Quand Azyz est arrivé à Nawaat, nous voulions évoquer avec lui beaucoup de choses, après l’épreuve qu’il venait de traverser avec son ami Sabri Ben Mlouka.

L’homme est toujours aussi révolutionnaire dans ses actes comme dans ses pensées. À peine lui avons-nous posé une première question, qu’il s’est mis à sortir ce qu’il avait sur le cœur. Et sur le cœur, il en avait tellement… au point où il ne parvenait plus, parfois, à contenir son émotion.

Des questions à lui poser, nous en avions de nombreuses. Mais, il allait passer près de 20 minutes à répondre à la seule et unique question que nous lui posâmes :”Qu’as-tu éprouvé Azyz, durant les premiers instants, après avoir franchi la porte de sortie de la prison d’El-Mornaguia ?”

En guise de réponse, il commença par murmurer: ” Rien !”; pour, ensuite, expurger une portion de ce qu’il avait sur le cœur, durant de longues minutes.

Durant tout ce temps, à aucun moment nous n’eûmes l’envie ou le besoin de l’interrompre. Nous écoutions un ami, un idéaliste et un révolutionnaire.

Avec une voix cassée, par moment à peine audible, il allait partager avec nous son aversion pour l’inhumanité, servie avec une rare générosité.

Nous avions prévu de couper sa prestation pour la réduire à 5 minutes. Mais en entamant le montage, nous avons réalisé qu’il n’y avait rien à couper.

Nous vous laissons avec cette intervention de Azyz, réalisée d’un trait. Les questions que nous voulions lui poser, ça sera pour une autre fois. Car, ça nous arrive aussi d’être pudiques !

La rédaction, le 26 mai 2014