Sans doute la production cinématographique tunisienne n’avait-elle plus depuis la fin des années soixante-dix, épousé à ce degré la nature du pouvoir. De façon si harmonieuse et évidente, presque invisible et indicible, il existe dans certains films récents un air de, ne disons pas pensée, du moins discours institutionnel. Si les premiers temps de l’histoire officielle du cinéma tunisien ont été des temps d’édifications socialistes (esthétiques à travers les films nationalistes de Khelifi et institutionnelles à travers le volontarisme tiers-mondiste de Cheriaa), la tendance allait s’infléchir au cours d’une décennie charnière et mouvementée.