Moez El Bey

Vendredi 24 décembre à dix neuf heures, Moazz El Bey était l’invité d’une émission de Radio Kalima en partenariat avec Radio Galère (Marseille, 88.4). Il y intervenait en direct depuis son domicile en Tunisie. Au bout de quelques minute d’émission et alors qu’il informait et commentait les événements survenus le jour même dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, et plus particulièrement à Menzel Bouzaiene, où un jeune homme avait succombé sous les tirs de la police lors d’une manifestation quelques heures plus tôt, les auditeurs ont pu entendre des coups frappés à la porte du domicile de Moazz El Bey, des cris, puis plus rien, la ligne lui ayant été coupée.

Moazz El Bey a été agressé violemment par des habitants de son quartier à l’instigation de la police politique, qui empêche les journalistes par ce procédé de couvrir les manifestations dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.

Le 17 décembre, Zouhaeir Makhlouf, journaliste pour le site en ligne assabilonline (www.assabilonline.net), avait été agressé par des policiers en civil devant son domicile (http://fr.rsf.org/tunisie-zouheir-makhlouf-passe-a-tabac-par-20-12-2010,39098.html). Depuis le 19 décembre, de nombreux journalistes indépendants ont été placés sous une surveillance policière permanente, avec interdiction de quitter leur ville de résidence. Ismaïl Dbara, correspondant de http://www.elaph.com, a également été visé. Nizar Ben Hassen, correspondant de Radio Kalima, a
été poursuivi par trois voitures de police banalisées stationnées aux accès de son domicile à Chebba. Il lui a été interdit de se rendre à Sidi Bouzid en vue de couvrir les émeutes. Le 20 décembre, Moez El Bey a été intimidé par la police après avoir recueilli le témoignage d’une personne blessée au cours des émeutes et admise en urgence à l’hôpital de Sfax pour des soins aux yeux. Le journaliste a été conduit au poste de police de l’hôpital où il a subi une fouille corporelle humiliante. Les enregistrements ont été effacés, et la carte mémoire de son appareil photo confisquée. Il a été menacé de représailles s’il continue à couvrir les évènements.

Informations recueillis par Luiza Toscane