tribunes dès que l’envie lui en prend. Univers médiatique qui ne lui oppose que compliments et caresses dans le sens du poil quand il se met à étaler son arrogance: Par une Mariem Belkadhi qui ne cesse de lui servir la soupe et par un Néji Zaïri au visage pâle qui tremblote à chaque question qu’il lui pose.

Majoul face à Neji Zairi sur Attessia

Non que je crie à la compromission des élites et en particulier du champ journalistique avec le Patron. Ce n’est même pas le terme qui reflète le mieux la “réalité” des choses. Déjà en 2000, le sociologue Alain Accardo se demandait : « Pourquoi le discours médiatique semble-t-il converger spontanément vers la légitimation de l’ordre établi et apporter ainsi une contribution indispensable à la pérennité du système social ? ». Question à laquelle il répondait par le fait que « Les financiers et les marchands qui ont fait main basse sur l’essentiel des médias n’ont pas besoin de dicter aux journalistes ce qu’ils ont à dire ou à montrer. Ils n’ont pas besoin de violenter leur conscience ni de les transformer en propagandistes. (…) Pour cela il faut et il suffit de confier les rênes du pouvoir journalistique dans les rédactions à des personnes qualifiées de « grands professionnels », ce qui veut dire en particulier qu’elles n’ont cessé de donner des gages de leur adhésion à une vision du monde dont elles partagent les croyances fondamentales avec leurs employeurs. Une fois les postes supérieurs d’encadrement occupés par des professionnels idéologiquement fiables, il n’y a plus qu’à laisser jouer le mécanisme de la cooptation, qui assure, là comme ailleurs, un recrutement évitant, dans la plupart des cas, de faire entrer des renards au poulailler et des hérétiques à la messe. »

L’objet de ce billet ne sera donc pas de “dénoncer” l’alliance des élites journalistiques et financières, dénonciation qui n’a cessé d’être faite dans les grandes largeurs surtout après la “libération/libéralisation” de la parole médiatique depuis bientôt dix ans. On ne s’étonnera donc plus de journalistes venant à la table du Patron sans connaître les chiffres, sans un minimum de données sur les états financiers des grands groupes ou encore sans s’armer de questions véritablement pertinentes qui puissent un tant soit peu gêner le Patron. On se “contentera” donc ici de passer en revue les mythes que le Patron lui-même a étalé sur la table. Ces mythes qui font la Fable du Capital seul créateur de richesses, garant du bien-être général et sans qui nous serions encore à l’âge de pierre.

Bien entendu, on ne fera pas ici la critique du Capital “en général” mais on se restreindra à l’analyse de notre Capital à nous, ce Capital supposé porter l’étendard tunisien. A regret, on mettra de côté la grille de lecture marxiste/marxienne et on opérera de l’intérieur même du modèle qu’il nous vante. Donc à partir des chiffres qu’ils mettent eux-mêmes en avant et de leurs propres catégories de pensée: Richesse, investissement, innovation… etc.

Le Capital toujours ruiné par l’état

Tout commence par un cri. Du cœur? On ne le saura jamais! « On nous a ruinés! ». Qui ça? L’Etat bien sûr! Et les politiques aussi! “Fallsouna!” “Aarrawna!!”. Tout cela pourquoi? Parce qu’on a demandé une contribution financière à nos “bourgeois”. Avec insistance même dit-on. On ne parle pas bien sûr d’une taxe qu’aurait imposée Fakhfakh sur les grandes fortunes ou les grands capitaux. Imaginez l’état de Majoul dans ce cas! De plus, certains chroniqueurs, et pas des moindres, ont osé fustiger l’absence de notre Capital National dans l’effort collectif contre le Corona.

Ruinés? Vraiment?

Précisons d’abord les ordres de grandeurs pour une meilleure lecture des chiffres qui vont suivre; Le budget de l’Etat pour l’année 2019 s’élève à environ 40.000 Millions de Dinars (MD) et le PIB à 120.000 MD.[1]

On aimerait bien être aussi ruinés que nos grands patrons! Rien qu’en 2019, l’ensemble des sociétés cotées à la bourse de Tunis ont réalisé un Chiffre d’Affaires (CA) cumulé de 18000 MD, soit près du septième du PIB, les résultats des dix plus grands groupes tunisiens montrent une croissance du CA plutôt indécente pour des entreprises qui se disent ruinées (C’est le Patron qui le dit). Les entreprises de grande distribution engrangeant des bénéfices nets de l’ordre de 50 MD[2]. Les opérateurs de télécom cumulent un CA de 2892 MD. etc[3].

