Sortant du Tunnel, la Tunisie d’aujourd’hui doit trouver son chemin vers un avenir prospère. Si le renversement de l’ancien régime s’était effectué d’une manière aussi spectaculaire que rapide grâce au courage du peuple tunisien, les défis à venir sont multiples et nécessitent une longue réflexion et un travail de longue haleine.

Tout le monde crie à la démocratie comme s’il s’agissait d’appuyer sur un bouton ON/OFF sans se poser la question pourquoi étions nous sous une dictature durant ces 50 dernières années. Les raisons sont pourtant simples à identifier : des difficultés économiques et un niveau d’éducation, dans son sens assez large, assez médiocre dans sa globalité. Malheureusement, ces derniers ingrédients sont encore présents dans notre société et le remède nécessite beaucoup de temps. Maitriser le proxy, Facebook ou Twitter ne signifie pas qu’on réfléchie d’une manière saine et logique.

La corruption, entre autre, est institutionnalisée en Tunisie et n’épargne ni santé ni éducation, et est devenue systématique. Elle est ignoble et le faible revenu n’est en aucun cas une excuse ni une justification. Ne me dite pas qu’un tel ou tel professeur ou médecin verse une commission au clan Trabelsi sur chaque pot de vin. Soyons honnêtes, ‘ l’élite ’ de la société, et je parle des l’ancien régime, est d’une certaine façon l’image de la société qu’elle ‘dirige’ ou ‘exploite’ plus proprement parler. Tous cela pour dire qu’il est inutile d’aller attaquer l’autre et dire que si nous somme dans la merde c’est de la faute de Ben Ali, des Trabelsi et du RCD. Cela n’écarte pas bien entendu le fait qu’on les poursuit en justice et qu’on leur confisque tout leur biens, mais ce n’est pas l’essentiel.

La situation actuelle de la Tunisie me rappelle les mauvais films westerns Américains avec John Wayne, pas les spaghettis car j’adore, ou le monde se divise en deux : les bons et les méchants. Le Peuple est bon, la police et le RCD sont des méchants et l’heure est au règlement des comptes. Contrairement aux westerns, la fin d’un tel scenario, n’est pas toujours glorieuse, car tout simplement, l’être humain n’est jamais bon ni mauvais, il est quelque part dans le spectre. C’est ici qu’intervient l’état de la justice, c’est à elle de trancher. Malheureusement, les derniers événements qui se sont produits en Tunisie ou les gens font eux même justice et les employés virent le directeur aussi corrompu soit-il ne vont pas dans le bon sens. Bientôt les élèves vont virer leur professeurs et les enfants leurs parents. C’est devenu l’armée mexicaine, tout le monde y est chef.

Regardons donc vers l’avenir et comment nous pouvons préparer un meilleur terrain pour les générations à venir. Les défis à lever sont alors majeurs :

  • Des difficultés économiques augmentées par la faiblesse des ressources naturelles.
  • Un système éducatif à repenser avec comme priorité de former un bon citoyen qui connait son histoire et capable d’identifier son avenir, de s’exprime d’une manière cohérente et se pose la question de ce qu’il y a derrière les étoiles (fini le: mon fils a eu 17 de moyenne avec 18.25 en mathématique, c’est un vrai génie !)
  • Un changement climatique qui commence à se faire sentir dans certaines régions.
  • Une mondialisation, via ses instruments tels que le FMI, qui laisse peu de marge de développement aux petits pays comme la Tunisie en l’absence d’un pôle économique et régional avec un fort pouvoir de négociation tel que le Maghreb unis.
  • Toutefois la Tunisie dispose d’atouts majeurs que nous devons exploiter :

  • Notre histoire est riche et nous avons une civilisation dernière nous.
  • Un tissu social et familial relativement solide, même si la tendance n’est pas jolie à voir.
  • Notre situation géographique est assez favorable, pouvant jouer le rôle d’un pont entre le nord et le sud.
  • Une élite intellectuelle et une diaspora qui peuvent apporter un vrai soutien.
  • Ne tombons pas dans le piège de vouloir copier l’occident, choses que nos hommes politiques, universitaires maitrisent bien, collaborons avec eux mais d’égal à égal. Le modèle de développement occidental commence à montrer ses limites: une qualité de vie dégradée, une absence totale de cohésion social, montée de extrémisme dans tout ses aspects. Ayons comme but le développement et non la croissance, le bien être qui ne passe pas via la consommation et une société ayant des liens humains et familiaux.

    Attaquons nous aux racines de la dictature (pauvreté + déficit intellectuel), car cette dernière peut revenir à n’importe quel moment et avec un autre visage, ce n’est pas une question d’individu ou de parti politique.

    Nous avons en Tunisie la possibilité d’établir un nouveau modèle de société qui a besoin d’être réfléchi et bâti sur des idées nouvelles. La balle est dans notre camp.

    Ridha