Très tôt, le matin du 29 juin, le dépôt de Monoprix à Menzah 6 a été incendié, comme tant d’autres locaux avant lui. Autrement dit, le même mode opératoire que l’assassinat du Cheikh Kallel, que l’incendie de Moncef Bey, et bien d’autres incendies encore. Qui a commis ces crimes ? Et pourquoi les criminels n’ont pas été jugés ? Auraient-ils récidivé s’ils avaient été dénoncés et punis correctement ?

Bien sûr on a omis de nous dire que le dépôt qui a brûlé sert à stoker et vendre l’alcool. Où est donc la transparence ? Comment oublier qu’il y a peu de temps encore, le chef du gouvernement affirmait sur une chaîne étrangère que la disparition de l’alcool en Tunisie était une question de temps ?

Malheureusement au lieu d’arrêter les criminels, qui j’en suis sûre sont connus de nos autorités, notre police se livre à une campagne autrement plus intéressante : terroriser les femmes qui osent sortir la nuit. Le mode opératoire serait plus au moins le même : l’accuser d’ivresse et lui faire signer un procès verbal sous la force. D’autant plus que tout cela coïncide avec la mise en retraite de plusieurs anciens cadres de la police, et la nomination de nouvelles recrues. Les témoignages sur ce genre d’incident sont nombreux; en voici un publié sur le web il y a quelques jours :

Témoignage De Raafa Ayadi

A ma sortie de La closerie, en taxi, j’ai été arrêtée par les flics qui m’ont demandé ma CIN. Ils ont mis du temps à me la rendre alors j’ai demandé au flic la raison pour laquelle il m’a demandé ma carte, ce qui l’a dérangé et a commencé à me parler sur un autre ton. Il y avait d’un coup 4 flics qui criaient et qui ont demandé au taxi d’arrêter le moteur car je n’allais pas rentrer. Quelques minutes après, ils ont décidé de m’emmener au poste. Ils m’ont demandé de monter dans leur Partner. J’ai refusé. Ils ont demandé au taxi de les suivre.
A l’arrivée au poste des Jardins de Carthage, il y avait d’autres flics qui m’attendaient comme s’ils avaient capturé un criminel. Ils m’ont demandé d’entrer au poste. J’ai refusé en disant que ma tenue de soirée ne me permettait pas de le faire. J’ai demandé si je pouvais aller me changer et revenir, qu’ils gardent ma CIN. Ils ont forcé la porte du taxi pour me faire descendre. Là j’ai cédé.
Je leur ai alors dit que 3ib ce qu’ils faisaient et que je ne leur ai rien fait ni dit et qu’ils avaient ma carte, qu’ils fassent le nécessaire. Ils m’ont répondu que j’ai eu un accrochage avec un flic et que howa cheki bya et qu’il faut que yekthou a9weli!!
Le plus agressif d’entre eux, qui a forcé la porte m’a traité indirectement de trainée, et que mé yetcharafech et que s’il avait une soeur habillée kim ena rahou 7ra9ha wala 9talha!!!

Dès que je sois entrée au poste avec le chauffeur du taxi auquel j’ai demandé de m’accompagner, le langage a changé: d’un coup, ils ont commencé à crier, à m’insulter, trabrib wiklem zeyed, et à vouloir me frapper. Ils m’ont agressé, emmené dans une pièce et menotté!!! L’un d’eux est arrivé, a cassé une chaise, m’a encore insulté et traité de tous les noms puis parti!
Comme quoi je suis ivre, 3amlouli ma7ther. Ils étaient 5 dans la pièce, et tous m’accusaient de sokrana, cherba, 7okmetelha il bal3a, bien que j’ai nié avoir bu! Ils m’ont fait signé un truc que je n’ai pu lire et m’ont dit “xxx fih”!

J’ai eu la peur de ma vie!

Nous sommes en train de subir une campagne de terreur qui vise à obliger les gens à ne plus boire, à ne plus mettre d’habits osés, à ne plus veiller pour finir par ne plus sortir… Leur seul discours était l’alcool! Leur programme est en marche et les flics sont mille fois pire!

Tunisie Libre

D’autres témoignages s’accordent à dire que ces flics « un peu trop zélés » sont plutôt jeunes et ne ressemblent pas aux autres flics plus mesurés ! Qui sont-ils ?

C’est vraiment les signes de la fin des temps qu’au nom de l’ islam , on se met à mentir, à dire des grossièretés et à agresser des citoyens pacifiques. Pourquoi nos autorités s’acharnent-elles à libérer les criminels et terroriser les civils ? Spécialement les femmes ?

Tant de violence, d’injustice et de haine au nom de l’islam ! Mais l’islam c’est la vie ! Cette vision de l’islam qu’ils tentent d’imposer à la société tunisienne est la mort.