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C’est un bonheur de présence tunisienne à Paris. Un bonheur d’arts et de cultures, au pluriel, rassemblé, et exprimant la Tunisie d’individus créatifs dans un pays en proie à l’intranquillité, si typique du travail artistique.

“Révélations”, c’est la troisième biennale entièrement dédiée à la création contemporaine dans les métiers d’art, qui s’est tenue au Grand Palais, dans la capitale française, avec, cette année, la présence de quatorze pays représentant autant d’Archipels répartis au sein de l’exposition. Cette série de singulières présences rassemble Chili, Corée du sud, Danemark, Finlande, France —pour des création relevant de l’étranger—, Italie, Islande, Japon, Norvège, Pays-Bas, République tchèque, Sénégal, Suède, Taïwan et Tunisie, l’ensemble sous le nom de Banquet. Plus d’une centaine de pièces conçues par des artistes de la matière, designers, galeries, musées et collectionneurs y sont dévoilées. L’îlot tunisien compte Feryel Lakhdar, Mourad Habli, Sadika Késkés, Rym Karoui, Tinja, avec Salah et Zeineb Sfar et leur fille Yasmine Sfar, ainsi que Khaled Ben Slimane, réunis sous l’égide de la Commissaire de l’exposition Leïla Turki. Et une force d’accompagnement, tant de l’ambassadeur de Tunisie à Paris, Mohamed Ali Chihi, que de l’Office national du tourisme et de l’Office national de l’artisanat, dont la directrice générale, Asma Madhioub, représente le ministère du tourisme et de l’artisanat au Symposium des Ateliers d’art de France sur les répercussions culturelles, sociales et économiques des métiers d’Art.

Rym Karoui Virus of the Revolution

Les virus de la Révolution, de Rym Karoui.

Côté jardin, avec ses récentes sculptures en tissus et pièces de mercerie, Feryel, qui signe comme toujours de son prénom, débarque avec un de ses personnages féminins, tout de hardiesse revêtue. Mourad Habli, et son cheval de Troie, vient avec une sculpture ailée au ravissement enchanteur de justice, forcément aveugle. Avec les virus de la Révolution, Rym Karoui désigne bel et bien le mouvement inoculé à de l’inédit en incubation, dangereux mais pas nécessairement pour faire le mal. Sadika Keskes fait, elle, son mur de modules de verre, portant haut son art de la verrerie. Tinja et ses bois rayonnants. Tout comme Khaled Ben Slimane en architecte-calligraphe.

En somme, des auteurs créateurs et leurs œuvres, une palette d’insularités créatives, aux frontières du réel, de l’imaginaire et du symbolique, qui traduit aussi bien les traditions dans la pérennité de leur actualité, de leur inscription dans notre temps.