isis

Consciemment ou inconsciemment, les grandes puissances doivent assumer jusqu’au bout leur responsabilité. Aujourd’hui le terrorisme touche plusieurs territoires, et aucun pays n’est à l’abri. C’est de la responsabilité des Etats de droit de se mettre en cause par apport à leurs politiques sécuritaires qui n’a pas était bonne.

L’union fait la force contre ces groupes terroristes, OK ; mais comprendre que le terrorisme est fondamentalement politique c’est une urgence. L’obscurantisme contre les démocraties et contre l’état civil, contre l’état de droit, on n’a pas arrêté de la dire et de l’écrire. Comment ce terrorisme se nourrit ? Comment ce terrorisme se finance ? Comment ce terrorisme continue à capter vers lui des personnes fragiles socialement ou intellectuellement, ou tout simplement des gens convaincus par leur choix et qui appartiennent à une classe sociale aisée ?

Encore une fois je tiens à dire :

Les Etats ont eu un moment d’hésitation au sujet de ce terrorisme de Daech, c’est une évidence. Cette hésitation a profité à Daech pour contrôler des territoires largement riches en pétrole et assez peuplés, c’est une évidence. Cette hésitation de combattre dès le début cette organisation terroriste, a permis à cette organisation d’asseoir son ordre et sa défense sur les géographies récupérées au régime Syrien et irakien est une évidence. Les gouvernants n’ont pas compris, dès le début, ce terrorisme comme une totale menace à nos sociétés démocratiques et plurielles, c’est aussi une évidence. Aujourd’hui nous sommes en guerre générale et généralisée, il faut assumer, il faut la faire cette guerre, et surtout il faut apporter les réponses adéquates. C’est une question de projet politique.

Les Tunisiens et les Tunisiennes qui ont rejoint cette organisation ont une grande part de responsabilité individuelle, mais le vide laissé par les politiques publiques durant des décennies est aussi à l’origine de l’ampleur des chiffres annoncés (4, 5, 6 mille personnes ou plus) qui ont rejoint Daech.

Ne pas se reconnaître dans une nation, dans un régime politique, ne pas trouver une place dans une société, ça ne vient pas seul. C’est toute une construction qui se formule par le biais des politiques publiques et par des choix stratégiques. Nul ne pourra naître terroriste ou criminel. La société (le système, la nation) sont impliqués jusqu’à l’os.

Devant la terreur nous sommes tous concernés. Comment les états doivent réagir pour reprendre les choses en main ? Comment les nations doivent rester unies contre la barbarie et ne pas tomber dans des guerres de civilisations ? L’effort doit être commun, selon une lecture commune et qui nous rassemble.

Le combat contre le terrorisme est un combat au complet, ou il n’est pas. Nos gouvernants, je dirais, n’ont jamais eu l’occasion de prendre en photo leurs politiques légères envers ce qui construit, nourrit le terrorisme. De l’autocritique, ils ne connaissent pas ou très peu. en Tunisie, déjà au niveau de certains partis politiques, l’annonce que nous aurons un gouvernement de l’échec avant sa constitution, à chaque fois depuis 2011, pour atterrir en final sur des gouvernements des mains qui tremblent, sans vision ni agenda claire, montre bien la faible détermination des politiques (au pouvoir et dans l’opposition) pour mener ce combat contre le terrorisme, contre la marginalisation et contre la pauvreté. A chaque étape, depuis la révolution, l’animation politique tourne autour du tiraillement, ou bien entre partis ou bien dans le même parti. Et puis voila le terrorisme frappe … et puis voila les appels à l’unité nationale … et puis voila à certains medias publiques et privés qui n’ont pas su faire lors des actions terroristes qui nous ont frappé dans les villes comme dans les montagnes.

D’ailleurs, je me demande comment nous sommes arrivés à faire une nouvelle constitution, à organiser des élections législatives et présidentielles … ?

La Tunisie a besoin de dialoguer, afin de renforcer son adhésion à la démocratie et à la rupture avec les politiques de la marginalisation.

La question terroriste n’est pas sans lien avec la question géostratégique qui se joue au proche et moyen orient au niveau des puissances mondiales comme au niveau des puissances régionales.
La question terroriste n’est pas sans lien avec l’absence d’un idéal dans nos sociétés arabes et musulmanes. Les états de l’indépendance ont failli à ce niveau comme au niveau du contrat social. Le citoyen arabe ne se reconnait plus dans sa propre société, d’où l’accès facile à des théories marginales au niveau de la compréhension de la religion, à ce niveau la jeunesse est la plus touchée. Et d’où aussi la facilité des ennemis pour manipuler la population sur la question de l’identité ethniques, religieuses afin de légitimer pour certains l’élimination de l’autre et même le génocide, les Yazidis en Irak ont payé cher cette question, les arabes dans des territoires Kurdes aussi.

La question terroriste n’est pas sans lien avec la question sociale et économique.

La question terroriste, comme la question de l’immigration clandestine, c’est une question du vide laissé par l’absence du contrat social où chaque individu pourra se reconnaître.

La question terroriste, comme la question de l’immigration clandestine est une question d’absence du projet politique, d’après 60 ans de dictature, et d’après plus d’un siècle de spoliation des richesses.

La question terroriste est une, aussi, question d’absence de souveraineté nationale, et l’état de l’indépendance. À chaque séquence de l’histoire ces «états de l’indépendance, se trouvent alliés d’un bloc, d’une manière directe ou indirecte. Nous sommes plus dans le, servir l’autre, le plus fort, le plus grand, celui qui nous donne des miettes, celui qui nous émiette par les prêts … celui qui permet à ces états (ces dictatures) de continuer à fonctionner.

Beaucoup des choses à dire, mais, voila.

Osant la rupture avec l’hésitation, nous gagnerons sur le terrorisme, et sur la pauvreté et sur le chômage et sur la marginalisation et sur les idées fanatiques.