Le 14 juillet, la Tunisie fête sa révolution avec un joli feu de 400 hectares.

La forêt de Kerkouen, Dar Chichou, Oued el Kssab brûle depuis deux semaines.

Les pompiers, les militaires, la garde nationale, l’office de la protection des forêts et tous les habitants de la région entre El Haouaria et Menzel Témime savent pertinemment que cet incendie est d’origine criminelle et connaissent les auteurs de ce crime.

C’est le moment propice pour certains mafieux connus en cette période post-révolutionnaire d’œuvrer selon leur volontés et dans ce cas précis : payer une dizaine de volontaires de Menzel Témime pour brûler la forêt de Dar Chichou dont une partie s’étend aux environs de la zone archéologique de Kerkouen.

Toute cette région est truffée de ruines de nos ancêtres les puniques et les environs sont d’une rare beauté sauvage. Une mer turquoise et une forêt abritant une faune et une flore exceptionnelle.

Cette zone intéresse donc beaucoup de monde, mais les lois sont strictes vis à vis de la forêt. Ces arbres ont été plantés durant  les années 50 ayant pour but de bloquer les glissements des sables. Chaque arbre arraché est passible d’une forte amande et ces terres sont destinées à rester des forêts et rien d’autre.

Certains propriétaires de ces terres situées en front de mer, dont la famille Essaafi, ont décidé de vendre leurs parcelles dans l’indivision. 128 hectares ont été vendu pour plus d’un demi-milliard à Abdelhamid ben Abdalah, un richissime homme d’affaires, connu à Kélibia pour avoir bouché la vue à de nombreux habitants en construisant un troisième étage illégal. Pour vous dire qu’il n’est pas du tout aimé et il est dit dans la région qu’il n’est pas difficile de croire qu’il ait engagé une dizaine de voyous pour brûler et s’approprier toute la beauté de cette région.

Résultat : Plus de 400 hectares de forêt de pins brûlée dans une zone sablonneuse ou il faudra attendre 60 ans pour la voir redevenir ce qu’elle était le 15 janvier 2011.

Oui , on dit bien le 15 Janvier, car la déforestation à commencé le 16 janvier par l’un des héritiers propriétaire d’une partie des 200 hectares litigieux en front de mer et qui se nomme Habib Essafi. Lui et ses frères ont tout simplement arraché sur 2 km du littoral archéologique de Kerkouen toute une bande de forêt qui protégeait les terres agricoles des vents marins et des mouvements de sables. Il fit construire à la hâte une succession d’habitations afin de revendre les parcelles au plus cher.

Celui-ci fut arrêté par les militaires, puis par la police de Hammam el Ghezaz, au bout d’une semaine, non seulement il sortit de prison, mais il obtient une autorisation de construire, puis une autorisation pour installer l’électricité par la municipalité de Dar Allouch.

Oui très louche. La corruption est d’une puissance exceptionnelle pour arriver a ce stade :

  1. Il s’approprie un littoral forestier appartenant à l’état Tunisien, de même, un littoral archéologique abritant un cimetière punique ancien de 400 ans avant JC appelé La Jbibina situé à 10 mètres de La mer ,
  2. Il arrache au Trax et aux camions toute la forêt sur 2 Km de long en démolissant les ruines,
  3. Il construit un lotissement immobilier et la STEG lui installe en prime l’électricité ???

Mella Tounis. Mchat Leila ou jatna il Mafia.
Que disent les responsables ?
Il y a un mot très à la mode en ce moment et fortement répété dans cette situation : ” On est dépassé !!!”
Il y en a marre de subir ce fatalisme des responsables actuels qui nous mène vers une situation de non retour d’une durée de 60 ANS. Pour que cette forêt redevienne ce qu’elle était, il faudra attendre de nombreuses années avant que la terre ne se fertilise à nouveau.

Alors, il y à plusieurs questions à se poser :
Pourquoi faut il 2 semaines pour éteindre un feu alors que les canadaires siciliens sont à 20 minutes de Dar Chicou.
Pourquoi tous les branchages coupés dans la forêt lors du dernier nettoyage effectué par l’office des forêt sont ils restés sur le sol provoquant une braise continue qui se réanime au moindre coup de vent.
Pourquoi les arbres arrachés le 16 janvier par les Essaafi et qui sont resté jonché sur le sol suite à l’intervention des militaires ont de même brûlé le 14 juillet en parallèle avec la forêt principale située à des kilomètres de là ???
L’état Tunisien et plus précisément, l’office national de la forêt louait des terres pendant 30 ans à la famille Essaafi et la famille Chayib pour entretenir et gérer la forêt mais le bail de location à expiré en 1991 et n’a pas été renouvelé. Les terres ont donc été livrées à elle-même et et des parcelles revendues dans le flou et le chaos. Pourquoi n’a-t’on pas renouvelé ce bail ???
Pourquoi le responsable de l’office national des forêts tunisiennes déclare à la TV sur Nesma le 21 au soir que l’origine de cet incendie est du à la période de chaleur alors que tous les responsables régionaux et locaux jure par le crime tout comme les pompiers, qui on ont eux, toutes les preuves matérielles.
Pourquoi laisse-t-on faire cette mafia, de qui a-t-on peur. Le mot dégage ne marche-t-il plus ? Ou il y a peut-être trop de monde à dégager !!!

Il est évident que les auteurs de ce crime organisé ne sont autre que les personnes qui ont un intérêt direct a ce que cette forêt brûle afin de parvenir à mettre en œuvre leur projet immobilier et être encore plus riche que riche.

Aujourd’hui, tout le cap bon est en deuil et les rares forêts de notre pays sont en train de disparaitre sous la force du profit, de l’argent, de la corruption et d’une mentalité honteuse. On a vite fait de re-cacher nos drapeaux. Notre fierté est encore à construire et notre combat commence à peine.
Allons s’inscrire et encourageons notre entourage à s’inscrire avant le premier Aout, et espérons qu’un jour nos enfants puissent profiter de notre nature, de forêts propres sans plastique, ni couches, ni mégot.
Mobilisons nous pour une tunisie exemplaire et retrouvons notre dignité.
Espérons que les ministères de l’agriculture, de l’environnement, de l’intérieur et du patrimoine œuvreront pour faire une enquête propre et juste afin que la forêt de Dar Chicou, Kerkouen, Oued el Ksab, Hamam el Ghezaz,  Hamam Jibli, Ezzahra, Dar allouch retrouve son aspect et sa frontière originelle.
L’état se doit de reprendre en main l’entretient et la supervisions des précieuses forêts qui nous restent en Tunisie.