Par Mondher Hamdi.

C’est vraiment étonnant de se prévaloir de la révolution que les jeunes ont mené pour protester contre l’exclusion et d’invoquer cette même révolution pour décider de l’exclusion d’une partie des citoyens tunisiens de n’importe quel processus concernant l’intérêt national ! Et qui en a décidé ? un comité dont les membres ne peuvent prétendre à aucune légitimité.

Nos «jurisconsultes» défendant cette position avec à leur tête le Président professeur Iyadh BEN ACHOUR nous ont enseigné que seule une décision de justice peut priver un citoyen de ses droits. Pourquoi, dans ces conditions veulent-ils pousser un Président intérimaire à signer un texte si injuste ?

Ce faisant, ils ne sont pas si différents dans leur démarche des dirigeants du régime déchu qui considéraient que le peuple tunisien n’était pas suffisamment mur pour exercer ses droits et libertés et pour lui confisquer l’essentiel de ses prérogatives.

Autrement, comment expliquer que les membres de comité croient les électeurs pourraient avoir si peu de jugement pour voter en faveur d’ex-membres du RCD dissous qui sont suffisamment connus dans leurs fiefs. Si les électeurs accordent leurs voix à un candidat quel qu’il soit c’est qu’ils lui accordent un préjugé favorable s’ils ne lui font pas confiance. Dans ces conditions, s’ils votent pour un ex-membre du parti dissous, ce serait à mon avis parce qu’ils ne font pas d’amalgame et savent rester fidèles à un homme/femme politique qui a servi sa circonscription sans forcément se laisser corrompre par l’ex-régime en place.

Et puis, pourquoi ce système de listes ? Ceux qui le défendent veulent nécessairement favoriser les partis les mieux implantés. Et il n’est pas à chercher longtemps pour comprendre quel parti en sera le plus grand bénéficiaire.

C’est pourquoi j’appelle à une mobilisation pour faire réviser ce système afin de permettre à des personnalité s régionales de se présenter en dehors des partis.

En plus de la parité hommes-femmes qui aura été la principale inspiration du comité, il faut trouver le moyen d’assurer une représentation suffisante des jeunes.

Mondher HAMDI
Fonctionnaire
Tunis