« Hors-jeu ». C’est un petit mot qui ne mange pas de pain. S’il reprenait du service, on dirait qu’il devient flagrant. Mais Hors-jeu flagrant, d’ailleurs bien joué, ne se voit pas traité avec des pattes d’ours. Ce court-métrage de Sami Tlili semble ne prétendre à rien. Fair-play, il ne ressemble à rien sinon à lui-même. Mais il s’élève gentiment au-dessus des autres. Son atout ? Le dépli d’une parenthèse carburant à la tension sèche. Sans casser des briques, le récit s’efforce en effet de susciter sur son passage tout ce qui, nécessaire à sa conduite narrative en mineur, peut le retarder ou le distraire. S’il fait plus porter le suspens sur les mobiles de l’action que sur l’action elle-même, il assaisonne l’ensemble d’une mécanique pince sans-rire qui sied au décor. Et d’opter pour une ligne de profil bas qui tire bien plus vers la comédie policée que policière.