http://www.youtube.com/watch?v=2mAL55Je_OI

 

Après les 23 ans du règne d’un Ben Ali qui s’est servi des forces de l’ordre comme des hommes de main au service d’une mafia, l’une des tâches les plus urgentes fut de restaurer cette image de voyous que certains éléments de la police nationale, au comportement indigne de l’uniforme qu’ils portent, ont pu donner aux agents du ministère de l’Intérieur. La transition d’une police qui obéissait aux instructions (taâlimat) d’un chef de gang vers une police républicaine qui obéit à la loi fut certainement la tâche la plus urgente qui était échue tant au gouvernement qu’au ministre de l’Intérieur plus particulièrement.

Parce qu’ils portaient justement les uniformes de cette police, les auteurs des violences ignobles à l’encontre des citoyens et des journalistes ont commis, le 6 mai 2011, un crime des plus graves. Car ils sapent ainsi la sérénité d’un ordre public qui ne peut être bâtie sans la confiance des citoyens dans les forces de l’ordre. En agissant de la sorte, ces personnes nourrissent cette animosité à l’égard de la police, si désastreuse -et si problématique déjà- pour l’ordre public.

Quand des agents des forces de l’ordre se mettent à tabasser sauvagement des journalistes – jusqu’à dans leurs locaux – et des citoyens des plus honorables qui filment ou prennent des photos lors d’une manifestation, les empêchant ainsi de rapporter les images d’éventuels casseurs ou les actes de quelque voyou que ce soit, c’est qu’indiscutablement ces mêmes agents deviennent les complices de ces mêmes voyous ! Et cela est singulièrement intolérable pour toute personne soucieuse non seulement de son intégrité physique, mais également et surtout de la paix sociale de la Tunisie, si tributaire de la normalisation des rapports entre le citoyen et les forces de l’ordre.

Riadh (Astrubal), le dimanche 8 mai 2011
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Annexes

REPORTERS SANS FRONTIERES / REPORTERS WITHOUT BORDERS
COMMUNIQUE DE PRESSE / PRESS RELEASE

06.05.2011

Français: http://fr.rsf.org/tunisie-des-journalistes-brutalement-06-05-2011,40244.html
Arabe: http://arabia.reporters-sans-frontieres.org/article.php3?id_article=32024
Anglais: http://en.rsf.org/tunisia-journalists-beaten-by-police-in-06-05-2011,40245.html

TUNISIE – Des journalistes brutalement agressés dans le centre-ville de Tunis

« La violence déployée par les policiers au cours des derniers jours contre les journalistes rappelle de mauvais souvenirs, comme si les anciennes méthodes étaient de retour, près de quatre mois seulement après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali. Nous demandons au gouvernement de transition d’ouvrir une enquête sur ces incidents et de donner des instructions claires aux forces de l’ordre afin que de telles pratiques cessent », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le 6 mai 2011, un journaliste du quotidien francophone La Presse, Abdelfattah Belaid, a été agressé par des policiers dans les locaux de son journal.

Abdelfattah Belaid était en train de prendre des photos de policiers réprimant des manifestants avenue Bourguiba, à Tunis, lorsqu’il a été pris en chasse par trois agents de police. Ces derniers l’ont poursuivi jusqu’au siège du journal situé à une cinquantaine de mètres. Ils n’ont pas hésité à monter dans les étages, tabassant le journaliste avec une barre de fer sur la tête, alors qu’il se trouvait au troisième étage du bâtiment. Ils lui ont enlevé ses chaussures et pris ses appareils photos. Le journaliste a été transféré dans une clinique pour y faire des scanners.

Contacté par Reporters sans frontières, Sofiane Ben Farhat, rédacteur en chef du journal La Presse, a exprimé son émoi : « Nous sommes choqués par ce qui est arrivé à notre confrère. Je m’inscris contre ces pratiques qui remontent à un autre âge. Au lendemain de la Journée internationale de la liberté de la presse, il y a d’autres signes forts à envoyer que celui de la chasse à l’homme d’un journaliste. Nous avons demandé au Syndicat des Journalistes d’entrer en contact avec les autorités afin que cela cesse. »

La veille déjà, des policiers avaient agressé une journaliste de Radio Kalima, Marwa Rekik, qui réalisait un reportage avenue Bourguiba, en fin d’après-midi. Violemment frappée à la tête, la journaliste a dû être hospitalisée.

La capitale tunisienne est secouée par une nouvelle onde de chocs depuis la diffusion, dans la soirée du 4 mai dernier, d’une vidéo dans laquelle Farhat Rajhi, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Essebsi, qualifié de « Monsieur Propre », filmé selon lui à son insu, est revenu les conditions de son éviction, ainsi que sur la nomination, contre son gré de RCDistes aux postes de gouverneurs. « Depuis, la crispation des policiers est réelle. On constate un réel durcissement des méthodes à l’égard des journalistes », a déclaré Sofiane Ben Farhat à Reporters sans frontières.

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TUNISIA – Journalists beaten by police in central Tunis

Reporter Abdelfattah Belaid was brutally attacked in Tunis today by police officers who pursued him into the headquarters of his newspaper, the French-language daily La Presse, after spotting him taking pictures of them dispersing protesters in the street outside. He was the second journalist to be beaten by police in Tunis in the past 24 hours.

“The police violence against journalists in the past two days is like a bad memory,” Reporters Without Borders secretary-general Jean-François Julliard said. “It is as if the old methods were back just four months after President Zine el-Abidine Ben Ali’s fall. We urge the transitional government to investigate these incidents and to order the security forces to put a stop to such practices.”

Belaid was photographing police officers using force to disperse demonstrators on Bourguiba Avenue when three police noticed him and set off in pursuit. They pursued him right inside the newspaper’s building, located 50 metres away, finally catching him on the third floor, where they beat him over the head with a metal bar before leaving with his cameras and shoes.

He was taken to a hospital to be examined with a scanner.

La Presse editor Sofiane Ben Farhat told Reporters Without Borders: “We are shocked by what happened to our colleague. I oppose such practices, which date back to another era. Chasing journalists is not the message that should be sent in the days following World Press Freedom Day. We have asked the Union of Journalists to contact the authorities and get this stopped.”

Radio Kalima reporter Marwa Rekik was attacked and beaten over the head by police officers while covering a demonstration on Bourguiba Avenue late yesterday afternoon. She had to be hospitalized.

Tunis has been in turmoil and rocked by protests since the broadcasting of controversial comments by former interior minister Farhat Rajhi, known as “Mr. Clean,” on the evening of 4 May. In his comments, which he says were filmed without his knowledge, he talked about his removal from the government and the appointment of members of Ben Ali’s RCD party as governors against his will.

“Ever since then, there has been a lot of tension within the police,” La Presse editor Farhat told Reporters Without Borders. “And we have seen that the methods they use with journalist have become much tougher.”

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Soazig Dollet
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