« إِنَّكَ لَا تَهْدِي مَنْ أَحْبَبْتَ وَلَكِنَّ اللَّهَ يَهْدِي مَن يَشَاء َ »

« Non, tu ne guides pas qui tu aimes : mais c’est Dieu qui guide qui Il veut »( verset (56) de la sourate « Le récit ») Verset que je dédie particulièrement à tous les salafistes , les fanatiques ,et les extrémistes nahdhaouis , car il montre à quel point notre rôle et notre volonté sont insignifiants quand il s’agit de la foi. La foi est un don de Dieu. Si une personne ne croit pas, c’est Dieu qui ne veut pas de sa foi ; et ce n’est sûrement pas à nous de lui imposer cette foi, de le traiter de mécréant ou de l’agresser ; car la haine et l’agressivité ne feraient que l’en éloigner encore plus ; la haine et la violence n’ont rien à avoir avec l’islam.

De tous les versets , c’est ce verset que je préfère et qui me touche spécialement , car il reflète bien la tolérance , la miséricorde et l’amour , qui sont l’essence-même de l’islam . Voici une histoire vécue qui illustre bien l’esprit de ce verset.
Un soir d’été, il ya quelques années de cela, lorsqu’ une jeune femme voit sa cousine en train de faire la prière , elle l’observe en silence ; et lorsque sa cousine finit, elle la regarde avec envie et lui dit «Qu’est-ce que j’aimerais faire la prière » .Etant née en France , cette femme a vécu toute sa vie là-bas et ne parle pas un seul mot d’arabe, ne venant que très rarement en Tunisie . Il ne serait jamais venu à sa cousine l’idée qu’elle puisse un jour ne serait-ce que dire un seul verset du Coran ; et donc elle ne lui en parlait jamais. Touchée et agréablement surprise, la cousine s’est attelée à la tache, et lui apprit l’essentiel pour faire la prière correctement. C’était lent et pénible, mais à la fin, elle réussit à la guider et à guider en même temps une famille entière, la jeune femme étant mère de trois enfants. A-t-elle été conquise par cet aspect de modération et de libre arbitre de l’islam ? Ou simplement, Dieu l’a-t-il guidée ? Probablement les deux ; mais une chose est sûre : personne au monde n’aurait pu lui imposer quoi que ce soit. Au contraire, à trop vouloir imposer ses idées aux autres on perd sa voie, ou « le chemin droit » ; car le fondement de l’islam, c’est de ne pas sombrer dans l’inconvenable et l’injustice, quand on n’arrive pas à ses fins : en islam, la fin ne justifie pas les moyens.

Malheureusement, les Tunisiens se sentent de plus en plus menacés par des fanatiques qui veulent leur imposer leur vision extrémiste de l’islam, et le gouvernement ne fait rien pour les en empêcher. Bien au contraire, nos autorités s’empressent de mettre des journalistes en prison pour une photo que les gens n’ont pas eu le temps de voir encore, et laissent courir ceux qui tabassent les journalistes, et qui insultent notre drapeau. Cette politique du deux poids deux mesures rend le gouvernement peu crédible ; à croire que les salafistes sont le bras armé qu’il utilise pour piétiner les libertés et museler la presse ; à titre d’exemple , le sit-in en face de la télévision nationale que les partisans d’Ennahdha cherchent désespérément à en faire leur outil de propagande, comme ils ont fait de Radio Zitouna.

Ce sit-in est bien sûr autorisé et encouragé ,alors que les différents sit-in et manifestations de la société civile ont été interrompus par la force .
Le Tunisien n’a pas l’impression d’être représenté ou protégé par son gouvernement. Plus que jamais, il sent que le contrôle de son destin lui échappe, et que la politique étrangère de son pays, ne sert pas toujours les intérêts de la Tunisie, mais de pays étrangers ; comme ce complot des « Amis de la Syrie » à Tunis .La majorité des tunisiens d’aujourd’hui n’ont pas vécu la colonisation française, mais là, ils sont en train de vivre une colonisation wahabite.

Les prédicateurs qui se succèdent, viennent pousser les salafistes à faire pression sur la société pour changer ses mœurs, la tirer en arrière, et lui imposer la charia. On se demande quelle charia exactement ? Afghane ou wahabite ?

Contrairement à ce qui a été dit pour rassurer les gens sur la charia, personne ne peut garantir ou affirmer de façon catégorique, que la mutilation de la main (ou tout autre membre) ne serait jamais à l’ordre du jour sous un gouvernement extrémiste, si on s’appuie sur la charia comme source de législation dans la constitution.

En tout cas, pour tous ceux qui accuseraient cet article de « diabolisateur », sachez que notre gouvernement n’exclut pas entièrement le châtiment de l’ablation de la main, pour cela je vous invite à vous référer à l’interview exclusive avec Zied Krichène , au numéro 1311 de l’hebdomadaire « Réalités » daté du 10 au 16/2/2O11.