Fini le pittoresque ? Un paysage, ce n’est plus pour ramener de l’air frais. Ici, on tombe en pâmoison devant des murs anonymes. Là, on retrouve des témoins arides. On peut être surpris par l’attention que porte Kaïs Dhifi à ces coins endormis, ou malaisés d’approche. Et si City of Poets s’aventure un peu loin pour voir du pays, c’est saisir quelque chose d’un tiers-paysage élargi devant lequel un œil en balade aurait rarement la volonté de s’arrêter. Sous le regard de celui qui parcourt son livre, se succèdent des photographies de territoires désolés. Sur un mode documentaire, avec pour tout bagage un regard distancié, Dhifi braque sa focale sur les signes incohérents qui emplissent ces paysages en berne. Bien qu’il s’apparente à un travail de repérage, il ne s’agit pourtant pas d’un relevé des lieux. Si le doute s’insinue, il ne disparaîtra pas de sitôt.