Ce qui est jugé: laid, tabou, interdit, « hram », honteux, est dans Nouba 2: beau, brave, chagrin, humain. Nouba 2 bouleverse les stéréotypes et permet à certaines identités souvent cachées et peu représentées, d’avoir une présence marquante à la télé. En effet, ces personnages si différents et pourtant si Tunisiens, arrivent chez le téléspectateur, ébranlent le confort traditionnel qui lie le Tunisien aux feuilletons ramadanesques, et lui présentent un Tunis vibrant et multicolore, marqué par la Différence. Il y a d’abord Dandy, puis la mère de Meher, divorcée et sur le point de se remarier, Meher dans son fauteuil roulant, Habiba et son bébé, Farah, Wassila : une panoplie de femmes fortes qui se pavanent (et se déhanchent, même) fièrement dans les ruelles escarpées de la Médina. Et puis il y a les autres, les visages du crime et de l’intolérance, et leurs victimes : Bringa et Bradaris, Najoua et Essia… etc.