Cette rétrospective me semble nécessaire pour plusieurs raisons, d’abord parce qu’il s’agit d’une expérience qui présente une certaine innovation et qui mérite donc d’être examinée pour en tirer des leçons potentiellement utiles. Ensuite, afin d’apporter quelques commentaires et clarifications ou expliquer certains choix, non pas pour tenter de placer la campagne au-dessus des critiques, mais pour indiquer l’angle par lequel l’analyser, celui d’un groupe en action. Enfin, pour s’arrêter sur les faiblesses de cette expérience en tant que mode de militantisme dans une conjoncture où il est important que l’action politique vise le cœur des problématiques et ne se résume pas en une suite de démarcations, sans force transformatrice et sans répercussions réelles. Il ne s’agit donc pas d’une lecture neutre, mais bien d’un retour critique qui s’interroge sur la pertinence de l’expérience dans son contexte politique. Bien évidemment, cette contribution est très personnelle, elle se construit sur la base d’une grille de lecture du contexte qui n’est peut-être pas largement partagée. Une grille où des mots clés tels que souveraineté, intérêt commun, justice et justice sociale sont des repères. En termes politiques classiques, on pourrait employer les qualificatifs de « gauchiste » ou encore de « nationaliste », mais en réalité, ce texte s’inscrit dans la recherche de clivages politiques plus contextualisés qui aiderait à définir une vision plus claire de ce que demande une Tunisie révolutionnaire, indépendamment des idéologies politiques classiques.