Réconcilions-nous, oublions le passé, tournons la page, travaillons ensemble, voici des mots que le premier ministre n’a cessé de répéter, ce jeudi 26 Avril. Des mots susceptibles de redonner espoir à pas mal de Tunisiens, surtout ses insistantes affirmations sur les réformes des médias. Il avait l’air tellement sincère !!

Mais que ne fut cinglante la claque de la déception ce vendredi 27 Avril, lorsque des membres du gouvernement se réunissent quasiment seuls à part peut-être les anciens reporters qui ont travaillé pour l’ancien régime ; ceux qui ont contribué activement pour museler la presse ! Il était clair que le gouvernement ne veut rien réformer du tout !

Il était également clair que si ce gouvernement n’a pas révélé la liste de tous ces corrompus, ce n’était pas par mesure de discrétion ou de protection, mais par un simple sens pratique : le ministère de l’intérieur n a pas communiqué la liste des polices politiques journalistes comme le syndicat l’a demandé pour réformer le secteur, parce que Ennahdha en a besoin pour les utiliser dans sa propre propagande, et pour museler la presse à nouveau, condition nécessaire pour installer une nouvelle dictature.

En faite, ce que Ben Ali a fait sous la dictature, ce gouvernement va le faire au nom de la légitimité et de la démocratie. Au nom de la démocratie, le pillage en règle de la Tunisie continue ; ainsi, ils se sont alloués des centaines de milliards à se partager comme compensations pour les années passées en prison. Très bizarre de voir que le martyre ne vaut que 20 million alors que eux ils vont toucher jusqu’à 300 million certains !! Après tout ils n’ont pas donné leur vie ! Bizarre aussi qu’une souffrance et un sacrifice fait à Dieu et à l’islam soit à la cherche d’une rétribution !! Quel islam et quelle foi de la part de ceux qui sont sensés servir leur pays !!

Les Tunisiens leur suggèrent de prendre une calculatrice et de calculer le nombre d’enfants et de familles démunies que cet argent peut nourrir en Tunisie, ou encore le nombre de projets et de chômeurs que ces milliards peuvent financer.

Les Tunisiens trouvent également très suspect tout cet argent gaspillé, et ce nombre si élevé de ministres : 80 ministres, ou secrétaires au rang de ministres ? Pourquoi ? Aurions-nous deux gouvernements ? Ou sommes-nous en train de payer leur campagne électorale ?

Mais peut-être que nous sommes tout simplement en train de financer les cadres et les frais de fonctionnement d’Ennahdha ; autrement dit nous sommes peut-être en train de financer les techniques et les rouages de la nouvelle dictature qui veut nous envelopper .

Pour conclure, lorsqu’un pouvoir soit disant installé par une révolution, se met à faire exactement la même chose que l’ancien régime et même pire, n’est-ce pas légitime de dire que ce nouveau régime est la contre révolution ? Où sont les objectifs de la révolution ? Où sont les réformes de la justice et de la presse ?

D’autre part, lorsque ce pouvoir élu pour une durée déterminée dans un bût précis : à savoir écrire une constitution, se détourne de son objectif premier, réclame plus de temps et se met à se distribuer l’argent des Tunisiens, ne peut-on pas parler d’un renversement du pouvoir « inkilab » ? Surtout que le gouvernement qui est supposé être là pour un an, se met à renvoyer les maires du pays, et nommer des nahdhaouis à leur place ; actes dangereux qui ne peuvent que mener vers la destruction de l’Etat.