En Tunisie, le nombre des mariages décline. En 2013, 110 mille 119 mariages ont été contractés contre 95 mille 336 en 2017, selon l’Institut national de la statistique (INS). On a beau se marier, cette institution matrimoniale va de plus en plus mal. Ils sont ainsi 13 mille 867 divorces enregistrés en 2013 contre 16 mille 452 en 2017.Cette tendance se confirme pour les années suivantes. Ainsi, plus de 16 milles affaires de divorce sont traitées chaque année par les tribunaux tunisiens, selon Malika Ouerghi, directrice des Affaires familiales au sein du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance. Il s’agit de 46 affaires de divorce chaque jour. L’institution du mariage, déclarée «cellule de base de la société » par l’article 7 de la Constitution,  vit-elle une crise ?

Le célibat : subi ou choisi ?

En Tunisie, le nombre de célibataires ne cesse d’augmenter et cela touche les deux sexes, selon les statistiques de l’INS.  Le taux de femmes célibataires âgées entre 25-29 ans passe de 37.7% en 1994 à 49.6% en 2014. Pour celles âgées de 30 à 34 ans, le taux passe de 18.1% en 1994 à 28% en 2014. Pour les hommes de 25 à 29 ans, le taux de célibat passe de 71% en 1994 à 82.8% en 2014. Pour ceux âgés de 30 à 34 ans, le taux grimpe de 31.% en 1994 à 51.4% en 2014.

Ce célibat de plus en plus prolongé rime-t-il avec une vie solitaire ? Pas toujours, selon la sociologue tunisienne et enseignante universitaire à Doha Institute for Graduate Studies au Qatar, Raoudha Guedri. « Le célibat est avant tout un statut matrimonial, défini essentiellement par rapport à l’institution du mariage », note-t-elle. Le célibat ne signifie pas ainsi l’absence d’une vie sexuelle ou amoureuse. C’est le cas d’Elyes, 36 ans, commercial dans une société et originaire de Tunis. « Tant que je n’ai pas atteint l’âge de 40 ans, j’ai encore le temps pour me marier », lance-t-il. Enchainant les relations sans lendemain, Elyes conçoit l’institution du mariage comme un projet à réussir. « Tout comme mes études, ma carrière, je dois réussir mon mariage. Pour cela, il faut trouver une partenaire compatible à tous les niveaux pour minimiser le risque que ça foire à la fin. Aujourd’hui, on ne se marie plus pour le sexe, plus accessible, mais pour un projet de vie », estime-t-il.