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L’attentat terroriste qui a endeuillé la Tunisie, prévisible et qui ne sera certainement pas le dernier, est de ceux qui doivent réveiller les consciences. Car ce qui ne nous tue pas nous renforce, dit le philosophe.

Aussi, le terrorisme qu’endure la Tunisie est-il propice à une remise en cause de l’actuelle politique néfaste que l’Occident y pratique. Car le mal n’y est pas seulement le fait de jeunes dévoyés, devenus criminels. Il est aussi dans des têtes supposées bien faites de certaines élites intégristes, au sens religieux comme profane, qui manipulent la détresse de tels jeunes privés de leurs droits de vivre leur vie en toute liberté, et qui basculent ainsi dans la détresse et l’innommable.

En Tunisie, le terrorisme est une manifestation paroxystique d’un malheur dû à une misère sociale, politique et morale, mais aussi la preuve du machiavélisme occidental dans le monde. Aussi, c’est sa stratégie du pire, cette face pasteurisée d’un terrorisme qui ne s’avoue pas comme tel, qu’il convient de combattre au plus vite afin de réussir à assécher les vraies sources du terrorisme.

Tarir les sources internes du terrorisme

C’est aux sources occultes qu’il faut s’attaquer donc, celles que nous retrouvons chez certaines supposées élites qui osent parler de l’islam en le dévoyant, en faisant une machine de guerre alors qu’il est d’abord une éthique de paix et d’amour.

Il faut rappeler que ces élites, en Tunisie n’ont eu droit au chapitre que grâce au soutien américain qui en use dans le cadre de sa stratégie dévoyée, vouée au service du grand capital.

Il n’est un secret pour personne que le parti islamiste est un adepte du capitalisme le plus sauvage et du libéralisme dévergondé que l’Occident ne peut plus se permettre chez lui. Aussi, certains gourous politiques et financiers occidentaux veulent-ils, en manipulant les élites tunisiennes, faire de la Tunisie juste un marché propice à leurs intérêts divers.

Il est donc temps que les politiciens d’Occident se décident à obliger leurs affidés islamistes tunisiens d’accepter une mise en œuvre urgente du caractère d’État civil de la Tunisie, accepté du bout des lèvres dans la Constitution pour l’y laisser lettre morte.

Ils doivent ainsi s’activer à mettre la pression sur leurs obligés afin que toute la législation contraire aux libertés privatives des citoyens soit abrogée au plus vite. Dans cet ordre juridique obsolète, il y a surtout toutes ces lois supposées morales et d’inspiration religieuse quand elles ne sont qu’immorales et d’esprit répressif (législation en matière de drogue douce, d’inégalité successorale, d’homophobie, de restrictions des libertés privatives en matière de d’opinion, de sexe et de mœurs).

Voilà, sur le plan national, en quoi le soutien apporté par l’Occident aux islamistes doit servir, et non à justifier leur lecture de l’islam supposée light quand elle est simplement fausse et mensongère. Ce qui arrange assurément certaines franges de l’Occident dont l’inconscient est de nouveau animé par une certaine tradition judéo-chrétienne.

Tarir les sources externes du terrorisme

Cela ne suffira certainement pas, car le terrorisme est surtout le fait de jeunes dévoyés, devenus criminels faute de pouvoir vivre normalement leur vie comme tout autre jeune de par le monde. Aussi investissent-ils leur surplus de vitalité sur les chemins de traverse, devenus leur boulevard du crime, un théâtre de la désespérance du monde en folie.

Pour cela, la responsabilité de l’Occident est également enragée ; il doit renoncer à — et/ou modifier de toute urgence — tous les accords bilatéraux léonins qui ne servent qu’une vision manichéenne du monde, comme cet accord honteux de l’Europe portant sur la réadmission, qu’on appelle à tort partenariat pour l’immobilité quand il ne serait qu’une immobilité criminogène.

De tels accords sont des graines de terrorisme. Ce ne sera qu’en retrouvant ses libertés que le peuple en Tunisie aura confiance en ses élites, se solidarisant avec eux, faisant bloc derrière ceux qui auront prouvé aimer vraiment la Tunisie. Ainsi, tout le peuple ou presque défendra son pays. Ce qui défendra dans le même temps l’Occident dont notre pays est la porte d’entrée et on l’arrière-cour.

S’il est sincère dans sa volonté de lutter contre le terrorisme et d’aider la Tunisie, que l’Occident s’attaque donc au terrorisme qui se niche dans les mentalités, des siens et de ses partenaires ! C’est en abolissant toutes les restrictions à une libre circulation des Tunisiens en Méditerranée qu’il aidera à détourner nos jeunes de l’horreur qui donne actuellement sens à leur vie devenue stérile, sans rêves ni ambitions.

Il est temps qu’un espace de démocratie soit envisagé en Méditerranée avec l’instauration d’un libre mouvement pour le Tunisien qui l’a mérité par sa maturité politique. Cela pourra se faire sans aucun dommage pour les réquisits sécuritaires moyennant le mécanisme de visa biométrique de circulation que je propose.

Seul un tel espace de démocratie et de libertés redonnera espoir à nombre de nos jeunes, nombreux sur les sentiers de la guerre, et qui étouffent de ne pouvoir vivre normalement, finissant par répondre à l’appel de l’aventure qui est aujourd’hui celui du terrorisme.

Si cela est absolument nécessaire pour réaliser le saut qualitatif permettant de sortir de l’ornière mortifère actuelle, cela ne suffira toutefois pas tant que la Tunisie continuera à crouler sous le poids de sa dette dans l’essentiel est de nature scélérate. Aussi, celle-ci doit-elle être effacée par ses partenaires occidentaux qui doivent se décider à choisir entre leurs intérêts financiers immédiats et leurs intérêts sur le long terme en termes de paix et de prospérité durables.

Surtout, l’Occident doit être conscient que si La Tunisie cède aux terrorismes, elle ne sera jamais le marché qu’il rêve d’y avoir, mais au mieux un champ de guerres idéologiques, à la manière de ce que nous avons en Orient. Il est vrai que cela ne gêne pas certains va-t-en-guerre en Occident ; est-ce bien leurs intérêts en Méditerranée, notre mer commune ?