Depuis la fuite de Ben Ali, les signes révélateurs des réels objectifs du pouvoir en place ont été nombreux :

1- Déclaration de la vacance temporaire du pouvoir (Utilisation de l’article 56 au lieu de l’article 57). On peut y voir, clairement, un espoir du pouvoir de voir BEN ALI Revenir. Espoir qui a été certes de courte durée mais révélateur des de l’état d’esprit du pouvoir en place.

2- Diviser pour mieux régner : les attaques des milices ciblaient les régions pauvres et défavorisées sans trop sévir dans les quartiers bourgeois qui sont restés plutôt calme. Objectif : créer une division entre les riches et les pauvres et entre les régions. D’un autre côté, on a vu aussi un usage intelligent et massif des réseaux sociaux pour manipuler les jeunes.

3- L’exclusion de la vraie opposition de ce gouvernement. Ceci est révélateur de la ligne de conduite de ce pouvoir qui n’a pas changé: Je suis seul au pouvoir, je laisse un petit pourboire pour une opposition avide de pouvoir et rien pour les vrais opposants.

4- Silence radio sur le sort des proches de Ben Ali et des Trabelsi. A la place, on nous baratine avec des bijoux et des images de Villas brulées et transformées en musée. pourquoi ce silence? Ceux qui ont été arrêté et dont-on a aucune nouvelle, est ce que on les a arrêtés pour les traduire en justice ou pour les protégés du peuple et facilité leur fuite ?!

5- Mandat d’arrêt contre Ben Ali et sa famille pour détournement de fond. Après 23 ANS de dictature, le mandat d’arrêt concerne uniquement le détournement de fond ; on oubli la torture, les meurtres des opposants politique, les droits de l’homme bafoués, les victimes des manifestations tuées par des sniper. A noter que le président de Hannabal TV a lui été accusé de haute trahison! C’est encore un signe révélateur des réels objectifs du pouvoir: Avec cette accusation les chances d’arrestation et d’extradition de Ben Ali sont quasi nulles, Ben Ali coulera surement des jours paisibles, une demande d’asile sera acceptée dans un grand nombre de pays (surtout, bien sur, s’il vient avec les fonds détournés).

6- Dans la presse et la télévision rien n’a changé, tout est toujours sous le contrôle du parti unique au pouvoir. Objectif : cacher l’ampleur des manifestations et marginaliser les manifestants. La propagande et la manipulation sont toujours d’actualité. Le rédacteur en chef du Journal sur TTN est toujours Abdelmotaled Innoubli le même qui, il y a deux mois commençait toutes ces phrases par : « Karrara Al Raiis Zine El Abidine Ben Ali… ».

7- Censure dans les médias de la vraie opposition : PCR, PCOT, etc qui s’exprime presque exclusivement sur les médias étranger, principalement, Al arabiya et Al jazeera.

8- Les pratiques du RCD persistent : attaques des manifestants, incitation à la violence envers les manifestants en proposant de l’argent et de la drogue et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

9- Rien n’a changé au ministère de l’intérieur et rien n’est envisagé, pourtant c’est là ou il y a une réelle urgence d’une purge totale. Les agressions sur les manifestants et surtout sur les journalistes tunisiens continuent. La police politique existe toujours et personne ne parle de sa dissolution.

10- Des mesures économiques bidons (Allocation chômage, indemnisation des blessés) ont été annoncées pour acheter et calmer les plus pauvres qui sont, aujourd’hui, les plus farouchement opposés à ce gouvernement.

11- Enfin, ce gouvernement n’agit pas mais réagit sous la contrainte de la rue. De plus, les actions entreprises sont parfois qu’une parade pour tenter de calmer la grogne. Encore un signe révélateur de l’absence d’une réelle bonne volonté de ce pouvoir à opérer des vrais changements. Son objectif : faire croire que la dictature est finie, pour rester au pouvoir.

Dans la suite de la phase de transition, nous devons rester vigilants pour déceler, à travers des actions de ce pouvoir, ses réelles intentions, en voici quelques exemples :

1- Faire semblant de couper des têtes (les plus visibles, les plus mouillées), pour assouvir les envies de vengeance et calmer le peuple sans pour autant faire le vrai ménage car le but ce n’est pas d’abandonner le pouvoir à des gens n’ayant pas la même idée de la Tunisie que le RCD. Une dictature ne s’autodétruit pas.

2- Avec le retour imminent de Rached Ghannouchi, on verra rapidement brandir la menace de l’islamisme : Attention, vous avez chassé un dictateur et voilà le résultat, maintenant les islamistes sont là !!! Installer la peur permet de procéder à une réduction progressive des libertés.

3- Pour les élections présidentielles, ce pouvoir va nous sortir un candidat (par exemple de l’opposition docile et avide de pouvoir) qui acceptera de traiter avec eux : le Pouvoir contre une clémence envers les corrompus de l’ancien régime. Cette hypothèse est probable et le risque de revoir le même système revenir avec une nouvelle tête est réel, surtout après le soutient ostentatoire, affiché par les américains, envers ce gouvernement. Ces derniers, ne veulent surtout pas voir le pouvoir aux mains de personne anti-américain et anti-Israël. Changer le dictateur il le fallait, son règne touché à sa fin de toute façon, mais il faut garder son système loyal aux états unis et à Israël.

4- Discréditer la vraie opposition : ce pouvoir s’attèlera à les discréditer et à nuire à leurs réputations et cela par tous les moyens et sous l’œil vigilant des américains et des israéliens. N’oublions pas qu’il y a une communauté de 50 000 Juifs tunisiens ayant parfois la nationalité Israélienne, Les américains et les israéliens prendront-ils le moindre risque quant au sort et à la sécurité de cette communauté face à la menace islamiste?

5- Manipulation électorale : De toute évidence, il est inconcevable que ce pouvoir joue le jeu lors des prochaines élections au risque de perdre le pouvoir. Il fera usage de diverses moyens et ruses pour s’assurer de gagner les élections sans pourtant les truquer. Je citerai un risque majeur face auquel les tunisiens se trouveront confrontés : L’idée va consister, sous couvert de bonnes intentions démocratique, de régulariser tous les partis politiques et de les encourager à se présenter aux élections présidentielles. Par la suite, ce pouvoir fera usage de son monopole des médias pour brouiller et diviser les tunisiens autour des différents candidats tout en favorisant, discrètement, leur propre candidat. Les objectifs de cette manœuvre sont les suivants :

  • Éviter qu’un candidat de l’opposition fasse l’unanimité.
  • Diviser les tunisiens pour disperser les votes sur le maximum de candidat possible
  • Dans ces conditions, il n’y a plus de majorité et le vainqueur sera la plus grande minorité. Avec plus de 2 millions d’adhérents, le RCD sera demain, sans aucun doute, une minorité très importante et peut prétendre passer le premier tour des élections sans encombre.

    Pour conclure, il est clair que la dictature n’est pas encore morte et enterrée mais plutôt gravement blessée et bien affaiblie. Le peuple tunisiens qui lui a porté ce coup extraordinaire doit finir le travail. Jusque là, ce pouvoir a fait et continu de faire une grave erreur : sous estimer l’obstination des tunisiens à en finir avec la dictature. J’espère que cette erreur causera sa perte !

    Ne soyons pas DUPE, ne tombons pas dans leurs pièges et pensons avant tout à l’intérêt général.