Ruinés par les taxes et les contributions sociales? D’après une étude d’Al Bawsala, les avantages fiscaux accordés par l’état -majoritairement aux entreprises du secteur privé- s’élèvent annuellement à 2700 MD. En outre, les dettes du secteur privé envers les caisses de sécurité sociale s’élèvent en 2019 à 4000 MD.

Ruinés… Ah ces Pauvres Riches…

Le capital qui crée la richesse/rapporte des devises

Deuxième mythe largement épuisé et répété toutes les cinq minutes par le Patron: celui du capital créateur de richesses. Sans eux, le pays serait perdu et l’Etat n’aura pas les devises nécessaires pour s’acheter quoi que ce soit de l’extérieur. Sans eux, ni croissance, ni smartphones ni voitures pour la classe moyenne! Sans eux, nous serions condamnés à une vie bureaucratique de privations et de files d’attente à la soviétique.

Sans aller jusqu’à appeler la grille d’analyse marxiste/marxienne à la barre pour témoigner que ce sont bien les travailleurs qui créent la richesse et que ces patrons ne font que mettre la plus-value dans leur poche, un simple coup d’œil sur les chiffres suffit. La balance des paiements de l’année 2018 nous informe par exemple que les trois quarts[4] de nos exportations (environ 40.000 MD) se font suivant le régime off-shore. Ce qui reste à nos valeureux patrons? Quelques 4000 MD pour le tourisme et des miettes de tomates mises en conserves faisant office d’industrie agro-alimentaire. L’huile d’olive, les agrumes, les dattes, les phosphates et les revenus du travail de nos expatriés faisant le nécessaire pour sauver la balance des paiements à hauteur de 10.000 MD annuels environ (Les échanges commerciaux de la Tunisie s’élevant à environ 60.000 MD en 2018).

En outre, dans ce même chapitre, la Tunisie est le premier pays arabe -Tenez-vous bien!- en termes de flux financiers illicites sur la période 2008-2015 (On ne pourra pas accuser l’ancien régime pour le coup!). On ne parle pas de l’économie informelle, mais bien des échanges commerciaux bien officiels et passant par les détecteurs de la Banque centrale! Ces flux illicites représentent 16% du commerce extérieur hors produits pétroliers. De quoi couvrir allégrement le service de la dette extérieure par exemple. A défaut de cerveaux, ce sont nos capitaux qui prennent la mer. Voire l’océan. Bien sûr, aucun lien avec les Bouchamaoui au Panama (Papers).

On ne s’étendra pas plus que cela sur les comptes en Suisse de quelques grands noms du patronat.

Enfin, quelle contribution fiscale de nos patrons au budget de l’Etat? La loi de finances de l’année 2020 est sans appel: Les impôts sur les salaires des personnes physiques sont estimés à 9651 MD. Ceux sur les sociétés à 4011 MD. Moins de la moitié. Le Patron aura beau dire que pour les salariés du privé, ce sont les sociétés qui paient les impôts. Erreur ou mystification… Non! Ces impôts sont déduits du salaire brut du travailleur. Son salaire. Son dû.

Le capital qui investit

Un autre mythe qui fait le bonheur des amateurs de success stories est celui du capital qui ose! Le mythe de l’investisseur-capitaine-d’industrie qui prend des risques. Sauf que dans la division internationale du travail, le rôle imparti à la caste qui fait office de bourgeoisie nationale est celui, au mieux de sous-traitant pour les grandes multinationales, sinon de simples pourvoyeurs en matières premières et de produits semi-finis. Ou très souvent de simples représentants locaux de franchises. Et en termes d’innovation, on en est encore réduit à la portion congrue de tomates mises en conserves.

D’ailleurs, ces mêmes grands patrons qui se plaignent du secteur dit “informel” et du commerce prétendument “parallèle” sont en train de se tourner de plus en plus vers le marché lucratif des franchises et de l’importation, mettant à mal l’industrie locale. La Fédération Nationale du Textile (FENATEX) a même claqué la porte de l’UTICA en 2017, abandonnée à son sort par la direction de l’organisation patronale et de certains grands barons à l’origine de la venue des franchises de l’habillement (LC Waikiki, Tati, Kiabi, H&M…).

