the-last-of-us-ala-eddine-slim-feat

Politique contrebandière  

Nous étions prévenus. Très attendu après que Babylon a doté le nouveau cinéma indépendant d’un regard absolument autre, The Last of Us aurait pu n’être qu’un autre ersatz de cette veine. Mais nous voilà surpris : Ala Eddine Slim ne se repose pas sur ses lauriers. Car, pour apprécier à sa juste valeur l’étrange proposition de cette fiction primée à la Mostra de Venise en septembre 2016, il faut laisser les vieux réflexes du cinéma tunisien au vestiaire. La trame de The Last of Us suit les traces d’un migrant subsaharien dont la  traversée du désert est tout à coup déviée de sa route. Inutile toutefois d’y chercher le manifeste idéologique qui étouffe souvent les histoires de migration clandestine. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas une politique à l’œuvre chez Ala Eddine Slim. Double, sa politique s’annonce plutôt contrebandière. Le cinéaste prend le parti pris de brouiller les cartes du réel et de la fiction, comme s’il jouait au bonneteau.