Excellence, vous me faites pitié.

Je vous vouvoie parce que vous ne méritez aucun signe d’amitié ni de sympathie, parce que vous représentez ce que je déteste le plus au monde : l’hypocrisie de la cour, la laideur de l’intelligentsia.

Vous qui croyez que la politique est l’affaire d’une certaine classe et d’une certaine famille, vous, qui, comme vos compères de ceux qui sont bien nés, s’autoproclament sauveur de la patrie.

Vous croyez que l’État et la Démocratie sont les affaires de quelques uns, vous croyez que la Tunisie est une société en difficulté à sauver par vos méthodes de la « Rothschild » et des cabinets de conseil.

Vous me faites pitié parce que vous croyez à l’importation de la démocratie, vous croyez que Ma Tunisie sera sauvée par vos méthodes magiques sorties des bureaux de la défense.

Vous me faites pitié parce que vous représentez ce que la démocratie occidentale a enfanté de plus moche : le Marketing Politique.

Vous faites honte à vos deux pays que sont la France et la Tunisie. Pour la France, parce que ce pays des droits de l’homme est devenu otage de ces cabinets de l’ombre, ces cabinets noirs où des petits comme vous croient réellement qu’ils vont sauver le monde par des tactiques minables de politiciens vides, des politiciens de salon. Pour la Tunisie, parce que vous violez cette révolution.

Qu’allez-vous nous proposez de votre si grande carrière politique en côtoyant ce Raffarin vendu à la cause de Ben Ali ? Un nouveau « positive attitude » ? Une Tunisie « d’en bas » ?

Vous vous foutez de la gueule de qui avec vos « je vous ai compris » ?

Nous, nous n’avons pas appris l’histoire de notre peuple par la télé, la mémoire collective de notre peuple n’est pas celle écrite dans nos livres, contrairement à vous qui croyez à la thèse de Bourguiba, nous ne sommes pas une poussière d’individus pour laisser une certaine élite nous guider.

J’ai détesté le compromis parce qu’il a donné le pouvoir à des gens comme vous, des gens sournois, des gens du palais qui se cachent pour diriger, à placer ses pions.
J’ai détesté votre race parce que vous avez pris en otage tout un peuple sous prétexte de savoir comment nous calmer avec trois points sur un document qui démontre votre naïveté et votre complexe de supériorité.

J’ai détesté votre race parce que vous faites partie des gens sans principes et sans noblesse, parce que vous êtes prêt à vous associer au diable pour avoir un brin de pouvoir, parce que vous vous croyez mieux que les autres opportunistes tout simplement parce que vous vous habillez mieux qu’eux et parler mieux qu’eux, alors que pour moi : vous êtes un Ouederni francophone.

Il n’y a aucune différence entre vous et les autres Abdallah et Ben Dhia, ces minables de l’ombre qui ont parlé en notre nom pendant plus de 20 ANS.

Que savez-vous de la Tunisie et de ses hommes à part ce que vous avez vu à la télé, que savez-vous de la lutte de ceux qui sont sacrifié leur vie dans les caves de la honte pour nous donner notre liberté ?, et voilà que tout cet effort tombe dans votre main et des gens de votre espèce. Nous n’avons pas eu cette révolution pour qu’elle soit dirigée par un cabinet de « Quadras » de votre genre qui veulent décider de notre avenir entre deux coups de téléphone.

Que faites vous sous le bureau de Ghannouchi ? Sortez de votre salon et allez voir le peuple si vous avez le courage et si vous voulez faire de la politique, sinon laissez faire les hommes et femmes qui n’ont pas peur de nous parler.

Nous n’avons pas besoin de « mesurette » sorti de vos fichiers Excel, nous voulons une dignité par la refonte de nos institutions, par l’avènement d’une génération de démocrates nés en Tunisie, ayant vécus en Tunisie et gagnant leur vie en Tunisie.

Nous n’avons pas besoin d’un banquier d’affaires pour restaurer le pays, nous avons besoin de députés, de gens qui sont dans la lumière d’une assemblée constituante, qui assument leurs avis et qui nous offrent l’espoir d’être représentés dans le choix de l’avenir de notre Tunisie.

Revenez à votre banque, revenez à votre salon, nous n’avons pas besoin de coaching, ni de marketing politique.

Mohamed Madhkour