Le Grand Patron n’a pas aussi cessé de fustiger le monopole de l’Etat dans certains secteurs et d’appeler à “LIBEREEEER LES ENERGIIIIIIIIES”. Il a entre autres cité l’exemple du monopole de l’état dans le secteur céréalier qui aurait été la cause de la “crise d’abondance” qui nous a frappés l’été dernier. Mal lui a pris! En effet, dans un article sur la “crise d’abondance” survenue l’été dernier, Nada Trigui a démontré que c’est la privatisation de l’activité de collecte des céréales qui en a été à l’origine. Le secteur a été ouvert aux privés depuis 2005, notamment en ce qui concerne la collecte. L’Etat couvrait toutes les régions, même dont la production est imprévisible. Puis vinrent “Les capitaines d’industrie”, les centres de collecte les moins rentables ont fermé. Les centres restants étant dans les zones côtières et n’ayant pas compensé par un investissement dans le transport, on s’est retrouvé avec une récolte exceptionnelle emportée par le vent et gâchée par la pluie.

Imaginons si l’Etat lui cède sur son caprice d’ouvrir le secteur à l’importation. Gageons que nos agriculteurs ne seraient pas mieux lotis que l’industrie textile.

On aura aussi la prudence de ne pas leur octroyer le monopole de nos médicaments. On n’oublie pas qu’il y a à peine un an, le ministère de la Santé a retiré du marché plusieurs marques d’immunosuppresseurs produits par plusieurs laboratoires dont Tahapharma et qui ont provoqué des effets désastreux sur la santé de patients ayant subi des greffes, dont Lina Ben Mhenni qui en est décédée une année plus tard. Ce même labo fait maintenant le forcing pour produire la Chloroquine via une campagne médiatique agressive sur les différents plateaux télé. Tout cela pour le bien des Tunisiens bien sûr.

Courageux et innovants, vous avez dit?

Le capital qui gère mieux ses entreprises que le secteur public

Dernier grand mythe invoqué par le Patron: le privé, ça gère mieux que l’Etat. Aux questions posées par Néji Zaïri sur la contribution du privé, il lui renvoie les mêmes questions sur les entreprises publiques, pointant du doigt le déséquilibre de leurs bilans.

On passera outre le fait que ces entreprises publiques, bien que “entreprises”, elles sont avant tout d’utilité publique. Que le Transport, l’Eau, l’Électricité,… n’ont pas vocation à dégager des bénéfices. Que leurs résultats financiers négatifs sont le résultat du désengagement forcé de l’Etat. Que partout dans le monde où ces entreprises ont été privatisées, les résultats financiers ont certes été “améliorés”, mais les services en eux-mêmes détruits tout en s’accompagnant d’une hausse des prix.

Par contre, on pourra se délecter de l’intervention de la PDG de La Badira. Voilà un secteur qui n’a cessé d’être soutenu, voire dopé par l’Etat. Dernière opération de sauvetage en date, juillet 2015: reports de paiement de crédits, octroi de nouveaux crédits, baisse de la TVA de 12% à 8%, prise en charge des cotisations sociales… Depuis, le secteur a bénéficié d’une conjoncture favorable et d’un regain d’attrait de la destination Tunisie. Résultat de la bonne gestion du privé: Ce “fleuron” de l’hôtellerie tunisienne n’est pas capable de tenir un mois.

Mais le comble du cynisme et du déshonneur a sans doute été atteint par le président de la chambre syndicale des cliniques privées qui, après avoir déclaré qu’elles étaient disposées à contribuer à l’effort collectif contre le coronavirus, se rétractent dix jours plus en annonçant que le coût d’hospitalisation d’un patient en soins intensifs -Hors frais d’hôtellerie s’il vous plait!- s’élève à 3000 dinars par jour. Eux aussi ont des difficultés financières. Eux aussi ne sont pas capables de tenir un mois. Ou bien veulent leur part de la charogne.

Heureusement que l’hôpital public est encore là.

Et comment expliquer sinon aussi les sorties répétées du Patron criant à la ruine après des années de calme relatif, de croissance correcte et d’absence de conflits sociaux? S’ils sont déjà ruinés et en crise avant le début de la crise du coronavirus, nous sommes aussi en droit de questionner leur fameux savoir-faire en matière de gestion.

Ah les patrons du privé… Ces merveilleux gestionnaires!!

Conclusion:

Bien entendu, on ne niera pas les déboires que vont rencontrer les PME en ces temps de confinement et d’arrêt de l’activité. Celles-ci forment la majeure partie du tissu économique. Il est tout à fait légitime que l’Etat intervienne pour les soutenir. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Ou plutôt, c’est l’otage pris par les gros et tenu en bouclier pour justifier leur éternelle voracité: Faire des dons, oui, mais déductibles d’impôts! Ou bien on paie les travailleurs, ou bien on paie l’Etat, pas les deux!

