Ministre des affaires étrangères tunisien, Mohamed Ounaies. AFP

Comme tous les tunisiens, et oui monsieur, je vous dit TOUS les tunisiens qui vous ont vus sur Nessma TV ou très vite sur Youtube, Facebook et autres médias; nous avons été ébahis par vos propos, votre discours et le fondement même de votre présence dans Notre Gouvernement!

Nous avons vu et entendu un ministre des affaires étrangères supposé parler en notre nom, nous représentant nous et nos valeurs pour lesquelles des jeunes de toute la Tunisie sont tombés par les balles d’un régime que vous êtes venu défendre en public.

Vous avez refusé d’appeler notre révolution comme telle, et je ne comprends tout simplement pas comment vous avez pu être dans cette fonction. Nous jeunes qui ont chassé le tyran, refusons que vous représentez notre peuple si vous ne croyez même pas que ces jeunes martyrs sont autre chose que des martyrs pour NOTRE LIBERTÉ a tous. Ce sont les martyrs de la Tunisie monsieur, et vous n’avez absolument pas le droit d’utiliser un autre nom pour qualifier ces héros, tout en commençant par Mohamed Bouzizi que la paix repose sur son âme a lui a tous les autres.

Aussi, vous n’avez pas le droit de sourire et dire tant de bien de la ministre des affaires étrangères de la France, Michelle Ailliot-Marie. Comment osez vous dire d’elle et de la classe politique française actuelle tant de bien et leur faire tant de compliments au moment ou des livraisons de “savoir-faire” français en matière de sécurité allait nourrir les forces du mal et OPPRIMER TON PEUPLE.

MAM peut raconter ce qu’elle veut, mais tant de tunisiens et de français ont vus et lus. Moi simple internaute j’ai vu les vidéos de cette livraison sur internet, vivre la technologie (Chose dont vous vieux politiciens ne comprennent toujours pas : comment il est devenu impossible de mentir, ou du moins il est impossible de ne pas être démasqué avec le temps) . Nous avons vu les bombes lacrymogènes dans les conteneurs. Nous avons vu les dates et les autorisations de cargaison. Nous avons vu les dates et l’adresse du destinataire.

Tant d’hommes politiques en France ont exprimé publiquement leur dégoût et mépris pour les choix de leur gouvernement envers la révolution tunisienne. Et je comprends très bien que les français se sentent embarrassés par la lâcheté de leur gouvernement envers un pays qui de facto un peu la France, sous le plus lâche des prétextes qui est la peur de l’ingérence, chose que la France n’a jamais arrêté de faire depuis plus de deux siècles.

Tout ceci pour en venir a cette petite question qui résumerait le choc du peuple à vous entendre : Comment vous, qui nous représente, peuple tunisien, avez vu pu nous trahir aussi ouvertement?

Si vous voulez plaire a la France, c’est bien, mais pas en faisant parti de notre gouvernement.

Il y a des petites choses qui ont changé monsieur le ministre. Nous ne sommes plus les même du temps de Bourguiba. Nous sommes les petits-fils de ces gens, et nous sommes très bien renseignés. Nous sommes des millions à avoir appris et voyage et compris comment les pays fonctionnent. Vous êtes tenu de nous rendre des comptes. Vous êtes tenu de parler en notre nom même si vous êtes en désaccord avec ce que vous dites. Vous êtes tenus de respecter les martyrs et non les victimes qui sont tombées et qui vous ont permis d’être la ou vous êtes maintenant.

Sachez monsieur que vous ne plaisez pas aux jeunes. Sachez que le bon coté lorsque 44,9% des diplômés universitaires sont au chômage est que dorénavant vous aurez des millions qui n’ont rien a faire de leur journées que d’avoir l’œil sur son gouvernement.

Ce matin vous aurez sûrement un échantillon de ces jeunes devant votre ministère, pour vous rappeler votre incompréhension de cette jeunesse qui vous dépasse et surpasse. Je me sens désespère de voir que un grand pays comme la Tunisie n’a trouvé de mieux de représenter le meilleur de ce qu’elle a, sa jeunesse, avec votre personnage qui n’a rien compris des jeunes et de leur ère.

Dernier conseil monsieur le ministre, écoutez les jeunes et demander leur conseil. La vie a changé, et de nos jours il est plus sage de demander conseil à ses enfants et ses petits enfants que l’inverse.

Motaz Dlimi