Par Amjad Zed,

Le fou sanguinaire qui, sentant sa chute inéluctable, prochaine, agite depuis deux jours, le spectre la scission du pays, trahit en fait ses intimes pensées, lui qui a habitué le monde entier à l’étalage de son vide intérieur, sans aucune retenue, comme aujourd’hui il exhibe sa haine.

Il est relayé en cela pas son fils féodal, ses serviteurs et ses sbires.

Mais voilà que les charognards de la mondialisation et des multinationales se mettent à rêver tout haut, eux qui, avec la complicité criminelle des Fossoyeurs soudanais ont réussi, au-delà de leurs funestes espérances, de dépecer le Soudan, pour appauvrir et dominer et son Sud et son Nord. Eux qui ont conduit l’Irak à l’état lamentable que tout le monde voit et déplore.

En plus des stratèges en dépeçage, de doctes savants, rappellent qu’en Libye, l’Est n’est pas l’Ouest, insistent sournoisement sur la population clairsemée sur ce “très vaste territoire”, sur les fabuleuses richesses, s’arrêtent longuement sur “la société tribale”, le poids des tribus…

Les mieux-disants parmi eux, observent que la Cérynaïque est tourné vers l’Egypte, la Tripolitaine vers la Tunisie. M. Adler, sur les ondes de France culture de ce matin croit rappeler que l’union de ces deux provinces a été réalisée par les Italiens au début du siècle précédent. C’est un peu rapide tout de même ; c’est peut-être dû à l’accélération des événements qui ne laisse guère de temps aux vérifications nécessaires. Les Ottomans, dont M.

Adler -qui fut turcophile- connaît aussi l’histoire, avaient conjoint ses deux provinces depuis quelques siècles. Il ignore peut-être que la Cérénaïque avait un autre nom : Barqa. Ce n’est pas qu’un détail, l’unité est ancienne entre les trois provinces, car on oublie le Fezzan, toujours le manque de temps. Cette unité est plus ancienne en tous cas que celle entre la Savoie à la France, pour ne citer que ce cas.

Mais l’urgence n’est pas de leur répondre. Elle est de faire démentir le Boucher de Tripoli qui rêve de rester au pouvoir coûte que coûte, au prix même de faire assassiner tout un peuple, de voir le pays éclater non pas en deux mais en mille morceaux, ces deux provinces plus le Fezzan. Il se verrait bien despote sur la Tripolitaine, sur la seule Tripoli. Ce malade moyenâgeux se contenterait de la caserne de Bâb Al-Azîziyya.

Si l’Occident traîne les pieds pour condamner et non pas que du bout des lèvres pour prendre des mesures simples mais efficaces, de couper les vivres à Kadhafi Ce n’est peut-être pas à cause des seules menaces de ce dernier de submerger l’Europe par des vagues d’immigrés.

Ce n’et peut-être pas seulement à cause du discours éculé de tous les despotes que tient aujourd’hui Kadhafi : c’est moi ou le chaos, c’est moi où les islamistes.

La raison que l’on invoque, que l’on a invoquée pour la Tunisie, pour l’Égypte, que Kadhafi étaye et développe et qui consiste à agiter les fantômes d’une colonisation nouvelle ne convainc plus personne.

La partition arrangerait beaucoup d’intérêts de nombreuses puissances qui voudraient exploiter tranquille. Le pétrole, le gaz et les gens. Comme au Soudan. Comme en Irak, comme un peu partout dans le monde.

Il ne faut certes pas dissimuler les dangers de l’organisation du pays en confédérations tribales. Elle pourrait se révéler en redoutable obstacle surtout que le machiavélisme du Grand Sanguinaire a joué sur cette sociologie et l’a consolidée. La rente pétrolière et gazière qui n’a pas servi à édifier des institutions, n’a pas construit d’hôpitaux, ni d’universités, a servi en partie à maintenir des rivalités, à installer des méfiances.

Fort heureusement de plus en plus de confédérations se désolidarisent de ce régime.

Fort heureusement Tobrouk, Benghazi, Misrâtah, Tripoli démontrent chaque jour l’unité de ce peuple et disent sa détermination d’en finir avec la dictature de Kaddâf ad-Dam. Cet instant de vérité devrait porter encore plus loin l’entente et la cohésion.

Les démissions qui se succèdent à un rythme soutenu au plus haut de l’échelle des dirigeants ne se font pas au nom d’appartenance tribale mais par solidarité avec le peuple.

Cela devrait inviter l’Égypte et la Tunisie qui, eux-mêmes se libèrent, d’intervenir rapidement de porter secours et assistance au peuple libyen qui, déjà, se libère. C’est une urgence et un devoir sacré pour tous les peuples de la région, pour l’humanité entière.

Après, les peuples libres, lassés par les discours de Tartuffe sur l’Unité Arabe, pourront décider démocratiquement l’édification des Etats-Unis du Monde Arabe.