Par Kamel Tlili.

Lundi matin , j’allais retrouver un ami travaillant rue de Marseille , afin de déjeuner dans son restaurant avant de repartir à Paris . Le taxi me dépose devant la montre 7 novembre , je m’engage dans la contre allée devant le ministère de la terreur ; j’étais au téléphone , je parlais politique , quand soudain , un agent en civil m’interpelle .Il me demande ce que je dis et m’accuse de vouloir la chute du gouvernement . En quelques secondes , une vingtaine de policiers enragés m’encerclent , des baffes partent , des mains me fouillent et on me pousse violemment vers la petite rue du 18 janvier . Sans rien voir , un BOP me donne un violent coup de matraque à l’arrière de la tête .Un des restaurateurs protégeant son commerce vient , très courageusement ,en courant expliquant aux policiers que je ne suis pas un casseur et qu’il me connait . Il m’accompagnera ensuite vers la rue de Marseille Aux alentours ,des groupes de policiers en tenue et en civils tabassent des individus , tandis que d’autres cherchent toutes les personnes qui filment pour les poursuivre et ce même dans les immeubles . Je comprends que je viens d’échapper au pire .

Depuis le 14 janvier , la police a disparu des rues et des bureaux laissant place notre pays en autogestion . La police politique de Ben Ali a repris du service ce Lundi après avoir sciemment laissé les casseurs , payés pour , détruire l’avenue pour marquer les esprits et ainsi légitimer le retour des méthodes fascistes . Je suis franchement dégoûté par les commentaires encourageant ces exactions de la police pour “nettoyer” la Tunisie . Si il y a bien un nettoyage à faire , c’est dans cette police qui fut le pilier de plus de 50 ans de dictature .

Mon combat dans cette révolution est un combat pour la justice et la liberté . Je ne me bats pas pour que les trabelsi soient tabassés en prison ou que les casseurs fous , en supposant qu’ils existent , soient lynches par la police . Je me suis battu pour le respect de droits fondamentaux, la justice pour tous et non pour une nouvelle forme de dictature de la peur .Le peuple s’est uni comme un seul homme pour virer Ben Ali , il doit s’unir comme un seul homme contre les pourritures de la police Tunisienne . On n’aura JAMAIS de démocratie et de liberté si la police ne comprend pas que la donne a changé et que la sécurité viens avec la protection des citoyens et non l’instauration de la peur perpétuelle .

Poser-vous les vrais questions comme comment se fait il qu’ils étaient 35 policiers contre 300 insurgés tout le week end durant ? Où sont nos effectifs policiers augmentés par Fahat Rajhi ? Où sont les canons à eau qui ont servi à éblouir les télé du monde le 15 janvier pour montrer un changement ? Comment se fait il qu’une horde sauvage ne s’attaque qu’à l’avenue Bourguiba , comme pour marquer les esprits ? Comment se fait il qu’on ait encore peur de la police alors qu’on est pseudo libre depuis le départ de Zaba ?

ps: Merci à mon sauveur . Et qu’on ne vienne pas me dire qu’est ce tu foutais la bas ou pourquoi tu parles politique ..