Aujourd’hui, il paraît que les fervents défenseurs de Dieu se soient donné le mot pour investir les rues de Tunis et exprimer leurs colères face à une représentation blasphématoire dans un film.

Le fanatisme religieux n’est pas le monopole de l’Islam, les inquisiteurs chrétiens ont eu eux aussi leurs jours de gloire. Une question me taraude : doit on considérer cette liberté d’expression dangereuse pour la démocratie ou n’est-elle qu’une forme non conventionnelle d’exercice de la démocratie. Car si l’on s’en tient au discours de plusieurs salafistes, ces manifestations relèvent de la liberté d’expression mais là où le bât blesse est que cette liberté d’expression n’est qu’un prétexte à l’établissement d’une pensée unique, dangereuse parce qu’elle ne conçoit pas en son essence même, d’être discutée.

En mon sens ce n’est pas l’expression de leur révolte contre ce qu’ils appellent une insulte au sacré qui me dérange, c’est la forme que cela prend : la violence même si elle reste minoritaire a ceci de pernicieux qu’elle finit toujours par donner raison au plus fort surtout dans une période de transition démocratique dont la fragilité ne cesse d’ébranler le processus lui-même.

Je n’en veux pas à ces salafistes qui manifestent, j’en veux à ceux qui cèdent à la terreur islamiste comme ils ont cédé précédemment à la terreur benaliste. Nous subissons aujourd’hui les abus de la victimisation islamiste- sioniste pardon salafiste et leurs débordements n’a rien à envier à ceux qu’ils ne cessent de dénoncer.

Il est certain que les islamistes ont subi les foudres de benali mais ils ont été l’alibi de la dictature que nous avons vécu pendant 23 ans. Aujourd’hui à qui profite le crime ? Nous tombons aujourd’hui dans ce petit jeu pervers de préférer la peste au choléra. Dans l’état actuel beaucoup disent préférer el nahdha courant islamiste qui paraît aujourd’hui modéré. Cette foule vociférante n’est pas plus guidée par le désir de défendre Dieu, loin s’en faut, que par celui d’imposer une idéologie hégémonique.

J’ai été étonnée récemment par une vidéo circulant sur FB montrant une envoyée spéciale tunisienne portant le voile. Cela ne m’a pas plus étonné que de voir une jeune femme tête nue. Cependant ce qui m’a choquée, c’est les commentaires disant el hamdoullilahi de voir ça etc. Ces personnes qui font l’apologie du port du voile semble occulter le fait que c’est d’abord un acte de foi personnel et que ça ne devrait en aucun cas être politique. Mais beaucoup ne font que de la récupérations de symboles pour montrer qu’ils sont les ^plus forts et c’est à celui qui gueulera le plus…

Enfin la polémique autour de Persépolis me rappelle plus que jamais la parabole du fou à qui on montre la lune et qui regarde le doigt.

Un seul mot d’ordre aux urnes citoyens !