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Honte à la télévision et aux médias tunisiens qui n’ont même pas pris la peine de parler du Goncourt spécial Tunisie.

En effet, le 16 décembre dernier aurait pu être synonyme de fête, de discours dithyrambique pour une jeunesse cultivée et insoumise qui a décerné ce prix à Tobie Nathan pour son livre « Ce Pays qui te ressemble », or, aucune chaîne télévisée n’a évoqué cet événement.

Pourquoi montrer la dérive des jeunes ? J’ai plutôt tendance à dire pourquoi ne montrer qu’une minorité délaissée par tous, défavorisée –surtout sur le plan intellectuel- sans essayer de l’aider, de creuser pour apporter une réponse claire, objective, exempte de tout jugement.

La jeunesse veut lire, la jeunesse est avide de savoir, ne lui coupez pas les ailes, faisons tous la promotion de la culture. « J’accuse », à la manière de Zola l’absence d’émissions culturelles au profit de toutes ces bagatelles, « j’accuse » cette délectation du malheur d’autrui sans chercher à comprendre « pourquoi » on touche le fond. « J’accuse » la propagande et la propagation de ce fléau qui est la Haine. « J’accuse » l’ignorance, la soumission et la culture, triptyque du terrorisme.

Je récuse qu’on massacre une jeunesse assoiffée de vie, d’amour, de rire.

Je détiens peut-être une solution, quelque chose de modeste, de simple, de faisable : la lecture.

Un jeune qui se drogue ? Je lui donnerai volontiers le livre de Christiane Felscherinow.

Un adulte pessimiste ? Je l’inviterai à découvrir la prose de Nothomb.

Et pour les pessimistes, optimistes en pleine perdition, il y a Camus, il y a Céline, il y a Kundera, il y a les livres pardi !

J’ai envie de finir sur une heureuse « notre amour c’est l’amour de la vie, le mépris de la mort ».*

Suggestions littéraires :

L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera.

Les Justes, Camus.

Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline.

Barbe Bleue, Amélie Nothomb.

Moi Christina F., 13 ans, droguée, prostituée…, Christiane Felscherinow.

Note

* Paul Eluard, « Au fond du cœur ».