D’ailleurs, une constante du discours du Patron est de mettre en opposition l’Etat et l’intérêt des gens. Serait-il anarchiste? Evidemment, non! Il n’a jamais appelé à refuser les garanties bancaires par exemple. Il ne s’est jamais offusqué de la recapitalisation des banques par l’état. Il n’a jamais levé le petit doigt contre les facilitations offertes aux sociétés dites exportatrices. On l’imagine même heureux à chaque franchise octroyée à lui ou à un ami!

C’est donc un Capital qui n’est jamais mécontent quand c’est lui qui profite des largesses de l’Etat. Un Capital qui ne fait jamais “l’effort de trop”. Mais ça hurle dès qu’on lui demande de mettre la main à la poche pour le bien commun. Un capital qui parle “Investissement et Innovation” mais qui agit “Business is Business”. Aux temps du Virus, la Nation se retrouve ainsi avec une Caste Parasite[5] sur le dos, suçant richesses, femmes et hommes jusqu’à la moelle. Et comme tout Parasite, ils n’abandonneront leur hôte qu’une fois mort.

Et ce n’est pas qu’une figure de style: Plusieurs entreprises ne faisant pas partie des secteurs dits vitaux obligent leurs employés à aller travailler même en temps de confinement, les menaçant de licenciement ou bien de non paiement de salaires. Une page FB Balance ton Covid Patronal/إفضح العرف essaie de recenser ces dépassements et on en voit de toutes les couleurs. Menaces, incitation à la délation, période de confinement comptée comme congés payés avec non paiement des personnes qui ont épuisés leurs congés réglementaires… Ces êtres humains (que le Patron appelle “MON capital humain”) mis en danger chaque jour et créant le risque d’une accélération de la propagation du virus par de nouveaux foyers de contamination ne font apparemment pas partie de la Nation qu’il se vante de servir.

C’est un capital qui a les mains libres pour faire ce que bon lui semble. On ne croira donc pas à ses attaques contre les politiques et les politiciens qui ont tenu le pays depuis 2011. Ou alors on aura du mal à comprendre les campagnes électorales mirobolantes financées par différentes franges du Capital. On aura du mal à comprendre des Charfeddine et des Elloumi dans les arcanes des partis au pouvoir. On aura du mal à comprendre l’origine des financements qui ont fait le bonheur des compagnies de marketing lors de la guerre fratricide Chahed-Zbidi.

D’ailleurs, dans ses deux interventions, c’est un programme politique que le Patron expose. Le programme immédiat des six prochains mois (Et d’ailleurs, pourquoi six mois d’emblée?) et un programme de libéralisation à long terme. Avec ce qui s’en suivra de privatisations, d’entrées de capitaux étrangers au titre d’Investissement Directs Étrangers facilitant encore plus la fuite de devises. Et avec ce qui s’en suivra de vies détruites surtout si le secteur agricole est mis dans la balance et encore plus de détérioration de services publics. Et des gains toujours plus faciles pour ces marins d’eau douce se donnant le titre pompeux de capitaines d’industrie.

Profiter de la crise autant que possible: Voici leur programme! Les vies humaines ne sont que des variables d’ajustement. Alors, que faire? La raison commande de ne pas céder à leur chantage. Et ne pas hésiter à mettre la main dans leurs poches. Ils sont illégitimes à prétendre occuper la place d’une véritable “bourgeoisie nationale”. Leur activité, pire que ne créant pas de réelle richesse, est une activité parasite. Ils ne tiennent que par les fils de plus en plus ténus de la Fable. Alors, entendre le Patron hurler à la pré-nationalisation est à se tordre de rire: Il n’y a rien de consistant à nationaliser. Ou si: leurs comptes en banque.

Notes

  1. Et pour encore plus simplifier la lecture, tous les chiffres sont arrondis. Monoprix 1,35 MD; Magasin Général 11,5 MD; Carrefour 38,5 MD environ.
  2. Nous aurions bien aimé avoir l’ensemble des chiffres de tous les groupes ainsi que les différents indicateurs. Hélas! Seuls les entreprises côtés en bourse ont l’obligation de publier leurs rapports. Si certains chiffres sont manquants ou incomplets, on ne peut en tenir grief qu’aux entreprises elles-mêmes. Nous ne demandons que la transparence!
  3. Lire le tableau en page 22 de la Balance des Paiements 2018 (Rapport de la banque centrale)
  4. Bien entendu, l’auteur de ces lignes ne croit pas à l’existence d’un capital qui ne soit pas parasite i.e. qui ne vive pas sur le dos des gens tout en s’attribuant tout le mérite de leur semblant de bien être, mais ceci n’est pas l’objet de ce billet.