Hakim El Karoui

Par Sahnoun Jelassi

H. El Karoui est un pur produit de la globalisation, dans ses dimensions sociale et économique. Né de deux parents universitaires brillants : un père Tunisien qui enseigne anthropologie juridique sur l’Islam et une mère Française, née Schvartz, qui est une ‘guru’ des mathématiques financières (elle a participé à l’application de nouveaux outils financiers, chers à Wall Street, que sont les « dérivatives », une cause principale de la crise financière mondiale actuelle). Ce Monsieur, reconnaissant lui-même qu’il est nul en Mathématiques (il a eu 4/20 au Bac, au grand dam de sa maman, la boss des Math), s’est spécialisé dans la géopolitique ou sa plume excelle dans la confection de rapports au plus offrant (Raffarin l’avait choisi pour écrire ses discours).

Monsieur El Karoui a très bien su faire valoir ces liens de parenté avec deux anciens et grands ministres Tunisiens, maitriser le langage qui plaît aux politiciens, user des médias pour se faire un nom parmi le gratin parisien, et notamment bien exceller dans le « networking ». Avec deux autres maghrébins bien pressés d’acquérir une notoriété, Rachida Dati et Béchir Mana (ce dernier, originaire de Tunisie, qui s’est débarrassé du dernier « a » de son nom de famille pour se faire prendre pour un Libanais et non un Tunisien, a été cautionné par Seguin, le plus Tunisien des Français), il a formé en 2004 le Club du 21ème siècle, pour être les interlocuteurs ‘bonne gueule’ de la classe politique Française, dont notamment sa droite méprise ses ‘beurs ‘ de la banlieue. C’est ainsi que la banque d’affaires Rothschild, un acteur principal dans la privatisation de pas mal de fleurons Tunisiens et leur acquisition jugée louche par plusieurs observateurs, s’est offert ses services, sachant que son carnet d’adresses en Tunisie est bien rempli !

Mais le plus grave, c’est que Monsieur El Karoui, un adepte de la « stratégie du choc » de Milton Friedman (1) qui, en soutenant la dominance totale du ‘free market’, « conseillait aux hommes politiques [comme Pinochet] d’imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir » (2). C’est en application de cette thérapie de choc, aussi prônée par le FMI, que Monsieur El Karoui vient de lâcher son escadron de la deuxième rive(les E. Jouini, Houas, Y. Brahim, Zaoui), qui en plus de leur mépris ou méconnaissance de la langue du peuple Tunisien, ils font allégeance aux Multinationales et à leur pays d’adoption. Francophiles, jusqu’à la moelle, ils sont plus royalistes que le roi ! Jugez par vous-mêmes : Monsieur E. Jouini, un brillant mathématicien, mais tellement ‘humble’ que l’arrogance pâlit en face de lui, est, parait-il, un chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur !; quant à Monsieur El Karoui, il a écrit un livre sur “L’avenir d’une exception, pourquoi le monde a encore besoin des Français”.

Un appel aux jeunes Tunisiens qui ont mené la révolution de la dignité : chassez toute suite cette cinquième colonne ! Il faut leur dire en face, pacifiquement mais fermement (pour paraphraser Diogène): Ôtez-vous de notre soleil Tunisien !

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(1) Milton Friedman est le parrain des ‘Chicago Boys ‘, et serviteur des dynasties financières et leurs alliés, les néo-conservateurs américains qui lui ont offert en retour de ses services le prix Nobel d’économie en 1976.

(2) Naomi Klein, journaliste et activiste canadienne très célèbre, auteure du best-seller, la « Doctrine du choc ».