C’est en terrain peu connu que Manca Moro nous introduit. En cinéaste complice, sachant d’où elle vient et où elle va, Rim Temimi tourne son objectif vers les siens pour ramener à la surface ce qui est enfoui. La facture de ce documentaire n’est pas d’une folle originalité. Mais son enjeu est suffisamment sérieux pour interpeller : il s’agit de repêcher dans la mémoire familiale, un demi-siècle plus tôt, l’héritage des Siciliens de Tunisie. Plus que de la marche arrière, le geste tient de l’anamnèse. L’évocation rétrospective du passé ne vise pas à solder les comptes, mais à ouvrir les pages laissées blanches. Entre ces deux échelles, le film tente de jeter des passerelles intimes et collectives, comme si le temps était venu de rembobiner le passé, dans un acte de réparation personnel qui doit beaucoup à la parole et l’implication sincères de ses témoins.