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Encore un espace culturel qui ferme en Tunisie. Cette fois, c’est au tour de Mass’Art à Bab Lassal de mettre les clés sous la porte, et ce suite au jugement du tribunal de Tunis décidant la fermeture de l’espace pour cause de fin de bail. La triste nouvelle a mobilisé des dizaines d’artistes, de militants et de journalistes pour sauver Mass’Art et poursuivre cette aventure inédite.

Suite à une pétition lancée sur Internet, un rassemblement devant l’espace a eu lieu, vendredi, 6 Mars. Le rassemblement a réuni des artistes, des activistes mais aussi des enfants et des jeunes du quartier. Indignés par la décision du tribunal, des enfants ont lancé des slogans en signe de soutien à cet espace qui leur a offert des activités culturelles et « beaucoup d’amour et d’apprentissage » selon leurs dires.

Depuis qu’on est là, les autorités n’arrêtent pas de nous mettre les bâtons dans les roues. Chaque événement qu’on organise, la police essaye systématiquement de la saboter. Le Maire nous a refusé plusieurs activités. Il ne signe l’autorisation que sous la pression. On nous a ignorés quand nous avons reçu des lettres de menaces de la part d’extrémistes religieux, qui nous reprochent de propager l’incrédulité et l’indécence auprès des jeunes. Et pourtant, nous avons continué à faire de notre mieux, jusqu’au jour où le tribunal a décidé de fermer l’espace, explique Salah Hammouda, le directeur de l’espace.

Les activités de Mass’Art ont bâti, depuis sa création, un lien et un pont entre les quartiers populaires, les artistes multidisciplinaires et les écoles d’art avoisinantes. Dans une lutte permanente de vulgarisation de l’art et de la culture, Mass’Art a multiplié les événements culturels pour les jeunes et les moins jeunes.

Au cours des dernières années, la Tunisie a souffert en silence d’un appauvrissement culturel terrible. Plusieurs salles de cinéma, de clubs et maisons de culture ont été obligés de fermer leurs portes pour multiples raisons. Même si la loi protège les espaces culturels, la volonté politique est restée la grande absente quant à l’action de protection de ces espaces, qui continuent, malgré tout, à jouer un rôle social primordial.