Une représentation de Dieu qui suscite la polémique en Tunisie.

La polémique qui enfle de plus en plus au sujet du film Persépolis indépendamment du fait qu’elle détourne le message initial du film qui est celui des dangers de l’Islam politique, tourne « officiellement » autour de la représentation de Dieu. La semaine dernière j’ai demandé à des internautes de me parler de la représentation qu’ils se faisaient enfants de Dieu ou de leurs dieux. Aucune personne n’a parlé d’une entité abstraite ou transcendante. Tous en appellent à des rapprochements concrets et matérialistes[1] les plus fréquentes étant celle d’un vieillard à la barbe blanche.

Pour rappel, le nom d’Allah dans la période préislamique désignait l’un des dieux qui avait sa statue chez les kurayshites et qui représentait un dieu créateur qui avait des filles comme Al-ʿUzzā, Al-Manāt et Al-lāt . C’est pourquoi, le père de Mahomet se prénommait « Abdallah » et ce avant même que l’Islam n’apparaisse. Allah était déjà représenté dans el Jehilya sous forme de statue et Abdallah est à l’origine un nom que ne fait que rappeler le polythéisme mecquois.

Si les islamistes se font les chantres du monothéisme, je ne pense pas que je me fais la même image qu’eux de mon Dieu, même s’il porte le même nom d’Allah. Leur dieu à eux est le dieu jaloux des juifs et cela n’est pas étonnant si l’on rappelle que selon certains islamologues, le nom Allah dériverait du nom juif Elohim . Mais le rapprochement va au-delà de la parenté phonique, puisque le dieu des intégristes est un dieu vengeur et colérique. Mon dieu à moi est différent du leur, mon dieu est amour, mon dieu est pardon, je discute avec mon dieu et il me laisse l’espace de la réflexion. Il m’arrive de lui en vouloir de lui tourner le dos, de revenir dans mes moments d’égarement. Mon rapport à Allah est un rapport mystique qui ne souffre pas du souci éminemment terrestre de la rétribution : celui du donnant-donnant. Faire ses prières pour avoir le paradis…

Pendant longtemps, les islamistes ont plus eu peur de Ben Ali que de Dieu. Je m’étonne aujourd’hui de voir ces chevaliers de la 25ème heure manifester pour cette transcendance qu’il n’avait pas eu les couilles de défendre par le passé. D’aucuns diront qu’ils ont passé le temps à maudire Ben Ali en silence, des années durant… jusqu’à ce que Dieu les exauce et provoque la chute du tyran. C’est l’essence même du respect de la volonté de Dieu que de prier et d’attendre. Sans leur aide, sans leurs armes, sans leurs vociférations, un tyran est tombé, par miracle diront certains, c’était prévisible diront d’autres. Toujours est-il que, selon une lecture religieuse, Dieu l’a châtié. Chers Ayatollahs ne cherchez pas à venger Dieu, il s’en chargera tout seul, comme il l’a fait en Janvier alors que vous vous terriez dans vos cachettes et que vous engraissiez à Londres pour vous donner sur un plateau d’argent cette putain de liberté. Ne vous faites pas l’avocat de Dieu, il n’a pas besoin de bras armé, par le chaos que vous provoquez, par votre violence, vous me faites pensez au « diabolos » qui en grec veut dire division, désordre. Vous n’êtes que les avocats du diable par votre double discours, vous n’êtes que les tristes héritiers de la langue fendue du serpent d’Adam et Eve. Par votre haine du prochain, vos barbes hirsutes, vos yeux exorbitants, vous ressemblez plus à des démons qu’à des anges, que vous êtes loin du Dieu de bonté que je me figurais enfant. Allah a 99 noms. Est-ce une hérésie de limiter les noms à 99, lui qui représente l’absolu ? Est-ce une hérésie que de dire que Allah a autant de caractéristiques que de noms ? N’est-ce pas à la fois réducteurs mais aussi une forme linguistique de polythéisme ?

Enfin est-ce une hérésie de se représenter Allah avec autant de traits qu’il y a de noms ? Se pose encore la question du signifiant et du signifié élaborée par Saussure. Le signifié ( ce dont on parle) peut être un mais le signifiant (la forme concrète par exemple le mot) multiple . Est-ce à dire que Allah se cantonne à un signifiant unique, à une seule représentation qui ne doit même pas exister parce que interdite ?

L’image d’un Dieu à la barbe blanche et aux cheveux longs donne plus envie à un enfant de croire en lui que vos barbes noires, vos serouels de talibans et vos fem-tômes vêtues de Beurk-ah…j’ai beau regarder, je ne vois pas de “nour” sur vos faces obscurcies d’obscurantistes. Vous occultez ce que Dieu lui-même a créé… Je ne connais d’hérésie plus grande que celle de jeter un voile sur ce que Dieu a créé de plus beau le considérant comme souillé… Vous pensez être habités par Dieu mais seul le sheitan qui décuple vos fantasmes vous habite. Et ô mon Dieu, comme vous finissez par lui ressembler…simetihom 3ala woujouhihem.