Difficile à imaginer, dans une zone touristique très fréquentée : quelques petites parcelles de terrain sont encore cultivées. Localement appelées «welja» [1], il s’agit de petites parcelles de terrain à l’arrière plage, dévolues à l’agriculture depuis des décennies, sinon plus. Ces terrains ont été cultivés par de petits paysans de Hammam Sousse, derrière les dunes côtières. Mais comment ce système fonctionne-t-il ?

Les terrains cultivés (larges de 30 à 40m et longs d’une centaine de mètres) sont séparés de la mer par un cordon littoral de dunes fixées et entretenues par les paysans, car la mer peut les défaire en cas de tempête. Du sable est apporté pour les rehausser afin d’isoler l’arrière des dunes des eaux marines salées. Le sable des terrains mis en culture est amendé par des engrais organiques qui assurent la croissance des cultures. Comme la pente est en direction de la mer, l’eau de pluie infiltrée descend par suintement vers la mer. La nappe n’est alors qu’à moins de deux mètres de la surface.

Les paysans l’ont compris et ont alors adopté des techniques adéquates pour cultiver sur un terrain pareil. Surtout pour les cultures d’été, ils creusent des trous profonds dans le sable jusqu’à atteindre un niveau humide où ils placent du fumier et un tuteur pour entraîner l’eau par capillarité. Le trou est par la suite comblé de sable et les cultures sont plantées à faible profondeur, surtout les Cucurbitacées (pastèques, courge…). Par la suite, ils ont creusé des «puits» d’une profondeur de deux à trois mètres, afin de rassembler les eaux de suintement pour arroser les cultures.